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exemplaires en plomb de l'enseigne de pèlerinage de Saint- Druon à Carvin (n. 2352).
La fabrication des enseignes de pèlerinages occupait une classe spéciale d'ouvriers, appelés hihlotiers (^). Au moyen âge, les biblotiers de Paris, dont l'industrie alimentait les principaux pèlerinages de France, étaient établis sur le Pont-au- Change, ce qui explique la découverte, à cet endroit de la Seine, d'une foule de plombs religieux, de moules en pierre, etc. (^). La même industrie s'exerçait dans plusieurs grands centres de pèlerinage, tels qu'au Mont- Saint-Michel. M. Arthur Forgeais donne le texte d'une lettre du roi Charles VI, en date du 15 Février 1393, exemptant des droits d'aides les povres gens demourans au Mont Saint Michiel, faisans et vendans enseignes de Monseigneur saint Michiel, coquilles et cornez qui sont nommez et appeliez quiencaillerie, avecques autre euvre de pion et estaing, getté en moule, pour cause des pèlerins qui illec viennent et affluent " (^).
Les enseignes, dont nous parlons, ne formaient pas un attribut exclusif des pèlerinages français; nos pèlerinages belges avaient les leurs. Tout récemment encore, M. Emile Varenbergh insérait dans le Messager des sciences historiques le dessin d'une enseigne de pèlerinage de Notre-Dame de Hal (^)j cet objet, qui fait partie du cabinet de M. le comte de Limburg-Stirum, à Gand, est en argent finement repoussé et date du XV^ siècle (^).
" L'usage des enseignes, plaques, méreaux, etc., dit M. Varenbergh, est un des caractères du moyen âge. Chaque corporation, chaque confrérie avait les siens, qui servaient dans des cas déterminés.
(1) Sauvai donne cette définition du mot hiUotier : " C'est un faiseur et mouleur de petites images de plomb qui se vendent aux pèlerins et autre^s (Forgeais, Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine, tom. cit., p. 75.)
(2) Forgeais, op. et tom. cit., pp. 74, 75. (») Id., p.76.
(•*) Gand, année 1880, planche ii, en regard de la p. 129. (5) Voyez la description de cette enseigne, pp. 131 et suiv.
Les enseignes ou plaques de pèlerinage étaient de deux sortes; elles se vendaient au lieu même de la dévotion et étaient rapportées par les pèlerins comme un pieux souvenir (^)j ou servaient de marque aux pèlerins d'une association affiliée se rendant au siège de la confrérie-mère. Ces insignes étaient soit en plomb^ surtout ceux de la première catégorie, en cuivre ou en argent... Les enseignes se portaient toutes cousues sur les vêtements (^).
]Nous croyons,, avec M. Yarenbergli, qu^il faut classer parmi les enseignes de pèlerinages deux des pièces décrites par feu M. Serrure, dans sa Notice sur quelques anciens méreaiix de Belgique (^). L'une de ces pièces montre le saint homme Job, assis sur un fumier, ayant deux musiciens à ses côtés; l'inscription du revers nous apprend qu'elle provient de Féglise de Wesemael, village situé à une lieue et demie de Louvain, sur la route d'Aerschot. Cette église possédait une image très-vénérée de saint Job, qui attirait annuellement, le 10 Mai, une foule de pèlerins (^). La seconde pièce représente la sainte Vierge assise, avec l'Enfant Jésus; le mot alseherghe^ qui se lit sur le revers, indique qu'elle provient de l'église d'Alsemberg, village à deux lieues de Bruxelles, à proximité de la forêt de Soignes. Une statue miraculeuse de la Vierge, conservée dans l'église du lieu, donna naissance à un célèbre pèlerinage (^).
(^) La lettre de Charles VI, rapportée par M. Forgeais, peut servir de preuve à Tassertion de M. Varenberghj parlant des pèlerins qui visitaient le sanctuaire du Mont-Saint-Miohel, ce monarque dit : " ... lesquelx pèlerins, pour l'onneur et révérence du dit Mons saint Miohiel, ont très grand plaisir de avoir desdictes enseignes et autres choses dessus declairées; pour emporter en leur pays en l'onneur et remembrance du dit Mons saint Michiel ". (Forgeais, Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine, tom. cit., p. 77.)
(") Messager des sciences historiques, année 1880, pp. 129, 130.
