I. - LEMBEKE O
D'après M. Neelemans {^), le territoire de Lembeke fut évangélisé au VIII^ siècle, sinon par saint Willibrord luimême, du moins par des missionnaires frisons, qui y auront élevé une chapelle. Il n'est pas possible de dire vers quel temps saint Gilles fut choisi comme patron de l'église et du lieu; il devait l'être déjà au XIII^ siècle, puisque des documents de cette époque donnent à la paroisse le nom de 8int Gillis gheseit Lemhehe (^). L'ancienne église datait du commen-
(^) Voyez, sur Lembeke, De Potter et Broeckaert, Geschiedenis van de Gemeenten der Provincie Oost-Vlaanderen, II reeks, 2'^'-' deel, Gent 1870-1872. La monographie de Lembeke forme la quatrième du volume; la partie ecclésiastique est traitée de la page 31 à la page 39. — Voyez encore, et surtout, le beau travail publié par M. Ed. Neelemans, sous le titre de Geschiedenis der gemeente Lemheke en der vrije Heerlijkheid van Aveschoot, Brugge 1872. Ce magnifique volume, imprimé avec luxe et orné de quatorze planches, forme un grand in-8'', de 325 pages. Tout le chapitre vi (pp. 138-174) est consacré à l'histoire de l'église de Lembeke. L'auteur y a inséré une esquisse biographique de saint Gilles, empruntée aux Bollandistes (pp. 141-144); l'erreur do chronologie, qui fait naître ce Saint dans la seconde moitié du V'= siècle (p. 141), n'est qu'une faute d'impression, redressée dans l'errata placé à la fin du volume; la page 143 le prouve du reste suffisamment, puisque la mort de saint Gilles y est fixée entre les années 720 et 726. En parlant des reliques du saint abbé, M. Neelemans consacre une note à celle que possède l'église de Saint-Gilles, à Bruges (p. 143, note 112).
(2) Neelemans, op. cit., p. 141.
(^) Neelemans, op. cit., p. 144.
cernent des années 1200^ à en juger par la tour, la seule partie restée debout, qui remonte évidemment à cette période; une des poutres porte le millésime de 1202 (^). Restaurée et agrandie à plusieurs reprises, cette église fut démolie en 1776, et reconstruite telle qu'on la voit aujourd'hui; Mgr. Félix-Guillaume Brenart, XYII^ évêque de Bruges, en fit la consécration, le 19 Août 1778 (^).
Dès 1363, l'église de Lembeke possédait un autel de Saint-Gilles; à cette date, messire Enguerrand Hauweel, chevalier banneret d'Haesebroucq, seigneur d'Aveschoot (^), et son épouse, dame Jeanne van Bredelaere, y fondèrent deux chapellenies, l'une en l'honneur de la Vierge, l'autre en celui de saint Gilles, aux autels érigés sous les mêmes vocables. Cette fondation, autorisée par bulle d'Innocent VI, donnée à Avignon, le 24 Août 1363, attribuait aux seigneurs de Bardelaere (^) le droit de collation du premier bénéfice et celui de présentation au second (^).
(^) Neelemans, op. cit., pp. 153, 160.
(-) Neelemans, op. cit., pp. 153 et suiv. — Acta Episcopatus Brugensis, Reg. Lxx, fol. 529. La paroisse de Lembeke fit partie du diocèse de Bruges, depuis l'érection de cet évêclié en 1559, jusqu'à sa suppression par la bulle de Pie VII, Qui Christi Domini vices, du 29 Novembre 1801; elle ressortit depuis lors au diocèse de Gand, et a continué de lui appartenir, après la réérection de révêché de Bruges, en 1834.
(•^) La seigneurie d'Aveschoot était située sur le territoire de Lembeke. (Neelemans, op. cit., pp. 95 et suiv.) Voyez, sur Enguerrand Hauweel, le même ouvrage, pp. 105 et suiv.
C*) La seigneurie de Bardelaere était enclavée dans celle d'Avescboot. (Neelemans, op. cit., pp. 134, 135.)
(^) Neelemans, op. cit., pp. 134, 147. Aux endroits indiqués, l'auteur dit, en termes exprès, que cette double cbapellenie eut pour fondateurs Enguerrand Hauweel et Jeanne van Bredelaere; mais, à la page 107, il en attribue l'honneur à leur fils, Enguef rand, époux de Liévine Bette : Ten jaere 1341, — dit-il, en parlant de ce dernier, — hekrachtigde hij de fondatie, in 1317, bij zijne ouders gedaan in de kerlc van Becelaere; en stichtte nog met eene Apostelijke Bulle van den Paus Innocentius, gegeven te Avignon, den 2,4! Augusti 1363, twee Tcapellerijen, namelijh van 0. L. Vrouw en van S' Gillis in de kerk van Le)nheke. Évidemment, il y a erreur, de l'un ou de l'autre côté. A ne considérer que l'intervalle considérable, qui sépare la fondation de Becelaere de celle de Lembeke (1317-1363), on serait tenté de croire qu'Engucrrand II fut le
M. Neelemans croit pouvoir faire remonter à la même époque rérection des deux confréries de la Vierge et de saint Gilles, dont les revenus servaient à ^entretien des autels susdits et formaient Pobjet d'une comptabilité spéciale; les proviseurs de ces associations étaient tenus de rendre annuellement compte de leur gestion au seigneur de Lembeke et au doyen de la cbrétienté, en présence du curé, du bourgmestre et des échevins de la localité (^).
Le 12 Septembre 1725, Mgr. Henri- Joseph van Susteren, XI évêque de Bruges, consacra les deux autels latéraux de Féglise de Lembeke, dont un en Fhonneur de saint Grilles, et y inséra des reliques des saints martyrs Liliose et Félix (-). Lors de la consécration de la nouvelle église, le 19 Août 1778, Mgr. Brenart consacra également les trois autels, avec insertion des reliques des saints martyrs Valentin et Cyrin; Pautel de la nef droite ('^) fut consacré sous le vocable du saint patron (^).
vrai fondateur des denx chapellenies de la Vierge et de saint Gilles; cependant la question ne peut être tranchée que par l'inspection des documents.
Les archives de l'Evêché de Bruges renferment la relation de la visite décanale de l'église de Lembeke, faite le 23 Août 1746. Le titre VI contient, entre autres questions et réponses, les suivantes : 4. Quœnam prœterea in Ecclesia sint fundata Bénéficia ? — R. Mentio fit de duobus beneficiis, sed antiquata sunt. — 5. Quinam eorum fructus et quœnam onera î — R. Obscurata sunt. — 6. An his oneribv^ débite satisfiat ? — R. Négative. Il s'agit ici, nous n'en pouvons douter, des deux chapellenies fondées en 1363, et les réponses aux divers postulata indiquent assez, qu'en 1746, ces bénéfices n'existaient plus qu'à l'état de souvenirs.
(^) Neelemans, op. cit., fol. 147.
(^) Acta Episcopatus Brugensis, Reg. L, fol. 260.
