Tome II, p
De nombreuses antiquités ont été exhumées du lit de la Basse-Sambre, à Namur. Parmi celles conservées aujourd'hui au musée de cette ville, on rencontre une enseigne de pèlerinage de saint Gilles, offrant de grandes analogies avec celle que nous avons reproduite, d'après la Collection de plomhs historiés trouvés dans la Seine, de M. Arthur Forgeais. Tout comme cette dernière, elle représente le saint abbé debout, revêtu de la chasuble, la main droite levée et tenant une crosse de la main gauche. La tête est entourée du nimbe circulaire. Ce qui distingue Renseigne retirée de la Basse- Sambre de celle trouvée dans la Seine, c'est tout d'abord l'absence de la biche et de l'arbuste, qui figurent sur le plomb français; ce sont ensuite les dimensions plus restreintes et l'exécution moins grossière de l'affique namuroise. La figure du Saint, au type sévère, est fort expressive. Cette enseigne, qui accuse le faire du XIII^ siècle, porte l'inscription : B. SGIDII ZlBBRt;iS; elle était munie jadis de quatre annelets, dont trois sont demeurés intacts.
Les Annales de la Société archéologique de Namur renferment un dessin, grandeur d'exécution, de cet intéressant objet (^), qu'on croit provenir du grand hôpital, aujourd'hui
O Planche 5. — On conserve dans la cathédrale de Saint-Aubain, à Namur, nn autel portatif, qui, sans remonter à une antiquité aussi reculée que ceux de Saint-Servais, à Maestricht, et de l'église de Conques, n'en est pas moins digne de fixer toute l'attention de l'archéologue. Cet autel, qui semble dater du XII^ siècle, se compose d'une pierre polie de granit étranger, enchâssée dans un entablement de cuivre doré. Cet entablement repose sur quatre pieds de même métal; il est entouré d'une espèce de frise, clans laquelle sont incrustés dix-huit petits bas-reliefs en ivoire, représentant des scènes du Nouveau Testament. Voyez Aigret, Histoire de Véglise et du chapitre de Saint-Aubain, à Namur, Namur 1881, pp. 63, 64.
(2) Tom. XIII, Namur 1877, Antiquités de la Basse-Sam.hre, à Namur, planche m, n. 5, en regard de 1^ ""^
hospice Saint-Gilles, à Namur, où, depuis des siècles, le saint abbé est Fobjet d^un culte spécial (^).
L'auteur de l'article, qui nous a révélé l'existence de ce plomb (^), résume, en quelques lignes, l'histoire des enseignes de pèlerinages :
Ces sortes d'images, dit-il, sont de deux espèces : ou bien, elles étaient destinées à servir de pommeau au bourdon du pèlerin, ou bien, si c'étaient simplement des plaques, elles s'attachaient, au moyen des bélières ou anneaux dont elles sont munies, à la bérette ou aux vêtements; les pèlerins trouvaient ces signacula à vendre près de la châsse ou de l'image du saint qu'ils allaient vénérer. Dans les pèlerinages de long cours, ils les montraient et les faisaient baiser aux fidèles des villages et des villes qu'ils traversaient, et par là obtenaient sans peine la nourriture, le couvert et même un peu d'argent. Dans les pèlerinages moins longs, ils emportaient ces sortes de médailles comme souvenir de leur pieuse excursion ou comme objets de dévotion. L'usage des enseignes de pèlerinages a duré, pour ainsi dire, jusqu'à nos jours; on les a remplacées maintenant par de petits drapeaux de papier, à l'image du saint que l'on a été vénérer (^).