(^) Messager des sciences historiques, 2^ série, tom. v, Gand 1837, pp. 465 ! et suiv. Ces deux enseignes sont figurées sur la planche gravée, qui accompa- I gne l'article.
(^) Pp. 472 et suiv., iv.
(^) Pp. 474 et suiv., v.
Tamise. — Au commencement du XV^ siècle^ disent MM. de Potter et Broeckaert, il existait six chapellenies dans l'église paroissiale de Tamise; Fune d'elles portait le nom de Saint-Gilles et était grevée de trois messes par semaine. Dans la première moitié du XYIII^ siècle, ce bénéfice rapportait encore en moyenne à son possesseur la somme annuelle de 4 à 500 florins (1).
BoLDEEBEEG, SOUS ZoLDEE. — Le zèlo de M. le curé Théodore Nyssen a doté cette paroisse d'une nouvelle église,, bâtie en style roman, sur les plans de M. Jaminé. M. Nyssen a été puissamment secondé dans son entreprise par M. Joseph Bovy, gouverneur du Limbourg, et M. le baron Jules de Yillenfagne de Vogelsanck, bourgmestre de Zolder (^).
La première pierre de l'édifice fut posée en 1873; Mgr. Victor Doatreloux, évêque de Glerrum^ m jpartibus infideliam, et coadjuteur de Mgr. Théodore de Montpellier^ évêque de Liège, en fit la consécration, le 6 Mai 1878 (^). Un heureux chronogramme rappelle cette cérémonie :
nYssen Construit Me, DoTJtreLoUX ConseCrat (*).
Saint Gilles n'a point été oublié dans la nouvelle église de Bolderberg. M. Gielen, doyen de BeeringeD, bénit, le 14 Mai 1877, deux nouvelles cloches, fondues, en 1876, par A. L. G. Van Aerschodt, à Louvain (^). La plus petite, baptisée sous les noms de (riZZes-Joseph-Théodore, porte l'inscription suivante (^) :
(^) Geschiedenis van de gemeenten der provincie Oost-Vlaanderen, xxvii cleel, Genfc 1880, Temsche, pp. 135, 136 et 136, note 2.
(2) Danikls, Bolderherg en zijne kluis, Hasselt 1880, p. 10.
(3) Id., p. 12.
(■') Id., p. 14, en note.
(^) Id., pp. 10 et suiv.
(") Les chronogrammes rappellent l'année 18^6, date de la fonte des cloches.
Nomen menm est ^gidius-Joseplius-Theodorus. AC EDUs DnUs I. R, A. GleLen DeCanUs Beringensis hanC baptIzaVIt.
Dominus Josephus Bovy, Gubernator Limburgi, patrinus, et Domina J. Bovy, nata Joanna Jacobs, matrina. RDUs DnUs TH. NYssen paroChUs BoLDerbergse banC flerl feCIt et posUIt C)
Le sceau de Gilles Carlier nous fournit une preuve nouvelle de la dévotion^ qu^avait pour son illustre patron le savant doyen du chapitre de Notre-Dame^ à Cambrai. M. Demay décrit ainsi ce sceau, dont une empreinte se voit aux Archives du département du Nord, à Lille (^) :
" Sceau ogival, de 67 mill. — Dans une niche gothique^ la Vierge debout, avec T enfant Jésus, couronnée, ayant à ses pieds à sénestre un priant; dans deux niches latérales plus petites, à dextre saint Paul, et à sénestre un personnage crosse tenant une biche rampante; au-dessous, un ange.
(Inscription) . . gtUu . cijtîïtt . carlerit . krant . ^ , ran . ucUm . camerac (^)
Q) Daniels, Bolderherg en zijne Unis, p. 12. — M. Nyssen a pris sa retraite en Janvier 1880.
(^) Fonds évêolié et chapitre de Cambrai. Le sceau de Gilles Carlier est attaché à nue sentence, du l^"" Février 1450, relative à des droits de terrage à Doignies, Bousies et Demicourt.
(^) Inventaire des sceaux de la Flandre, recueillis dans les dépôts d'archives, musées et collections particulières du département du Nord, tom. ii, Paris 1873, p. 156, n. 6155.
Nous avons dit ailleurs (tom. ii, pp. 264 et suiv.), que le prénom de Gilles était fort répandu au moyen âge, et que la vogue dont il Jouissait est un indice de la popularité du culte du saint abbé chez nos aïeux. A défaut d'autre preuve, on pourrait s'en convaincre en parcourant la Table alphabétique, qui termine l'important travail de M. Demay; cette table signale des centaines de personnages ecclésiastiques et laïques, portant le prénom de Gilles.