(^) Faisons observer, nue fois pour toutes, qu'en parlant des églises dont l'orientation nous est inconnue, nous appelons la nef droite celle du côte de répître, et la nef gauche celle du côté de l'évangile, qui se trouvent respectivement à droite et à gauche des fidèles entrant par la nef principale.
(•*) Acta Episcopatus Brugensis, reg. Lxx, fol. 529. — De Pottcr et Broeckaert, op. et tom. cit., Lembeke, p. 33, disent que les autels latéraux sont érigés ; sous les vocables do la sainte Vierge et de la sainte Croix; c'est une erreur. Le,i maître-autel est dédié à la sainte Croix, les autels des nefs latérales sont dédiés ^ à la Vierge et à saint Gilles; il en était ainsi dans l'ancienne église, témoin la ] relation de la visite décanale de 17 16, et Mgr. Brenart ne changea rien à [
La partie sculptée de l'autel de Saint-Gilles provient de l'ancienne église; elle date de 1652^ et fut exécutée par Thomas de Stroopere^ menuisier d'Eecloo, qui reçut de ce chef
10 livres 10 escalins de gros (^). Cet autel subit un remaniement considérable au commencement du XYIII^ siècle^ comme
11 résulte de la note suivante, extraite d'un des registres de l'église :
Den 24? October 1713 gerekent met CorneHs Standaert ende Grabriel d'ïïauens, als proviseurs offce besorghers van den autaer van St.-Gillis binnen de kercke van Lembeke, over het gene ick verschoten hadde an het maken van het verhemelsel op den autaer van St.-GilHs, ende voor het maken van het sitsel ende schrynwerck in de capelle van den autaer, voor het maken van een kruys ende twee paer candelaers, voor het vergulden ende versilveren met het beste gout ende silver het voorseyde kruys ende candelaers, ende voor het kasken met de glaze ende kleyne remonstrantie in het zelve kasken (").
Parmi les objets d'art qui décoraient autrefois réglise, se trouvaient un tableau et une statue, représentant saint Gilles. Il en est fait mention dans les comptes de l'autel du Saint; celui de 1643 porte qu'il fut payé à Robert Joly 4 livres 10 escalins de gros, van gescliildert thehhen eene schilderye met de figure van St.-Gillis (^). Dans le compte de 1670 figure une dépense de 3 escalins de gros, over wasschen der schilderye en theelt van St.-Gillis Ce tableau a disparu; la statue existait encore en 1 746, puisque dans la relation de la visite décanale du 23 Août de cette année, nous lisons : In altari S. JEgidii imago scidi^ta ejusdem Sancti. Il est probable que cette statue n'était plus fort convenable, puisqu^en 1753, les proviseurs de l'autel du saint abbé en firent sculpter
Tordre établi, lors de la consécration des autels de la nouvelle église. — Voyez Neelemaxs, op. cit., pp. 155, 156.
Neelemans, op. cit., p. 157.
O De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., Lemhelce, pp. 34, 35.
(^) De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., id., p. 34. — Neelemans, op. cit., p. 158.
("•) Neelemaxs, op. cit., p. 158.
une nouvelle par Antoine Manilius; ils payèrent pour cette statue et pour celle de saint Mansuet, la somme de 4 livres de gros (^). L'église de Lembeke est encore en possession de l'œuvre de Manilius, qui n'a pas de valeur artistique.
Une statuette de saint Gilles, accompagné de sa biche, surmonte la verge du bedeau; cette statuette, en cuivre fondu, n'est pas sans mérite (^).
La cloche actuelle de l'église de Lembeke fut baptisée, sous le nom de Gilles, le 12 Mai 1777, par M. Blomme, curédoyen d'Becloo; elle eut pour parrain messire Louis van den Hecke, seigneur de Lembeke, et pour marraine Pasquine Clays, épouse du bourgmestre Jean Stockman. Cette cloche, du poids de 1300 livres, fut fondue par Jean-Baptiste et François Wierinck, d'Overmeire; elle porte la curieuse inscription que voici :
Als men dees kercke nieuwe bauwde, Tôt yreugd van ider die 't aenschauwde,
GUDWAL SeIGER, ABT VAN SiNT PlETERS, {^)
sond dan tot my de clockegieters.
Ter eer van God en Maria's lof Ben ik hergoten dp dees kerkhof. gillis is my vgor naem gegeven,
Om te LUYDEN BEN IK VERHEVEN,
En gaed d'orlogie maer gewis, Men iioort van my wat ure het is.
Jean-Bapt. et Frans Wierinck me fuderunt, A° 1777 (^).
Les paroissiens ont en grande vénération leur saint patron. Il en est bien peu qui se dispensent de venir baiser
(^) Neelemans, op. cit., p. 159. — De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., Lembeke, p. 34.
(2) Neelemans, op. cit., p. 159.
(^) L'abbé de Saint-Pierre, à Gand, était un des grands décimateurs de la paroisse; comme tel, il avait à intervenir, pour sa part, dans les réparations de l'église. (Neelemans, op. cit., p. 151.)
(^) Neelemans, op. cit., pp. 160, 161. — De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., Lembeke, pp. 35, 36.
ses reliques, le jour de sa fête ou durant Foctave; les parents y amènent leurs enfants. " On ne peut voir sans émotion, nous écrivait M. Baert, vicaire de Lembeke, Fempressement des mères à présenter au prêtre leurs petits enfants encore au berceau, pour leur faire toucher les reliques de saint Gilles (}).
Vers le milieu du siècle passé, la relique du Saint fut enchâssée dans un reliquaire d'argent. Nous lisons dans le compte de l'autel de Saint-Gilles des années 1746-50 :
Betaelt aen S^' Frans Rielandt de somme van dry poiideii seven schellingen vier grooten sterck wisselgeldt over het maechen ende leveren van eene silvere reliquaire tôt de reliqiiie van S' GilUs (~).
La veille de la fête de saint Gilles, on bénit en son honneur de l'eau, vulgairement appelée Gillelcens water. Les paroissiens font grand cas de cette eau, qui a sa place à côté de l'eau bénite ordinaire. On en use de la même manière, et pour les mêmes fins; ainsi, on s'en sert matin et soir, pour faire le signe de la croix, on en asperge les maisons et les étables, en temps d'orage, et, assez généralement, on en boit quelques gouttes pour être préservé ou guéri de la fièvre (^). Il n'y a pas de formule particulière pour la bénédiction de cette eau; la formule ordinaire du Rituel est employée à cette fin. Cette bénédiction est accompagnée de l'immersion des reliques du Saint.
Nous devons la plupart des renseignements, qui vont suivre, sur le culte de saint Gilles à Lembeke, à l'obligeance de M. le vicaire Baert, qui a bien voulu nous les transmettre, en réponse à notre questionnaire, le 8 Décembre 1871.
(^) Xeelemans, op. cit., p. 159.
