CATHÉDRALE DE SAINT-SAUVEUR
La fête de saint Gilles se célébrait sous le rite double dans l^ancienne collégiale de Saint -Sauveur; elle avait été fondée par Pierre de Commanderere, chapelain de cette église (^).
regardé comme astringent, vulnéraire et résolutif. Les habitants de la campagne emploient contre la diarrhée les feuilles de cette plante bouillies dans du lait. (DupiNEY DE VoREPiERRE, Dictionnaire français illustré et Encyclopédie universelle, tom. i, Paris 1867, p. 811, v° Crassulacées.)
Après avoir décrit cette plante, Etienne Blancard ajoute Hœc planta crescit in locis arenosis, et vocata sic fuit, quod ulcerihus malignis et deploratis, quihus Telephus Mysiœ Uex ab Achille vulneratus consenuit, (quœ eam etiam oh rem Telephia dicuntur), auxilietur. B(elgice) Smeer-wortel, ïïemelsleutel. G{ermanice) Wund-kraut, knaben-kraut, Donner-bonen, fette Henné. Gall. Jouharhe des Vignes, Orpin, Reprise, Grasette, Feve épaisse. A(nglice) Orpyne (Lexicon medicum renovatum, Lugdani Batavorum 1735, pp. 851, 852, V Telephium). Voyez aussi Kiliaen, Etymologicum Teutonicœ linguœ, v" Snieer-wortel.
O Archives de Saint -Donatien, Litt** L, n° 81.
(^) Verschelde, De Kathedrale van Sint Salvator, te Brugge, Brngge 1863, p. 267. Ce détail est extrait d'un planaris ou registre contenant le relevé des offices de l'église, écrit vers 1560. (Verschelde, op. cit., p. 254, note 1.)
Au-dessus de la porte d'entrée de la nef latérale du sud, se trouve un retable d'autel de la fin du XV^ siècle (^). Le milieu, en bois sculpté, peint et doré, représente la famille de sainte Anne. Deux volets peints accompagnent ce haut-relief; la conversion et le sacre de saint Hubert forment le sujet du volet de droite, la cliarité et l'immobilité de sainte Lucie, celui du volet de gauclie. Le revers de ce dernier volet nous montre un saint évêque et saint Gilles. Le saint abbé est figuré sous les traits d'un bomme dans la force de Page. Son costume se compose de Tliabit noir de bénédictin, avec capuce rabattu sur les épaules; une étroite couronne de cheveux entoure la tête. De la main droite, le Saint tient une crosse gotbique, ornée d'un vélum blanc; il étend la gauclie vers une biche, qui s'appuie contre lui et fait mine de vouloir le caresser. La poitrine du Saint est percée d'une flèche.
Ce panneau est fort endommagé; une partie des couleurs est effacée, et en quelques endroits même il ne reste plus de traces de peinture. La robe de saint Gilles a particulièrement souffert; la tête du Saint, sa main droite, la volute et le vélum de la crosse, ainsi que la biche sont les parties les mieux conservées. Hâtons-nous d'ajouter que les sculptures du retable et l'intérieur des volets sont en très-bon état; le revers seul de ces derniers a subi des détériorations, qu'il faut attribuer, croyons-nous, à l'action de l'humidité (^).
(^) Ce retable a été descendu, il y a quelques années, et déposé dans la chapelle des fonts baptismaux, ce qui nous a permis d'examiner à loisir le revers des volets. Cette œuvre d'art occupe aujourd'hui son ancienne place.
(^) Voyez, sur ce retable, l'Inventaire des objets d'art et d'antiquité des églises paroissiales de Bruges, Bruges 1848, — Cathédrale de Saint- Sauveur, pp. 54, 55. Le texte est accompagné d'une lithographie, représentant la partie sculptée du retable et l'intérieur des volets; ceux-ci ne sont pas décrits. Voyez aussi Verschelde, De Kathedrale van Sint Salvator, te Brugge, pp. 60, 61. L'auteur paraît ne pas avoir reconnu saint Gilles parmi les personnages qui figurent sur le revers des volets : Op de keerzyde, dit-il, hevinden zich VERscHEiDE Heilige bisschoppen, waeronder loy den Heiligen Amandus, met de draeTc aen zyne voeten, meenen te herkennen.
Dans la première édition de Bruges et ses environs (Bruges 1862, p. 68), M. Weale avait fait passer saint Gilles pour un évêque : " Sur le revers, dit-il,