M. Demay n'a point reconnu le personnage crosse tenant une hiche rampante, qui se trouve dans une des niches latérales du sceau; ce personnage, — son attribut le dit assez, — n'est autre que saint Gilles, le patron du doyen Carlier.
M. l'abbé Isidore Desilve, curé de Basuel (Nord), qui s'était acquis déjà tant de droits à notre reconnaissance, nous a récemment honoré d'une série de lettres, où il prouve, par de nombreux détails liturgiques, l'existence du culte de saint Grilles dans les églises tant cathédrales, que collégiales et monastiques, du Nord de la France. Nous groupons ici ces précieux renseignements, tout en regrettant de n'avoir pu les insérer dans le corps de notre ouvrage. Cédons la parole à M. Desilve :
Il y a eu à Cambrai, au dernier siècle, un essai de Bréviaire gallican, qui heureusement a avorté. L'archevêque Charles de Saint- Albin (^) fut l'éditeur de ce Bréviaire en quatre parties, sous ce titre : Breviariiim Cam,eracense, celsissimi DD. Archiepiscopi, Ducis Cameracensis, Paris F^-anciœ, sacri Romani Imperii FrincÀpis, Comitis Gameracesii, etc., auctoritate, ac venerahiîis Gapituli Gamieracensis consensu editum. — Parisiis, Josse, 1727. Or, je trouve dans la partie d'été, p. 571, die I Septemhris, l'office complet de saint Gilles, c'est-à-dire, la légende de ce Saint, divisée en neuf leçons, dont trois pour chaque nocturne. Cette indication, qui a échappé aux recherches de M. Victor Delattre, montre toute l'importance du culte de saint Gilles à Cambrai.
(^) Charles de Saint-Albin occupa le siège do Cambrai, de 1723 à 17^4. Voyez, sur ce prélat, Le Glay, Cameracum Christian um, Lille 1849, pp. 74, 75, et Bourgeois, Histoire des évêques et archevêques de Cambrai, Tournai 1875, pp. 282 et suiv. Ce dernier auteur dit que Charles de Saint-Albin prescrivit l'adoption du Bréviaire dont on se servait du temps de Pierre d'Ailly, éveque de Cambrai, de 1398 à 1411, et qu'il le fit réimprimer (p. 282).
J'ouvre maintenant Fancien Propre d'Arras, édite par révêque Paul Boudot (^), en 1632, et dont voici Fintitulé : Officia propria Festoriim quœ in Ecclesia Atrehatensi antiquitus solita sunt celehrari, juxta usum Breviarii Romani accommodata. — Atrebati, ex Officina Joannis Baptistœ et Guilielmi Riveriorum, suh signo Boni Pastoris, 1632 (^). J'y trouve encore, au 1^^' Septembre, p. 77, l'office de saint Gilles, c'est-à-dire, les trois leçons pour le deuxième nocturne (^).
" Yous voyez que saint Gilles était bien et officiellement honoré dans tout notre Nord, à Arras et à Cambrai " (*) .
" Je viens de parcourir un petit manuscrit provenant de • l'abbaye de Crespin (^), et j'y rencontre, dans les Litanies des Saints, le nom de notre cher saint Gilles. Il est vrai qu'on y fait mention de tous les Saints de notre «Flandre : Saint Trond, saint Landoald, saint Mauront, saint Bertin, saint Gilles, etc. Je ne prends que ces cinq, qui se suivent ainsi immédiatement. Ces Litanies se trouvent composées de quatre cent dix invocations, par suite de l'insertion de tous les noms des Saints honorés dans notre contrée"
(^) Paul Boudot fut évêque d'Arras de 1627 à 1635. Voyez la Gallia christiana^ tom. m, Parisiis 1725, col. 352.
Les lettres de l'évêque Boudot, mises en tête du Propre, sont datées du 11 Décembre 1631. Ce Propre a été plusieurs fois réimprimé sous le même titre. Nous connaissons deux éditions postérieures à celle de 1632 : la première vit le jour à Paris, en 1670, chez Gilles AUiot, et la seconde, sans date, parut à Arras, dans le courant du siècle passé, chez Michel Nicolas. Dans le calendrier de cette dernière édition, on lit, au 1^' 7^''^ : Mgidii Ahhatis, dup., mais l'office du Saint porte en tête: In Eccl. Cath. duplex, aliU semid. (p. 118). Ce détail ne figure pas dans la première édition du Propre de Boudot; le calendrier dit tout simplement que l'office de saint Gilles est du rite semi-double.
