‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 173 sur 253 · Tome II, p. 355, note · texte numérisé non relu

Tome II, p. 355, note

La contre-pesée, dont il reste quelques vestiges en Belgique, se pratiquait jadis dans nos Flandres; jusque vers le milieu du dernier siècle, elle était en pleine vogue à Adinkerke, petit village du littoral, à une lieue de Furnes.

De temps immémorial, on vénère, dans F église du lieu, saint Corneille, pape et martyr, dont la fête se célèbre le 16 Septembre, et qu'on invoque spécialement contre le mal caduc, les convulsions des enfants, etc. Entre autres dons, on offrait au Saint du froment, en quantité égale au poids des enfants épileptiques, dont on venait implorer la guérison; une balance servait à la contre-pesée, qui se faisait sur place (^). Cette coutume fut proscrite en 1743; voici à quelle occasion. Le compte de la chapelle de Saint-Corneille, clôturé le 30 Mars 1739, relatait, parmi les dépenses, un payement de quatre livres quinze schelen parisis, fait à Jacques de Grave, pour livraison d'une balance, destinée à contre-peser les enfants (*). Les commissaires du Magistrat de Furnes, chargés

(1) Namnr 1881.

(2) P. 136. Ces détails sont extraits des Actes capitulaires de Saint-Aubain, tom. IV, p. 325. M. Aigret ajoute en note : " Le chapitre nommait aussi le bénéficier de l'autel de Saint-Gilles, qui se trouvait dans la chapelle supérieure de l'hospice de Sainte-Marie à Namur. Act. capit. T. i, an. 1473. " (Op. cit., p. 136, note 2.)

(^) Daarenhoven dat in de zelfste kerhe jaarlijks opgeofferd worden, ten profite van de capelle van den voornoemden Heiligen, diversche kiekenen, mi^sgaders vlas ende terwe, in Hopioegen in de schale jegens de kinderen die hesmet zijn met de vallende ziekten... (Requête à citer plus loin.)

(■•)... vier ponden vijftien tichehii pars., letaald aan Jacoh de Grâce, over

de Fexamen du compte, mirent, en regard de ce dernier poste, une apostille enjoignant aux administrateurs de consulter révêque d^Ypres (^) sur la licéité de cette pratique. Une requête, signée par divers notables de la paroisse, fut donc adressée à Mgr. Gruillaume Del vaux (^)j ce prélat fit répondre par son secrétaire, en 1743, que cette coutume, entachée de superstition, constituait un véritable abus, et qu'en conséquence il la proscrivait (^). Le jugement de Mgr. Del vaux nous semble sévère.

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