CHAPITRE I
Pèlerinages belges au tombeau de saint Gilles.
Ces pèlerinages appartiennent à une double catégorie : c'étaient des exercices volontaires de piété ou de pénitence, ou bien des voyages accomplis en guise de punition légale, pp. 25, 26.
§ 1. — Pèlerinages volontaires ou de dévotion.
Pèlerinage de Philippe d'Alsace, comte de Flandre, en 1170, pp. 26, 27. — Ce pèlerinage se rattache à un groupe de faits connexes au culte de saint Gilles, pp. 27-29. — Robert de Cassel, fils cadet du comte
Robert de Béthune et d'Yolande de Bourgogne, avait fait vœu de se rendre en pèlerinage au tombeau de saint Gilles. Il mourut, en Juin 1331, sans avoir rempli cet engagement; les exécuteurs testamentaires du prince, se conformant à ses dernières volontés, chargèrent son barbier, Jean de Janua, de faire ce pèlerinage, en lieu et place de son maître. Attestation des sacristains de l'abbaye de Saint-Gilles, pp. 30, 31. — Les faits, empruntés à l'histoire de Philippe d'Alsace et de Robert de Cassel, ne constituent pas des faits isolés; ces princes ont suivi le courant populaire, qui poussait les masses vers le monastère de la vallée Flavienne, devenu, par suite des croisades, le rendez-vous de l'Europe entière, pp. 32, 33.
§ 2. — Pèlerinages imposés à titre de pénalités.
Les pèlerinages au tombeau de saint Gilles s'imposaient, soit comme châtiment d'un crime ou d'un délit, soit comme condition de traités de paix ou d'autres conventions de ce genre, p. 33.