(^) Jaarlijks hinst de Octaaf van den H. Gillis (1-8 Septeviher), — écrit M. Xeelemans, op. cit., p. 149, — wordt er in deze kerlc water cjeivijd ter eere van dezen Heiligen, tvelk dient om door zijne voorspraak bevrijd te zi.in van
KOOETSEX, PESTE, CHOLERA EN ANDERE BESMETTELIJKE ZIEKTEN. CeS dernières
lignes sont empruntées à la petite notice, qui accompagne l'image de saint Gilles, dont nous avons parlé plus haut (pp. 185, 186), et qui fut dessinée pour notre église; nous ignorons si cette phrase est applicable, en tout point, à l'eau qui se bénit à Lembeke.
Saint Gilles est invoqué^ à Lembeke, contre les fièvres. Il n'existe pas toutefois de pèlerinage proprement dit en son honneur. Le nombre des fidèles^, étrangers à la paroisse, qui visitent l'église durant l'octave du Saint, est fort restreint; ils se contentent de baiser ses reliques, et quelques-uns d'entre eux emportent un peu de l'eau bénite de saint Gilles. L'église de Lembeke fut autrefois, paraît-il, un but de pèlerinage trèsfréquenté; ce pèlerinage trouvait sa raison d'être dans le voisinage des polders. Quand ceux-ci ne présentaient qu'une vaste étendue de terrains marécageux, des fièvres pernicieuses et périodiques désolaient la contrée. Plus tard, grâce aux travaux d'assèchement et d'irrigation qui y furent exécutés, les polders se transformèrent en fertiles campagnes et en gras pâturages; du même coup, les cas de fièvre diminuèrent dans des proportions considérables, mais malheureusement la dévotion des pèlerins se refroidit aussi, et le pèlerinage à Saint- Gilles de Lembeke finit par tomber en désuétude.
Pour faire refleurir, autant que possible, le culte de notre Saint. M. Corneille Van Oeckel, curé de Lembeke (^), sollicita et obtint de S. S. Grégoire XYI, en 1843, une indulgence plénière, applicable aux âmes du purgatoire, à gagner, moyennant accomplissement des conditions ordinaires, par tous les fidèles qui visiteraient dévotement l'église paroissiale de Lembeke, le jour de la fête de saint Gilles.
M. le curé Laurent Wante successeur de M. Van Oeckel, fit imprimer, à l'usage de ses paroissiens, des litanies flamandes de saint Gilles. Ces litanies sont extraites du recueil intitulé : Schat-Kiste der Litanien, getrohken uyt het Goddelyh , Officie, Levens der Heyligen, en andere geîoofweerdige Auteurs, |
(') M. Van Oeckel fnt curé do Lembeke, de 1838 à 1851; le 21 Mars de cette dernière année, il devint doyen du district d'Eecloo, tout en restant curé de Lembeke. Promu à la cure primaire d'Eecloo, en Juin 1851, il résigna ses fonctions pastorales, le 13 Juin 1874, ne conservant que la charge de doyen. M. Van Oeckel est décédé h Waersclioot, le 28 Juin 1878.
(2) Décédé le 17 Mars 1874.
zeer hmgtig tôt het vervoorderen der Godvrugtigheyd en naervolgen van hunne Beugden en heylig Leven. Tôt Bmgge, hy Cornclis De Moor, s. d. Dans ce recueil, les litanies de saint Gilles portent le visa du censeur des livres J. F. De Gryse; une autre édition porte ^approbation de L. A. Caytan. C'est cette dernière, légèrement retoucliée quant à F orthographe, qui fut réimprimée à Tusage de Féglise de Lembeke, chez la J. Rousseau- Warrie, à Gand, sous le visa, daté du 10 Juillet 1861, du chanoine-censeur des livres J. ToUenaere.
Une ancienne fondation obligeait le curé de Lembeke à chanter la messe en Fhonneur de saint Gilles^ une fois par mois (^).
Une procession fort solennelle avait lieu à la Saint- Gilles; on y voyait figurer la statue du saint abbé et les membres de sa confrérie (^).
L'ofiice de saint Gilles, récité par le clergé de Lembeke, n'offre rien de saillant. La leçon propre du Bréviaire romain sert de première leçon au second nocturne; Foraison est de Communi Ahhatum : Intercessio nos, quœsumus, Domine.
Le 1^^" Septembre, dans toutes les familles de la paroisse, on fait des gaufres, qui portent le nom de Gillehens wafels.
Un des chemins de la commune de Lembeke s'appelait jadis Sint Gillis predicatie. De Potter et Broeckaert ont rencontré ce nom dans un document, daté du 25 Août 1644 et faisant connaître les limites de la seigneurie de Caprycke : ... vandaer westwaert, y lisons-nous, langst deii selven Lemheekschen waterganch tôt an Sint Gilles predicatie, zuydt de voornomde sHeerenstrate, loopende van GaperycJce naer Lenihehe{^). La même dénomination figure dans un acte de 1675 (^); nous n'en connaissons pas l'origine.
Q) Neelemans, op. cit., p. 148.
(-) Neelemans, op. cit., p. 148. — De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., Lemheke, p. 35.
(^) De Potier et Broeckaert, op. et tom. cit., Kajprijk, p. 57, en note. 0) De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., Lemheke, p. 2, en note.
L'église doit son origine à un hôpital, bâti en Thonneur de saint Gilles, sur le territoire de Zwyveke-lez-Termonde, par Mathilde, dame de Termonde, qui avait épousé Guillaume de Béthune {^). D'après toute probabilité, Mathilde fonda cet hôpital durant son veuvage, entre les années 1214 et 1221 (^);
Q) Principales sources à consulter : Lindanus, De Tenerœmonda lihri très, édit. in-folio, à la suite des Antiquitates Belgicœ, de Gramaye, Lovanii 1708, pp. 57-60, 67. — DE Vlaminck, De stad en de heerlijkheid van Dendermondey II deel, Dendermonde, s. d., pp. 33 et suiv.; iv deel, ibid. 1867, pp. 266 et suiv. Item, du même auteur, Cartulaire de Vahhaye de Zwyveke-lez-Termonde, (parmi les publications du Cercle archéologique de la ville et de l'ancien pays de Termonde), 1'''^ livraison, Gand 1869, passim. Outre ces ouvrages, nous avons mis à profit les intéressantes notes transmises, le 20 Juin 1871, par M. Beeckman, curé de la paroisse.
(^) Mathilde ou Mahaut, dame de Termonde, était fille de Wautier II, seigneur de Termonde, et d'Adelise, dame de Buyssclieure, laquelle se maria en secondes noces avec Gérard II, seigneur de Grimberghen. Elle épousa Guillaume II de Béthune, surnommé le Roux, qui hérita de l'avouerie d'Arras et de la seigneurie de Béthune, après la mort de son frère aîné Robert VI. (de Vlaminck, Cartulaire de Vathaye de Zwyveke-lez-Termonde, p. ], en note.)