(^) Ces leçons sont tirées de la légende du Saint; elles n'offrent rien de saillant.
(4) Lettre du 14 Février 1881.
(•') L'abbaye de Crespin, de Tordre de Saint-Benoît, était située entre Mons, Valenciennes et Saint -Ghislain, non loin de Condé et à peu de distance de l'Escaut. Fondé au VII^ siècle, par saint Landelin, ce monastère subsista jusqu'à la révolution française. Voyez Le Glay, Cameracum christianum, pp. 132 et suiv.
Lettre du 26 Février 1881.
" En clierchant hier un livre dans ma bibliothèque^ ma • main s'est arrêtée sur le Propre de la collégiale de Saint- Amé, à Douai; vol. in-8. Le titre de ce volume ayant été arraché, je vous donne l'en-tête du calendrier : Calendarium Festorum insignis Ecclesiœ CoUegiatœ Sancti Amati oppidi Buacensis. Ce Propre porte trois approbations, dont la dernière est de 1740, d'oii je conclus qu'il a été imprimé en cette année et certainement à Douai {}). Les deux premières approbations sont de 1619, époque où presque tous nos Propres ont été imprimés pour la première fois. Je vous les copie toutes les * deux, à cause du nom de l'illustre Silvius, qui les a signées; ce fut lui probablement qui mit la dernière main à ce travail, dont les sources sont indiquées :
I^os infra scripti S. Theol. Doct. et in Universitate Duacensi ordinarii Professores, nec non Ecclesise Collegiatae S. Amati ibidem Canonici, Lectiones istas proprias Patronis ejusdem Ecclesiae diligenter expendimus, et ad veritatem HistoriîB examinavimus, examinatasque imprimi posse judicavimus. Duaci, die 20 Jannariil619.
Bartholomeeus Petriis.
Franciscus Silvius.
Vous remarquez le nom de Patroni donné aux Saints de ce Propre.
Hîec alia Officia de Sanctis, qui in S. Amati Ecclesia soient peculiari Festo Duplici aut Semiduplici lionorari, extrada ex Breviariis Romano, Cameracensi, Tornaccnsi, et Atrebatensi, diligenter examinavimus, et cum Baronio, Surio et aliis contulimus; et sic imprimi posse judicavimus. Duaci, die 12 mensis Aprilis auno 1619.
Bartholomœus Petrus, S. Theol. Doct. et in Duac. Univ.
ordinarius Professer.
Franciscus Silvius, S. Theol. Doct. et ordin. Prof.
(^) M. Desilve a raison, M. Duthillœul signale cette édition cln Propre de Saint-Amé parmi les ouvrages imprimés à Donai, et dont il ne connaît pas les noms des imprimeurs. (Bibliographie Douaisienne, Paris 1835, p. 267, n. 1176. Ce volume y est intitulé : Offi^cia propria Sanctorum Ecclesiœ Sancii Amati.)
Le Propre de Saint-Ame avait été réimprimé à Douai, en 1673, chez la veuve Antoine Dieulot, sous ce titre : Officia propria Sanctorum iyisignis eccU' aiœ. collegiatœ sancii Amati oppidi Buacensis, \nA,(Xe iv-111 pp. (DuTHiLLŒULi op. cit., p. 168, n. 596.)
" Maintenant,, au P^' Septembre, p. 102, je trouve : 6^. Mgidii Ahhatis, semiduplex. Les trois leçons du 2^ nocturne sont de saint Gilles. Elles sont précédées de la note suivante : Ex Brev. Eom. et Atreh. collatis cum S. ^gidii vita.
^' Vous voyez que le culte de saint Gilles était vraiment général dans tout notre Nord^ à Douai^ comme à Fabbaye de Crespin, et partout, je suppose (^).
Je possède le Propre de Fabbaye de Saint- Amand (^), et j^en possède trois exemplaires : un manuscrit portant un chronogramme, qui indique la date de 1762, et deux imprimés.
