Tome I, p. 109, en note
Il existe, nous l'avons dit, une catégorie de gravures, qui représentent saint Gilles sans trace de blessure, et même sans la flèche traditionnelle; à cette catégorie se rattache l'image si délicatement burinée, placée, au 1^^ Septembre, dans l'édition viennoise des Bncomia Gœlituum, digesta 'per singulos anni menses et dies, du jésuite napolitain Jean-Baptiste Masculus (^). Cette image, due au crayon de J. W. Baumgartner, a été gravée par J. J. Eberspach. Saint Gilles, revêtu du costume monacal, se trouve à l'entrée d'une grotte, en partie cachée par des arbres; les mains jointes, il prie pour la conservation de sa biche, qu'un des deux archers, accroupis sur l'avant-plan, va percer d'un dard, au moment où, affolée de terreur, elle s'élance vers son maître.
Le travail du P. Masculus renferme, pour chaque jour de l'année, une petite pièce de vers, offrant le résumé de la Yie du Saint du jour. Yoici celle que le poëte consacre à saint Gilles :
^gidii patria eadem, quse sapientise, fuit : illae artium inventrices Athense:
nisi quod hic Lyceo praetulit silvas, uni Platonis platano densas arbores,
(^) AA. 88. Aprilis, tom. i, Antverpiae 1675, m Vita B. Notkeri Balbuli, p. 587, n. 29. — GuÉRANGER, Institutions liturgiques, 2^ édit., tom. i, Paris 1878, p. 179.
(2) Baguez, op. et loc. cit.
(^) Le P. Jean-Baptiste Masculus, né à Naples, en 1583, y mourut le ^0 Juillet 1656. La première édition de ses Encomia Cœlituum parut à Naples, 3n 1638. Celle, qui nous occupe, vit le jour à Vienne et Augsbourg, en 1763; 3lle compte 677 pages, et renferme 365 gravures. L'exemplaire, que nous ivons sous la main, se divise en trois tomes, comprenant chacun quatre mois. 7oyez, sur le P. Masculus et ses œuvres, Aug. et Al. De Backer, Bibliothèque jîes écrivains de la Compagnie de Jésus, tom. ii, Liège 1854, pp. 393, 394.
maluit philosophari secum, quam cum garrulis Graeciae sophis :
magis profecit jacens sub tacita specir, quam ambulans sub clamosa porticu :
mira docuit, auditores etiam habuit miros; nempe didicerunt ab ipso ferse esse humanae; sponte se .tradidit ei cerva, ut disceret non timere; pro Minervali obtulit ei lac uberum:
cinctus est locus indagine, venatici emissi sunt canes, preces ille pro altrice sua fudit ad Superos; suum os candidum cervae lacté pro illius vita solvit in vota:
non ausi sunt canes ei admovere dentés, cui iEgidius admoverat labra :
parum hoc : sagittis pectus opposuit suum : is, cui timida cerva admoverat mammas, intrépide pro cerva excipiebat vulnus; quid hic pro religione egisset altrice, qui ferino lacti suum rependit sanguinem ! (^).