On ne connaît pas la date exacte du mariage de Guillaume-le-Roux et de Mathilde de Termonde. Duchesne le dit antérieur de beaucoup à l'année 1193 (Histoire généalogique des Maisons de Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy, Paris 1631, p. 144). Dans sa Notice historique sur la ville de Termonde (Gand 1849, p. 22), M. Clément Wytsman place cette union en l'année 1203, date évidemment fautive; le même auteur écrivait plus tard que Mahaut I de Termonde était déjà, en 1190, l'épouse de Guillaume de Béthune, assertion qui se rappi'oche de celle de Duchesne {Notice sur des monnaies frappées à Termonde, jusqu'à l'avènement de Robert de Béthune au comté de Flandre, Gand 1860, p. 12).
Guillaume-le-Roux mourut, non, comme l'écrit Duchesne, "quelque temps après " 1203, (op. cit., p. 144), mais, suivant Meyerus, en 1213, ou, d'après l'obituaire de la collégiale de Notre-Dame, à Termonde, le X des calendes de Mai (22 Avril) de l'année 1214 (Lindanus, op. cit., p. 21, col. 2). Mathilde de Termonde, sa veuve, décéda le 14 Avril 122i (de Vlaminck, Cartulaire de Vahhaye de Zwyveke -lez -Termonde, p. 9, note 1).
(■^) M. de Vlaminck développe les arguments qui militent en faveur de cette opinion, et invoque surtout les termes de l'acte de 1223, dont nous parlerons tantôt: domum sancti Egidii in Tenremunde temporibus meih factam; par ces mots temporibus meis, Mathilde semble s'attribuer, à l'exclusion de | tout autre, l'honneur de cette fondation, comme ayant été faite du temps
il est certain que cet établissement existait déjà en 1221, puisqu'au mois de Mai de cette année, Matliilde lui donna un pré, connu sous le nom de Bruil, la terre de Ringot et une rente annuelle de dix-huit deniers :
Universa Oliristi negotia mandata litteris tradunfc memorie confirmamentiim. Sciant ergo tam présentes quam futuri quod ego Mathildis, domina Teneremundensis, divino ducta consilio, hospitali fundato in honore sancti Egidii infra Tenremunde, qnoddam pratum quod dicitur Bruil perpetuo concessi...; terram insuper Ringoti, que jacet apud Espt, que per manum meam tenebatur, predicte domui perpetuo dedi liberam, et xviii denarios supra domum ac mansionem Henrici Tedec. Ut autem hoc firmum maneat et inconcussum et robur firmitatis optineat in perpetuum, presentem paginam sigilli mei appensione roboravi. Actum anno gratie m^cc^xx!", primo mensis maii (^).
L'hôpital de Saint-Grilles, desservi par des religieuses, ne tarda pas à changer de destination. La fondatrice en fit une abbaye de femmes, de Tordre de Cîteaux, qu^elle dota largement. L^acte d^ érection est du 11 Octobre 1223; en voici quelques passages :
In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, amen. Sciât universitas tam posterorum quam presentium, quod ego Magthildis, domina de Tenremunde, in spe divine démentie, cultum domns Domini ampliari desiderans, domum sancti Egidii in Tenremunde temporibus meis factam cum suis appenditiis, ad construendam abbatiam sanctimonialium ordinis Cystersiensis libère contuli et approbavi. Eam vero cum suis personis et possessionibus necnon et omnibus bonis, a me vel ab aliis collatis vel in posterum conferendis, sub nostra ego et dilectus filius meus Robertus, necnon et successorum nostrorum protectione
qu'elle possédait seule la seigneurie de Termonde. Si elle avait érigé l'hôpital du vivant de son mari, et de concert avec lui, elle n'eût certes pas négligé de rappeler son souvenir et d'accoler son nom au sien (De stad en de heerlijkheid van Bender monde, iv deel, p. 266).
Dans sa Notice historique sur la ville de Termonde, M. Wytsman dit que l'église primitive de Saint- Gilles fut construite par Mathilde de Termonde, au XII'= siècle (p. 14). L'autem^ n'apportant aucune preuve à l'appui de son dire, nous aimons mieux nous rallier à l'opinion de M. de Vlaminck.
(') DE Vlaminck, De stad en de heerlijkheid van Dcn'lrmionde, iv deel, pp. 266, 267, et Cartulaire de Vahhaye de Zv^yveU-lez-Termoade, pp. 1, 2.
suscepimus... Et ne aliquis predicte domui super hiis violenfciam inferre attemptaverit, présentes litteras sigillorum nostrorum munimine roboravimus... Actum anno Domini millesimo ducentesimo vigesimo tercio, quinto idus octobris Q).
La mutation de l'hôpital de Saint-Gilles en abbaye ne pouvant se faire que du consentement de Pautorité ecclésiastique, Mathilde s'était adressée, au préalable, à Godefroid de Fontaine, évêque de Cambrai, dont la paroisse de Zwyveke relevait au spirituel; le prélat s'empressa d'acquiescer à la demande de la noble dame, par lettres du 18 Août 1223, dont voici la teneur :
In nomine sancte et individiie Trinitatis. Godefridus, Dei gratia Cameracensis episcopus, omnibus hoc scriptum visuris in perpetuum. Notum sit presentibus et futuris quod nos locum, qui dicitur hospi- | taie sancti Egidii, cum omnibus bonis et appertinentiis, que eidem i loco fuerant attollata, ad instantiam nobilis matrone Matildis, domine } de Tenremonde, de prudentium virorum consilio, de religione in devo- ' tiorem religionis usum et commodum commutavimus, facta per viros , discrètes diligenti inquisitione, qui locum et sustentationem ad congregationem colligandam testantur competentem, ut ibidem vel apud " Sueveka edificetur claustrum dominarum Cisterciensis ordinis; sedem autem parochialem, que est apud Suevekam, ad sanctum Egidium transferri concedimus, cum de consilio dicte domine inter provisorem dicti monasterii et presbyterum parochialem convenerit, qui presbyter nomine Walterus cum H[ermanno], persona, huic translationi adhi- , buerit consensum, salvo tamen jure, per omnia, dictum monasterii ' locum cum omnibus que in presentiarum nunc possidet, vel in futurum légitime possidebit, sub nostra deffensione suscepimus et episcopali auctoritate confirmamus. Ut autem hec rata et inconcussa in eternum permaneant, scriptum hoc sigilli nostri appensione roboramus et auctorisamus. Actum apud Sauzois, anno Domini m. ce. xx tercio, menso augusto, feria vi post Assumptionem béate Marie (2).
DE Vlaminck, Cartulaire de Vahhayede Zwyvelce-lez-Termonde, pp. 5, 6. Plusieurs auteurs ont rapporté cette charte de Mathilde de Termonde; on en trouve la liste dans Wauters, Table chronologique des chartes et diplônw. imprimés concernant Vhistoire de la Belgique, tom. m, Bruxelles 1871, p. 598.