" Voici le titre du Propre imprimé : Officia propria Festorum quœ in Eeclesia celeherrimi Monasterii Elnonensis, vulgo Sancti Amandij Apostolicœ 8edi immédiate suhjecti {^), antiquitus solita celehrari, juxta usum Breviarii monastici accommodata. — Buaci, Typis Derhaix, Typographi, via Scholarum, suh signo Missalis. M. DCC. LXIII, in-12^ de 160 pp.
J^ai été bien ciiarmé, en parcourant le Propre de Saint- Amand, de trouver, à la p. 75, die I 8eptemhris, in Festo Sancti ^gidiij Ahhatis^ Foraison : Sancti Oonfessoris tui jFgidii, etc., et les leçons propres de saint Gilles pour le deuxième nocturne (^), c'est-à-dire la légende du Saint, divisée en quatre
(}) Lettre dn 4 Mars 1881.
(2) L'abbaye bénédictine de Saint-Amand se trouvait à trois lieues environ de Tournai, près du ruisseau d'Elnon, ce qui lui a fait donner aussi le nom de monastère d'Elnon. Elle eut pour fondateur saint Amand lui-même, qui y mourut en 661 (d'après d'autres, en 679 ou 684), et y fut enseveli. La révolution française supprima cette maison. Voyez Le Glay, Cameracum christiamim, pp. 182 et suiv.
(^) L'abbaye de Saint-Amand était une des quatre abbayes exemptes des Pays-Bas, avec Saint-Bertin ou Sitbiu, Eenaeme et Saint-Pierre de Gand. Avant le concordat de 1801, la ville de Saint-Amand faisait partie du diocèse de Tournai, mais l'abbaye ne relevait pas de l'évêquej le nonce de Bruxelles y avait seul droit de visite.
M. Dutbillœul ne signale pas ce Propre parmi les publications sorties des presses des frères Derbaix, qui exercèrent à Douai, de 1750 à 1783. {Bihliographie Bouaisienne, pp. 193 et suiv.)
(■') Ces leçons sont extraites du Propre de Tournai, publié, en 1676, par révêque Gilbert de Choyseul. Yojez plus haut, pp. 445, 446, et p. 447, note 3.
leçons, conformément à l'économie du Bréviaire bénédictin (pp. 76 et sniv.).
Tâcliez, je vous en supplie, d'insérer ce renseignement dans votre œuvre, car la Providence m'a fait naître à l'ombre de la belle tour de Saint- Amand, et je vous serai infiniment reconnaissant de lire, dans l'histoire de saint Gilles, la mention de son culte dans l'abbaye de ma ville natale " (^).
Voici encore deux Proses de saint Gilles; elles sont attribuées à Adam de Saint- Victor par M. Léon Gautier, qui les a publiées, pour la première fois, dans les Œuvres poétiques d^Adam de Saint-Victor , précédées d\in essai sur sa vie et ses ouvrages (^).
Nous reproduisons en même temps les Notices bibliographiques, que l'érudit français a mises en tête de ces morceaux :
^' I. La prose suivante est attribuée à Adam: 1° par la notice de Guillaume de S* Lô; 2° par le manuscrit 577 du fonds de S* Victor.
" IL Le texte manuscrit s'en trouve dans ce même manuscrit 577, sous le nom de l'auteur, m. Elle est inédite " {^).
Congaudentes exnltemus, Exultantes celebremus Egidî ('*) solemnia,
(0 Lettre du 12 Mars 1881. M. l'abbé Desilve travaille depuis longtemps une histoire de l'abbaye de Saint-Amand; les fragments, qu'il en a publiés, font vivement désirer l'achèvement de cette œuvre.
(2) Première édition complète, Paris 1858, 2 vol. in-18. Nous devons la copie de ces deux Proses à notre excellent ami, le R. P. Stanislas, du Carmel de Passy.
(^) Gautier, op. cit., tom. ii, p. 174.
C) Le texte de M. Gautier porte : Egidii solemnia, mais le vers a une '■yllabe de trop, puisqu'il doit correspondre à Summa petit gaudia. Il faut donc contracter les deux i, et écrire TJgidî.
Qui triumphans de terrenis Coronandus in supernis Summa petit gaudia.
Hune insignem pietate^ Virum plénum sanctitaibe, Stirpe natum regia, Templum Deo mox futurum, Mundo satis profuturum Procreavit gratia.
Qui in primo eevi flore Quantus floret in virore Prsemonstravit gratia; Data veste mendicanti, Confert diu langue scenti Salutis remédia.
