ARTICLE I
Pèlerinages imposés en punition d'un crime ou d'un délit.
Remarques sur les pèlerinages expiatoires, pp. 34, 35. — Wautier Maisière, de Courtrai, coupable d'avoir battu sa femme, est condamné par Louis de Nevers à se rendre en pèlerinage à Saint- Gilles en Prouvenche. Texte de la sentence, prononcée le 24 Novembre 1319, pp. 36,
37. — En réparation du méfait commis sur la personne de Béatrix, dame de Gaesbeek, Thierry de Walcourt, maréchal de Hainaut, et plusieurs chevaliers brabançons accomplissent, en 1336, le même pèlerinage, par ordre du comte de Hainaut et du seigneur de Hornes, pp. 37,
38. — Une sentence arbitrale de Marguerite de Maie, comtesse de Flandre, met fin au sanglant conflit, qui avait surgi entre Guidolphe van der Aa, seigneur de Gruuthuse, et Jean de Molembeke; cette sentence, prononcée à Bruges le 24 Mai 1372, condamne Jean de Molembeke à faire un pèlerinage à Notre-Dame de Naples avant la Chandeleur de l'année suivante, et, dans les deux mois après cette date, un second pèlerinage à Saint-Gilles en Provence. La sentence porte encore que Pierre de Lestalle et Thielman Camerlinc, complices de Jean de Ghistelles, dans le meurtre de Lamsin de Podelgheer, se rendront tous deux à Saint-Gilles, avant la mi-août, pp. 38, 39.
Primitivement, le coupable était tenu de faire en personne le pèlerinage auquel il avait été condamné; plus tard, il fut loisible au délinquant de se libérer, à prix d'argent, de la plupart des pèlerinages expia-
toires. La Coutume rimée du Franc de Bruges, qui paraît remonter au XIV^ siècle, signale déjà ces amendes substituées aux pèlerinages, pp. 39, 40. — Plusieurs villes du pays dressent une liste-tarif des pèlerinages expiatoires, offrant, en regard de chacun d'eux, le chiffre des amendes par lesquelles on pouvait s'en libérer. Listes-tarifs de Gand, d'Audenarde, d'Alost et de Termonde; toutes ces listes mentionnent le pèlerinage de Saint-Gilles en Provence, pp. 39-43.