(2) DE Vlaminck, De stad en de heerlijkheid van Dendermo7ide, iv deelyij p. 268, et Cartulaire de V abbaye de Zwxjveke-lez-Termonde, pp. 3, 4. •
L'évêque Godefroid ne se contente pas d'approuver la transformation de Fliôpital en abbaye; il autorise encore le transfert du siège paroissial de Zwyveke à Saint-Gilles. Ce détail requiert un mot d^explication.
La grande humidité du sol rendait malsain le séjour de
la maison bâtie par Matliilde; locus multa uligine noxius,
dit Lindanus (^). Dès avant le cbangement de l'hôpital en abbaye, la fondatrice avait conçu le projet d'établir ailleurs la communauté, et de transférer le siège de l'église paroissiale de Zwyveke dans l'église de Saint-Gilles, que les sœurs allaient abandonner (^). L'évêque de Cambrai permet de donner suite à ce projet.
Mais à cette époque, c'est-à-dire en 1223, Mathilde ne paraissait pas encore décidée sur le choix d'un emplacement pour la nouvelle abbaye, vu qu'à sa demande, et par lettres du 19 Octobre 1223, Godefroid chargea les abbés d'Afïlighem et de Ninove et l'archidiacre de Cambrai à Anvers, de se rendre à Zwyveke et d'y chercher un endroit convenable, infra amhitum dicte ijarrochie de Sueveke, pour la construction de l'abbaye (^). Ce fut au Zvjyvehe-Kouter, à l'endroit occupé par l'église paroissiale, que l'abbaye s'établit. Il y eut donc ici un véritable échange de locaux : l'église conventuelle de Saint-Gilles fut érigée en paroissiale et l'église paroissiale transformée en conventuelle.
Ce double transfert ne fut consommé qu'en 1227. Mathilde de Termonde était morte depuis trois ans; ce fut sa sœur Marguerite qui eut l'honneur de terminer cette affaire.
C) Op. cit., p. 57, col. 2.
(^) DE Vlaminck, De stad en de heerUjhheid van Dendermonde, iv deel, p. 268.
(^) DE Vlaminck, op. et tom. cit., p. 269. Le texte des lettres de Godefroid se trouve dans Lindanus, op. cit., p. 57, col. 2, et dans de Vlaminck, Cartvlaire de Valhaye de ZwyveTce-lez-Termonde, pp. 7, 8. Nous suivons toujours le texte de M. de Vlaminck, qui a copié les originaux. Voyez Wauters, Tahle chronologique, etc., tom. m, pp. 598, 599.
Nous lisons dans le livre des privilèges de P abbaye de Zwyveke :
Anno Incarnationis dominicae mccxxiii fundata est abbatia de Teneremunda per nobilem matronam Machtildem, dominam Teneramundensem, sub Godefrido, Cameracensi episcopo. Translata apud Swiveke per nobilem domicellam Margaretam de Teneramunda sub pragdicto Godefrido, Cameracensi episcopo, et sub Hedewige, quse prima abbatissa fuit, anno Incarnationis dominicas mccxxvii, mense aprili (^).
Ducbesne écrit de son côté :
" Laquelle (Mabaut) pour dernière action de sa vie^ et pour marque éternelle de sa pieté^ establit d^ailleurs une Abbaye de Religieuses de l'Ordre de Cisteaux en PEglise de Saint Gilles de Tenremonde, où fut mise pour première Abbesse une Dame nommé Hedwide. Car elle mourut en la mesme année de cette fondation^ qui fut mille deux cens vingttrois^ ou au commencement de l'an mille deux cens vingtquatre. Et après son decés^ Marguerite Damoiselle de Tenremonde transfera ladite Abbaye au lieu nommé ZuidiieJie prés de Tenremonde, avec le consentement de Geofroy Evesque de Cambray son cousin^ qui en approuva le transport au mois d'Aoust de Fan mille deux cens vingt-sept " (^).
Voici le texte des lettres qu'adressa Godefroid à Marguerite de Termonde :
G[odefridus], Bei gratia Cameracensis episcopus, karissime consanguinee sue M[argarete], domicelle de Tenremonde, salutem et sinceram dilectionem. Noveritis quod nos conmutationem illam, quam a nobis requiritis de Tenremondensi abbatia, bénigne concedimus, et hoc egimus apud Hermannum, consanguineum nostrum, qui in pre- ' sentia nostra favorabiliter in hoc ipsum consensit, dummodo jus i matricis ecclesie et patronatus illibatum conservetur, propter quod ! viros venerabiles, Th., archidiaconum Cameracensem in Brabantia, et abbatem Camberonensem, ad partes illas transmisimus in predictis, j vices nostras committentes eisdem, per viros idoneos id acturi, si forte j
(^) DuciiESNE, Histoire généalogique des Maisons de Guines, etc., Preuves, p. 241. — DE Vlaminck, Cartulaire de Vahhaye de ZivyveJce-lez -Termonde, p. 3. (') DucHEsNE, op. cit., pp. 145, 146.
nequiverint, hiis necessariam operam adhibere. Dafcum anno Domini M^ccxx* septimo, feria tercia posfc Assumptionem béate Marie (^).
Les abbés d^Affligliem et de Niuove et Farcliidiacre de Cambrai à Anvers, commissaires nommés par Févêque Godefroid, le 19 Octobre 1223, ne se pressèrent pas de remplir leur mission; ils ne vinrent à Zwyveke qu'au mois de Mai ou de Juin 1228, quatre ans et demi après Tordre reçu, et lorsque déjà le transfert était un fait accompli. Le 2 Juin, ils rendirent compte de leur visite, dans une lettre à Févêque de Cambrai, où nous lisons : locum illum in quo prius erat sedes
parochialisj ad qiiem jam translatum invenimus monasterium dominarum, comperimus aptum et per omnia idoneum ordini. Il ne restait plus à Godefroid qu'à ratifier la chose de son autorité épiscopale, et c'est ce qu'il fit par acte du 14 Juin 1228 (2).
En suite de ce transfert, la paroisse de Zwyveke quitta ce nom, pour prendre celui de Saint-Gilles, qu'elle porte encore aujourd'hui. Lindanus nous l'apprend dans les lignes suivantes, qui offrent en même temps un résumé succinct de toute cette histoire :
Fuerat a prima origine Hospitale S. -^gidio nuncupatum; sed paucis post annis versum est in Cœnobium Ordinis Cisterciensis. Cum autem locus multa uligine noxins videretur; translatum Monasterium in Parochiale Templum Swivecanum : unde Abbatia Swivecana nomen nacta est. Quia vero Pastoratus Swivecanus, cum sacris, in templum ^gidianum translatus est; factum inde, ut pagus mutato nomine, S. ^gidii vocetur, qui ante Swiveca dicebatur. (^)
{}) DE Vlaminck, Cartulaire de Vabhaye de ZwyveTce-lez-Termonde, pp. 14, 15.
(^) DE Vlaminck, De stad en de heerlijkheid van Dendermonde, ivdeel, p. 269, surtout la note 2. — L'acte épiscopal du 14 Juin 1228 peut se lire dans Lindanus, op. cit., pp. 57, 58, et dans de Vlaminck, Cartulaire de Vabhaye de ZwyveTce-lez-Termo7ide, p. 18.