Hinc, post mortem genitorum, Plenus laude meritorum, Sua vendons omnia, Larga manu dat egenis, Egens ipse, alienis, Exulat a patria.
Undis nautse fatigati Portum petunt liberati Per ejus suffragia; Medicina dum rogatur, Sanitati revocatur Vidualis filia.
Pellitur sterilitas, Succedit fertilitas, Surgit messis copia; ^gri reparatio,
Pulso morbi vitio, Mœstis fit lastitia.
Ad déserta sitiens Properavit, fugiens Hominiim consortia.
Panis ubi deerat, Christus tamen aderat Parando cibaria; ^ Famé ne deficeret,
AfEuit quse pasceret Virum Dei, bestia.
Sic latere voluit; Sed latentem reperit Regalis familia.
Per nutricem cognitus, A rege commonitus Struit monasteria.
Illic castra militum Pro Christo certantium Collocavit fortia.
Hune dévote qui precatur Voto régis non frustratur, Protestante Gallia; Dum pro rege supplicatur Qui commisso premebatur, Impetratur venia.
Mox nacturus preemia Pro mundi Victoria, Subiit cœlestia; Quem cœli militia Duxit ad palatia, Ubi pax et gloria.
Hujus festum veneremiis,
Vénérantes habeamus '
Semper in memoria.
Hune submisse flagitemus,
Flagitantes imploremus
Nobis dari gaudia,
Quo felices maneamus
Et cum sanctis decantemus
Festivum alléluia. Amen (^).
I. La prose suivante est attribuée à Adam : 1^ par la notice de Guillaume de S* Lô; 2° par les annales de Jean de Toulouse^ qui reproduit cette notice en la confirmant; 3° par le manuscrit 577 du fonds de S* Victor.
II. Le texte manuscrit s'en trouve, sous le nom de Fauteur, dans ce même manuscrit, et sans attribution dans les Missels et Graduels de F église de Paris.
^^IIL Elle est inédite (2).
Promat pia vox cantoris Hujus laudem confessoris !
Ipsum laudans, prassens chorus Sit festivus et canorus !
Fide fuit Deo carus, Mundo quoque stirpe clarus; Mundi tamen sprevit fastum Se conservans Deo castum.
Q) Gautier, Œuvres poétiques d'Adam de Saint-Victor, tom. ii, pp. 174 et aniv. Cette prose porte le numéro d'ordre Lxxi. (^) Gautier, op. et tom. cit., p. 181.
Adhuc aevo puerili, Sensu fuit tam subtili Quod in brevi fit doctorum Doctor ipse doctiorum Q).
Ardens intus caritate, Foris lucet bonestate; Intus ardens vis amoris Par exemplum lucet foris.
Dum lauguenti praebet vestem Mox languoris fugat pestem, Ex divina dans virtute Vestem simul cum salute.
Quidquid rerum possidebat Ohristo dédit quem colebat; Fit egenus, ut egeni Fiant bonis ejus pleni.
Dum egenis hoc impendit Christus ei plus rependit; Dans pro Christo transitura Promeretur permansura.
Quod fateri rex veretur Scelus scire promeretur; Christus ei revelavit Scelus quod rex perpetravit.
(•) Dans le Missel de Paris il se trouve :
Doctor ipso decretonun.
Nam altari dum astaret Dumque missam celebraret, De supernis charfca missa Régis pandit huic commissa.
Hic horrendae rei reum Videns crimen apud Deum, Jam pro rege supplex orat Cujus culpam non ignorât.
Servo Dei non ingratum Preebet cerva famnlatum; Servit cerva nutu Dei, Quasi grates agens ei.
Plura possnnt reperiri Mira facta sancti viri, Quibus clare demonstratur Quam praeclarus habeatnr.
Hic prsesentem juvet chorum, Ut in regno beatorum Eegem videns sempiternum Glorietur in aeternum. Amen
M. Léon Gautier range sans hésiter^ parmi les composi-
(^) Gautier, Œuvres poétiques d'Adam de Saint-Victor, tom. ii, pp. 181 et suiv. Cette prose porte le naméro d'ordre lxxii.
