‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 170 sur 253 · Tome ir, p · texte numérisé non relu

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Nous détachons une page du livre de M. Auguste Hock : Croyances et remèdes populaires au pays de Liège (^). Cette page renferme, sur le culte de saint Grilles, certaines particularités, que nous n^avons pas rencontrées ailleurs; nous Finsérons, à titre de simple curiosité, et sans nous porter garant de toutes les assertions de Fauteur.

La parole est au cultivateur Micheroux, Fun des personnages que M. Hock met en scène :

Je connais, nous dit-il en souriant, les Saints Gilles de Liège, de Tongres, de Fraipont et de Huy.

Les somnambules prient saint Gilles pour avoir des nuits tranquilles; on lui fait des neuvaines pour les enfants agités.

(*) VAN DEN Steen de Jehat, op. cit., pp. 97, 98. I O Cette planche se trouve en regard de la p. 192. Les krinkrins de saint 1 Gilles en occupent un des quatre compartiments.

(3) Liège 1872. Ce volume forme le tome m des œuvres complètes de M. Hock. '

Les cis qu'allet a saint Gilles l'èwaré, C'est qui del l'nute es lét n'polet d'rnorer. Il allet à saint Gilles, Por-y poirter des présent d'cneuve doré Et fer 1ère l'Évangile.

Après, on paie li marlî et rcnré(').

Le premier septembre, fête de Saint- Gilles, les femmes endimanchées et portant des enfants, ainsi que des hommes en grand nombre, suivent les chemins qui montent à l'église Saint-Gilles près de Liège. Ils y vont pour être préservés des maux de nerfs, pour les mauvais rêves, pour les maladies d'enfants, les oppressions et les cauchemars, etc.

Les bons pèlerins chôment le jour de Saint-Gilles; c'est pour eux un jour de privations: ils maîtrisent leurs passions; les ivrognes ont le courage se passer de boire le premier jour de la neuvaine: d'autres ont promis de continuer, toute leur vie, le voyage à S t. -Gilles, une fois l'an, le jour de sa fête.

A Tongres, les offrandes que les paysans déposent sous le nom de cœitr vivant à leur bon St.-Gilles, rappellent les coutumes des anciens temps. Dans le bas de l'église, il se trouve une petite porte communiquant à une trappe à double fond; c'est dans cette espèce de grande tirelire que les pèlerins jettent comme offrande des poulets, des pigeons, des dindons, des lapins, etc., etc. L'année' dernière, M. le curé retirait plus de cent pièces de ce grand poulailler.

Une foule considérable se dirige également, le l*""" septembre, à la grande église, à Huy. La statue de S t- Gilles est ornée; les mamans se placent sur de petits bancs, avec leurs enfants; le prêtre pose l'étole sur toutes les têtes, puis donne à baiser un reliquaire représentant un grand bras sculpté. Les prières et les offrandes sont recommandées.

A Chaineux, on prie aussi beaucoup St-Gilles Vswaré pour guérir les somnambules.

J'en reviens au village de Fraipont, reprit Micheroux; ici, vous aurez deux saints Gilles pour un; votre petit garçon est-il trop nerveux, son sommeil est-il agité, s'éveille-t-il en sursaut la nuit, a-t-il le regard effrayé, craignez-vous enfin les convulsions : allez à Fraipont, priez St.-Gilles Vèwaré (^), il est connu à six lieues à la ronde.

(*) Cela veut dire : Ceux qui vont à saint Gilles Vèwaré, sont ceux qui, là nuit, ne peuvent demeurer au lit. Ils vont à saint Gilles, pour y porter des présents de cuivre (?) doré et faire lire l'évangile. Puis, ou paie le clerc et le curé.

(-) Saint Gilles l'effrayé, litt. l'épuré.

Mais au contraire, si votre chère petite fille reste dans un état de lourdeur et d'assoupissement; si elle ne marche pas à l'âge de dix mois; si son intelligence ne se développe pas assez vite; si enfin votre enfant ressemble... à une idiote, si vous voulez, allez encore à la même église de Fraipont; à l'autre autel, vous trouverez St. -Gilles li pâhule (*) : implorez-le, donnez une offrande et des chandelles {^).

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