(^) Lindanus, op. cit., p. 57, col. 2. — Voyez aussi la page 67, col. 2, où l'auteur, traitant de la paroisse de Saint-Gilles, répète, en peu de mots, ce qu'il a dit plus haut. D'après Lindanus, le nom de Zwyveke dérive du séjour que les Suèves ont fait en cet endroit : Hic Bwevofi aliquando desedisse, dit-il,
Une partie du territoire de Zwyveke, celle oii se trouve l'église de Saint-Gilles^ fut incorporée dans la ville de Termonde. D'après Lindanus, cette incorporation se fit vers 1233, sous Robert de Béthune, fils et successeur de Mathilde (^); mais M. de Vlaminck prouve fort bien, qu'elle date de l'administration même de cette princesse, et doit conséquemment se placer entre les années 1188 et 1224 (^). Par suite de cette incorporation, la circonscription ecclésiastique de Saint-Gilles s'étend sur une double commune; la partie intra muros relève, au civil, de la ville de Termonde, et la partie rurale forme une commune distincte, celle de Saint-Gilles-lez-Termonde. Il en résulte cette particularité curieuse, que la partie de la paroisse, enclavée dans la ville, a pour patronne du lieu, celle de Termonde, sainte Chrétienne (^), tandis que la partie exU-a muTOs, ou la commune de Saint-Gilles, a pour patron du lieu le saint abbé.
Par acte daté du Câteau-Cambrésis, le 14 Mars 1367, Pierre d'André, évêque de Cambrai, fait connaître que quelques fidèles de Termonde, pour le salut de leurs âmes et de celles de leurs parents et bienfaiteurs, et nommément Gilles van der Vorst, clerc, — ce dernier en expiation du meurtre commis par lui sur la personne de Gilles Cacbtel, prêtre, — ont institué dans l'église paroissiale de Saint-Gilles-lez-Termonde, en l'honneur de Dieu, de la Vierge Marie et de tous les Saints, spécialement de saint Gilles, une cbapellenie perpétuelle, dont le titulaire sera tenu de dire quatre messes par semaine. Pour l'établissement et la dotation de cette chapel-
indicio est antiquum loci nomen, Swevick (ita sœpe in antiquis monimentis) quasi Swevenwyck, id est Swevorum vicus : quem populum has ditiones incolaisse, et tandem a Norniannis ad internecionem cœsum, nemo humanior ijnorat (p. 67, col. 2).
(1) Op. cit., p. 8, col. 2.
(-) De stad en de heerlijkheid van Dendermonde, ii dcel, pp. 32 et suiv., surtout la note de la p. 36.
(•') Voyez, sur sainte Chrétienne, Christiana, patronne de la ville do Termonde, DE Vlaminck, op. cit., tom. i, pp. 12 et suiv.
leuie, ledit Gilles van der Vorst abandonne diverses rentes assignées sur des biens spécifiés dans Tacte :
... unam capellaniam perpetuam in ecclesia parrochiali Sancti Egidii Tenremondensis, nostre diocesis, ad honorem Dei omnipotentis et béate virginis Marie, ejus genifcricis, ac omnium sanctorum suorum et specialiter in honore sancti Egidii, fundare disposuerunt et dotare, cujus qnidem capelîanie capellauum qui pro tempore fuerit ad quatuor missas qualibet septimana onerare voluerunt (^).
L^évêque, en vertu de son autorité ordinaire, approuve et confirme cette fondation^ et amortit, en tant qu'il dépend de lui, les biens y affectés, en les exemptant de toutes impositions et exactions séculières et temporelles (^).
On peut voir un dessin de l'ancienne église de Saint- Gilles sur le plan de Termonde, inséré dans la Flandria illiistrata de Sanderus (^). La tour, bâtie en 1444 (^), est la seule partie de l'ancien édifice, conservée lors de sa reconstruction au siècle passé; elle n'offre rien de remarquable, pas plus que la nouvelle église, bâtiment lourd et sans cachet, dépourvu de toute valeur arcbitecturale (^).
L'autel de la nef droite est dédié à saint Gilles.
Le tableau du maître-autel représente l'entrevue de saint Gilles avec le roi Flavius Wamba, entrevue dans laquelle ce
(^) DE Vlaminck, Cartulaire de l'ahhnye de Zwyveke-lez- Termonde, p. 162.
C*^) L'acte émané de l'évêque Pierre d'André est fort long; il n'occupe pas moins de six pages du cartulaire publié par M. de Vlaminck (pp. 161-167).
(3) Tom. III, Hagœ Comitum 1732, entre les pp. 226 et 227- Ce que Sanderns écrit de l'église de Saint- Grilles, à la page 239 du tome indiqué, est la reproduction littérale du passage de Lindanus, que nous avons rapporté plus haut (p. 213).
C*) Parmi les dépenses renseignées au compte de la ville de 1444, ou trouve la suivante :
Item der kerlcen van Sent Gillis omme te hulpen den torre op te metsene iij lih. gr. (de Vlaminck, op. cit., tom. iv, p. 270, note 1).
Die toren, ten jare 1444 ojpgericht, écrit M. de Vlaminck, is het eenige gedeelte dat hij de herhouwing des tempels, in den loop der 18^ eeuw, hehouden werd. Hij heeft niets opmerkenswaardigs, evenmin als de Tcerk zelve. Deze is een lom/p gehouiv, zonder smaak noch kunstgevoel aangelegd, eene oprechte schuur. Het inwendige is netjes en lachend opgesmukt. (Op. cit., tom. iv, p. 270.)
monarque, touché des vertus du pieux solitaire, lui fit don de la vallée Flavienne, pour y bâtir un monastère (^). Cette toile est due au pinceau du termondois François Verras, qui F exécuta en 1859.
L'église possède en outre un vitrail, confectionné à Lennick, en 1871, par la maison Oitmann, et sur lequel figurent saint Gilles et saint Rocli.
Avant 1 793, il y avait annuellement, à la fête de saint ; Gilles, un assez grand concours de monde; on invoquait le | Saint dans les maladies des chevaux et des bêtes à cornes. Ce concours a cessé.
L'oflâce n'offre aucune particularité liturgique (^).
Il existait jadis, à la paroisse, deux gildes de Farc-à-main, Fune érigée sous le vocable de saint Gilles, l'autre sous le patronage de saint Sébastien. La première était beaucoup plus ancienne que la seconde. L'acte d'érection de la chapellenie de saint Gilles, daté du 14 Mars 1367, nous apprend que cette gilde avait son siège dans l'église paroissiale, et était régie par les marguilliers; elle possédait, en commun avec la fabrique, diverses rentes, dont elle se dessaisit en faveur de ; la nouvelle chapellenie :
... Item Johannes, curatus ecclesie Beati Egidii, juxta Tenremondam,... Gosuinus Buse, Petrus de Ameyde et Johannes de Lebbeke, \ rectores tune temporis fabrice dicte ecclesie Sancti Egidii, juxta Tenremondam, ac confraternitatis Sancti Egidii in eadem,.... transportaverunt in augmentationem dicte capellanie redditus quosdam perpétues dicte | confraternitati ac fabrice meraorate plenarius attinentes.... P)
Q) Nons tenons ce renseignement de M. le curé Beeckman. M. de Vlaminck dit que le sujet du tableau est la mort de saint Gilles (De stad en de heerlijkheid van Dendermonde, iv deel, p. 270). N'ayant pas vu la toile, nous ne pouvons dire de quel côté se trouve l'erreur.