Victor {^), M. Eugène Misset dénie au célèbre Victorin la paternité de ces deux Proses et de bien d'autres morceaux liturgiques^ dont M. Gautier lui fait honneur {^). L'auteur de cette remarquable étude examine et discute une à une les autorités sur lesquelles le savant paléographe base ses attributions : le manuscrit 577 de l'ancien fonds de Saint- Victor, la liste de Jean de Toulouse, celle de Guillaume de Saint-Lô, etc. (^). Il rejette ces autorités, et leur rejet entraîne celui de trente-quatre Proses, que M. Misset élimine du soi-disant recueil d'Adam de Saint- Victor (^). Parmi ces pièces, traitées d' apocryphes, nous rencontrons celle qui débute par le vers : Congaudentes exuUemus (^). Les Œuvres poétiques d'Adam contiennent sept autres Proses, qui se trouvent uniquement dans le graduel de Paris; les trois premières, au nombre desquelles figure le Promat pia vox cantoris (^), ont une rythmique différente de celle d'Adam, et ne sauraient raisonnablement dès lors être attribuées à ce poëte (^).
Nos deux Proses sont donc d'une authenticité fort suspecte; mais fussent-elles apocryphes, comme le soutient M. Eugène Misset, ce ne serait pas un motif pour nous de les écarter. Écrites, il y a plusieurs siècles, en ^honneur de saint Gilles, elles méritent de prendre place à côté de tant d'autres productions liturgiques, qu'a fait éclore le culte de notre grand Saint.
C) Ce travail est inséré dans Les Lettres chrétiennes (Revue d'enseignement, de philologie et de critique), tom. ii, Lille 1880-81, pp. 76 et suiv., 238 et suiv.
(2) Les Lettres chrétiennes, tom. cit., pp. 238 et suiv., ii. — Authenticité des Proses d''Adam.
i^) Id., tom. cit., pp. 239 et suiv.
(^) Id., tom. cit., p. 258, note 1.
(^) Voyez ci-dessus, pp. 606 et suiv.
Item, pp. 609 et suiv.
(') Les Lettres chrétiennes, tom. cit., p. 259, note 1.
Nons avons signalé, parmi les sources de notre travail, l'œuvre de Jean-Louis Spoerl, intitulée : Epistola de Sando JEgidio Narhonensi pristino T empli Norimh erg ensis Patrono (^). L'auteur, disions-nous, reproduit en entier un vieux cantique, harharœ latinitatis, comme il l'appelle, que, depuis l'époque la plus reculée, a remotissimo tempore, il était d'usage de chanter, en l'honneur de saint Gilles, dans l'église du monastère.
Voici le texte de ce morceau liturgique, dont nous devons la copie aux bons soins de notre digne ami et savant collaborateur, le R. P. Stanislas, du Carmel de Passy. Ce morceau est formé des antiennes et des répons de l'office de saint Gilles, inséré dans l'ancien Bréviaire de Wurtzbourg (^) .
Serve Dei vivi, miserorum Pastor ^gidi,
Nunc pius exandi qnod nos canimus tuas laudi (^).
Vox clamantis erat, sibi dum déserta petebat :
IngTcdiendo vias hererai, velnt alter Elias ^ Assooiatus ei, qtii fons pins est reqniei (■*). Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.
0 qnse miranda est potentia Salvatoris, in meritis beati ^gidii Confessoris, Qui apnd Deum et homines dignus memoria, cum Sanctis jam seterna tripu-
diat in gloria {^).
0 comités vitas, Dominum meditando venite, -^gidii meritis sic similes eritis (^) .
Beatus ^gidius natione Grsecus
Nobilis erat progenie, sed nobilior sanctitate.
Traditus igitur liberalibus studiis, memoriter cepit viam indagare veritatis. Qnadam die pergens ad Ecclesiam, cuidam gegroto tradidit tunicam suam ('). Secuta est ergo pietas pietatem, quia dum seger indutus est tunica, totius corporis meruit recipere sanitatem.
Q) Voyez notre tome i, pp. xxxviii, xxxix.
(-) Voyez, sur ce Bréviaire, p. 463 du présent tome, note 1. Les deux textes offrent de légères variantes, que nous jugeons inutile de relever.
(^) Antienne des premières Vêpres et troisième antienne du deuxième nocturne. Les premières et secondes Vêpres, composées des psaumes de la férié, se récitaient sous une seule antienne. Répons de la huitième leçon.
Antienne du Magnificat^ aux premières Vêpres. (^) Invitatoire des Matines.
(') Antiennes du premier nocturne.
ir. — 78
Sanctus vir ^gidius navim ingresstis applicuit ad Massiliam et inde Arelatem
nbi Csesarinm adivit Episcopum.
Sicut Socrum Pétri febricitantem sanavit Dominxis, sic ibi cnjusdam viduw
filiatn a febre libéra vit ^gidius ('). Beatus ^gidius per divinam potentiam sanavit miserum quemdam, Qui a serpente percnssus mortiferum in se habuit virus, Misericordia motus super illum sanavit eum ac dimisit (^) . Sanctus vir ^gidius magnam fiduciam habens in Domino, liberavit quemdam
pauperem arreptum a Dajmonio; Daemon damans et multum discerpens discessit ab eo (^). Sanctus vir ^gidius inter alia terrae pellens sterilitatem, infirme cuidam
totius corporis reddidit sanitatem, Recolens illud quod dicitnr, qnis infirmatur et ego non infirmer Gloria Patri et Filio et Spiritni Sancto.
Beatus ^gidius adjunctus est cuidam Veredemio, Sanctus Sancto, ut sancti-
tas alterius cognosceretur ab altero.
Vir non modicee in Christo ôdei, ostia RomEe sibi tradita commisit Tiberi, Quae ad monasterium patris quasi Pétri per mare ferebantur in vestigiis (^). O quam prasclara duo mtmdi convenere Inminaria, ^gidius et Veredemius
signa insimul opérantes multifaria; Et seminaverunt agros et plantavernnt vineas (^) .
Veredemium ergo corpore non mente relinquens, desertum petivit, ubi herbis
et aqua contentus soins soli Domino servivit. Qui per corvum pascebat Eliam, ipse ^gidium reficiebat per cervam ('). Sanctissime Christi Confesser ^gidi, ora pro nobis in conspectu Domini, Ut et de prseteritis malis veniam et de futuris semper mereamur habere
custodiam.
Qui arborem virtutum ascendisti cum Zachaeo, pro supplicibus tuis dignanter
supplica Deo (^).
Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.
Rex Francorum Carolus quoddam perpétra vit facinus quod nulli dicere ausns,
Sancti ^gidii commendavit se precibus (^). Beato ^gidio pro Carolo Rege inter missam supplicante Domino, peccatum
régis et venia peccati per cartulam delata est ab angelo (^°). Adjunctum erat in fine cartnlse quod Sancti ^gidii meritis quilibet peccator
absolvatur a crimine, si nlterius non vult admittere Sanctus vir ^gidius ad Carolum iens dasmoniacum sanavit.
(') Antiennes du deuxième nocturne.
(^) Répons de la première leçon.
Répons de la deuxième leçon.
(■*) Répons de la troisième leçon.
('•) Première et deuxième antiennes du troisième nocturne. (^) Répons de la quatrième leçon.
(') Répons de la cinquième leçon.
(^) Répons de la sixième leçon.
(^) Première antienne des Laudes.
Antienne de Tierce.
(•') Antienne de Sexte.
A Carolo rediens cujnsdam principis filium a morte resnscitavit (').
0 virum per oninia latidabilem et cunctis se invocantibus exorabilem,
Qui ex antique hoste, Deo gratam de se referens victoriam, hodierna die
perpetnam transivit ad gloriam ('^).
Ante Thronnm régis, Sanctorum Jnncte clioreis, Associando tibi superis nos confer ^gidi, Simus nt hgeredes, nbi viti palmes inlieeres (^). Laus immensa Dei snnt hujns festa diei,
In qaa Graecorum flos scandit ad alta polornm inclytus -^^Egidius,
(^nia dulcia vota per ejus vincnla rtimpuntnr, tempestates reprimuntnr,
Sedantnr morbi, totiqne sains datur orbi
(^) Antienne de ISTone.
(2) Antienne des secondes Vêpres. Voyez p. 613, note 3. (^) Antienne du Benedictus.
(^) Antienne du Magnificat, aux secondes Vêpres.
Ce fragment liturgique occupe les pp. xxiii, xxiiii de VEpistola de Sancto jEgidio Narlonensi, etc.
6LANURES
Il n^est moisson si bien faite qui ne laisse après elle quelques épis à glaner. Voici une gerbe recueillie après l'aclièvement de notre œuvre; les détails qui la composent se rattachent à diverses questions traitées au cours de cette étude, et nous ne pouvons nous résoudre à les passer sous silence, persuadé, comme nous le sommes, que tout renseignement, si petit soit-il, a son prix et sa valeur.