(2) Pour éviter les redites, nous no parlerons plus désormais de l'oflBice, quand celui-ci est de Communi Abbatum, avec la leçon du Bréviaire romain, comme c'est ici le cas.
(•^) DE Vlaminck, Cartulaire de Vabbaye de Zwyveke-lez-Termonde, p.l65. L'auteur fait observer que la gilde de saint Gilles " peut, sans contredit, être considérée comme une des plus anciennes de la Flandre, si riche en associations de ce genre. " (Op. cit., p. 165, en note.)
A la demande des confrères, Pliilippe-le-Bon accorda à la gilde de saint Gilles des lettres de confirmation, datées du 12 Septembre 1465, et lui octroya des statuts, divisés en 9 articles.
Dans l'origine, la gilde ne recevait aucun subside de la ville de Termonde; ce ne fut guère qu'à partir de 1522, qu'elle obtint une pension fixe de 6 gros par semaine. Les comptes communaux de 1522 et de 1526 en font foi :
Betaelt der guide van sent Gillijs van twee en vijftich zondaghen dat zij schieten tusschen doelen, elcJien zondach vi gr., comt XXVI s. gr.
Bientôt, grâce aux ressources obtenues de la commune, la gilde put prendre part aux concours de tir et figurer en corps dans les processions et autres cérémonies publiques.
Sous prétexte que l'existence simultanée des gildes de saint Gilles et de saint Sébastien était une source de discorde, l'empereur Cbarles-Quint, par ses lettres du 25 Août 1542, les fusionna sous le titre de Gilde de saint Sébastien. La gilde de saint Gilles protesta, mais en vain; la reine de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas, à qui elle s'était adressée^ pour obtenir que tout au moins son nom pût survivre et demeurer accolé à celui de la gilde de saint Sébastien, rejeta sa demande, et, par décision du 12 Avril 1543, fit urger la stricte exécution du décret impérial. La gilde ne se découragea pas; elle s'adressa à l'empereur lui-même, qui se laissa flécliir, et accorda, le 10 Mai 1546, un nouveau règlement aux gildes fusionnées, règlement où la nouvelle association est expressément reconnue sous le titre de Gilde de saint Sébastien et de saint Gilles.
Le local de l'ancienne gilde de saint Gilles était situé derrière l'église de ce nom, et s'appelait S^ Gillishof. Quelque temps après la fusion des gildes, l'association vendit l'ancien S^ Sebastiaenshof, dans la Dykstraet, et vint se fixer dans le S^ Gillishof] qui dès lors prit le nom de S^ Sebastiaenshof. La gilde de saint Sébastien a survécu à la révolution française;
rétablie en 1805, elle obtint, le 21 Octobre 1829, du roi Guillaume I"', le titre de Société royale, qui lui fut maintenu par le roi Léopold I", le 14 Janvier 1835. La Société a son local hors de la porte d'Eau, sur le territoire de Grembergen; le comte de Flandre en est président d'bonneur, depuis 1850 (^).
Une des rues de Termonde, la rue de Bruxelles {Brusselsche straet), qui s'étend entre la Vriezenbriig et la porte de Bruxelles, partie sur le territoire de la paroisse de Saint-Gilles, et partie sur celui de Péglise de Notre-Dame, à Termonde, s'appela, jusqu'à la fin du dernier siècle, la rue de Saint-Gilles [Sint-Gillisstraet). L'incorporation dans l'enceinte de Termonde d'une partie de Zwyveke, incorporation qui, très-probablement, était déjà effectuée en 1223, et l'érection, à peu près simultanée, de l'hospice de Saint-Gilles, expliquent l'origine de la dénomination précitée. L'église de Saint-Gilles se trouve dans la rue de Bruxelles (^).
m. - SAINT-GILLES (WAES) (^).
" Saint-Gilles, dit M. Siret, est d'origine très-ancienne, mais nous ignorons quel nom portait cette localité, avant que le nom actuel lui fut donné (*)... Des indices certains consta-
{}) DE Vlaminck, De stad en de heerlijkheid van Dendermonde, iv deel, pp. 313 et suiv.
(^) DE Vlaminck, op. et tom. cit., p. 264.
(^) Voyez, sur cette commune. Van den Bogaerde, H'^t distrikt St. Nil-r>laas, voorheen Land van Waes, St. Nikolaas 1825, m deel, pp. 184 et suiv. Item Siret, Le Pays de WaaSy dans les Annales de la Société royale des Beau - Arts et de Littérature de Gand. La monographie de Saint-Gilles se trouv au tome xii des Annales (1869-72), pp. 220 et suiv. Le travail do M. Siret a <'i traduit en flamand par ïïolluyn, instituteur communal à Saint-Nicolas, ' publié, en un beau volume in-8, sous ce titre : Het Land van Waas, d<- Adolf Siret, Sint Nikolaas 1870. Voyez sur Saint-Gilles, pp. 151 et suiv. - Consultez aussi De Potter et Broeckaert, Geschiedenis van de Gemeenten do Provincie Oost-Vlaanderen, xxiv deel, Gcnt 1878, St. Gillis. Cette monographie, la dernière du volume, a, comme toutes les autres, une pagination distincte.
C) Le Pays de Waas, loc. cit., p. 220. — Het Land van Waas, p. 151.
tent la haute antiquité du groupe de civilisation^ qui s'est établi là. Nous y reu controns des traces^ sinon d'habitations Grermano-Belges ou Cimbriques, du moins des individus de cette époque. En outre, des documents du moyen-âge nous permettent de penser que la localité n'était pas sans importance " (1).
L'auteur parle ensuite longuement du cimetière celte découvert à Saint-Gilles, au mois de Mai 1856, et des antiquités mises au jour à cette occasion (^). Il termine en disant: Voilà donc prouvée, à S* Gilles, l'existence d'un cimetière,... qui est certainement antérieur de quelques siècles à l'occupation romaine. Il y avait là, évidemment, une peuplade assez nombreuse, s'il est permis d'en juger par la quantité de vases funéraires trouvés sur un espace relativement restreint" (^). Les urnes funéraires découvertes, en Février 1868, dans le champ voisin de celui qui fut fouillé en 1856, ont mis hors de doute l'existence d'un cimetière de Belges primitifs sur le territoire de Saint-Gilles (^).
Au dire de M. Siret, l'abbaye de Tronchiennes avait une succursale à Saint-Gilles, au lieu dit Kemphoeh, près de l'endroit nommé Papenput; ravagée par les barbares, vers l'an 883, la maison, d'après cet auteur, aurait été relevée de ses ruines par le comte Baudouin -le -Chauve (^).
M. Siret énumère, par ordre chronologique, les documents les plus anciens, qui se rapportent à l'histoire de Saint- Gilles (^); ces documents sont tous du XII'^ siècle, sauf le dernier qui est de 1201, mais le nom de Saint-Gilles n'y figure pas encore. En revanche, on y rencontre souvent le nom de Gusforda, et à ce propos M. Siref écrit :
(0 Le Pays de Waas, loc. cit., p. 224. — Het Land van Waas, p. 154.
{') Id., pp. 225-232. — Het Land van Waas, pp. 154-160.
(') Id., p. 232. — Het Land van Waas, p. 160.
(^) Id., pp. 232, 233. — Het Land van Waas, pp. 160, ISI.
Id., p. 234. — Het Land van Waas, p. 161. (') Id., p. 234, 235. — Het Land van Waas, pp. 161, 162.
Dans nos reclierclies pour découvrir tout ce qui était relatif à l'existence du village de Gilles et des faits qui le concernent, nous avons été vivement intrigué de rencontrer un nom qui a disparu et dont aucune trace ne paraît être restée dans la mémoire des traditions locales. Le lecteur a remarqué, dans les indications qui précèdent, le nom de Gusforda, qui s^écrit tantôt Cosfort, Coesfort, puis enfin Koevoord. Tantôt ce nom s^applique à une chapelle, à une maison de la Vierge, à un prieuré, puis enfin à un cours d'eau. Le dernier document qui cite ce nom est celui de 120L
*^ Nous croyons que ce nom, aujourd'hui complètement inconnu à S* Gilles, s'applique à une chapelle qui a précédé rétablissement du couvent des Prémontrés ressortissant de Tronchiennes, couvent qui se trouvait placé à l'endroit dit Kemphoelc, et où existe aujourd'hui un bâtiment divisé en deux demeures et appelé la Maison des Templiers.
Les archives de l'ancienne abbaye de Tronchiennes ne sont pas encore découvertes. Si tant est qu'elles existent encore, elles nous donneront le mot de l'énigme " (^).
Ce que dit M. Siret a besoin de quelques rectifications, qui nous mettront sur la voie pour découvrir l'origine di culte de saint Gilles dans la paroisse de ce nom.
Faisons observer tout d'abord, que M. Siret applique à h prétendue succursale de l'abbaye de Tronchiennes, à Saint Gilles, ce qui regarde cette abbaye elle-même. C'est en effe cette dernière maison, qui fut détruite par les Normands, S] 883, et relevée de ses ruines, l'année suivante, par le comte Bau douin-le- Chauve: Anno 883, dit Sanderus, Normanni hiemaruri\ in Gandavo; et Montusterium B. Mariée^ quod dicitur Trunchv niuTïij destruxerunt et incenderunt. Anno vero 884, ut moni menta ejusdem monasterii hahent, quod a Normannis dirutu craty instauratum est a Balduino Calvo Flandriœ Comité ('
(') Le Pays de Waas, loc. cit., p. 235 sq. — Het Land van Waas, p. 162 e!^' (2) Flandria illustrata, tom. i, Hagao Comitum 1732, p. 308. — Continua à parler de la soi-disant succursale de Tronchiennes, M. Siret écrit : " D'.'i
La date de 883, assignée par M. Siret, ne peut donc nullement servir à constater Inexistence, à cette époque, d^une maison religieuse quelconque sur le territoire de la paroisse actuelle de Saint-Gilles. Il y eut là, c'est vrai, et de bonne heure, un monastère, mais celui-ci n'était pas, comme le prétend M. Siret, une succursale de l'abbaye des Prémontrés de TroncHennes; il relevait de l'abbaye bénédictine de Saint- Pierre, à Gand. Ecoutons plutôt Van den Bogaerde :
De graaf van Vlaanderen was heer van St. Gillis; in deszelfs heerlijkheid bestonden voortijds de heerlijkheid en hof van Cluysen, welke bij uitstek oud waren; dit hof was weleer een lusthof, het behoorde aan de abdij van St. Pieters en releveerde van St. Pieters leenhof, nevens Gent, en oefende aile regt uit; volgens Duchesne had Diederik van Aalst, zoon van Ivan en van Laurette van Ylaanderen, op den feestdag van St. Guduwald in 1160, aan de monniken van het hids van Cluijsen, dat waarschijnlijk eene volksplanting van dit klooster van St. Pieters was, 160 bunderen land geschonken, welke aldaar lagen tusschen den weg naar het Kalf en Wolfsput, Kluysgaver, Houlent geheten, tôt aan Heyntbeke en den waterloop Koevoord {^).
L'ouvrage d'André Duchesne, auquel renvoie Yan den Bogaerde, sans le citer {^), est Y Histoire généalogique des
très disent que le convent de Tronchiennes fut fondé par des Prémontrés, venus du couvent dévasté de 8^ Gilles''' (op. cit., p. 234). Cette opinion est de tout point inadmissible. Personne n'ignore que le couvent de Tronchiennes doit son origine à saint Amand, qui, vers 633, établit près de l'église, fondée en cet endroit par saint Basin, une communauté de chanoines, c'est-à-dire, de clercs menant la vie commune (Sanderus, Flandria illustrata, tom. cit., p. 308). Cette maison n'embrassa la règle de Prémontré qu'en 1138, et c'est alors seulement qu'elle fut élevée au rang d'abbaye (Id., p. 309). Comment d'ailleurs des Prémontrés de Saint-Gilles seraient-ils venus fonder le couvent de Tronchiennes, après la dévastation de leur monastère en 883, puisque, à cette époque, l'ordre de Prémontré n'existait pas; plus de deux siècles encore devaient s'écouler avant l'institution de cet ordre par saint Norbert, en 1120. (^) Het distriU St. Nikolaas, lu deel, pp. 191, 192.
(^) Les travaux généalogiques de Duchesne sur les maisons seigneuriales de France et de Flandre comprennent sept volumes, publiés à des époques diverses et sous des titres différents (Brunet, Manuel du libraire et de V amateur des livres, tom. ii, 1'^ part., Paris 1861, coll. 856, 857). Il importe dès lors, quand on invoque le témoignage de cet auteur, de citer celui de ses volumes qu'on met à contribution.
Maisons Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy Q). Parlant de Thierri de Gand^ seigneur d'Alost^ petit-fils, par sa mère, du comte de Flandre Thierri d'Alsace, Duchesne écrit : Ce Thierry dit d'Alost estant à Cluse Fan mille cent soixante, fist quelques dons à TEglise du lieu, qui dependoit de l'Abbaye de Saint Pierre de Grand. (^) L'auteur insère le texte de cette donation dans les Preuves de VHistoire des Maisons de Guines, d^Ardres, etc., et dit l'avoir extrait du cartulaire de la susdite abbaye. Nous y lisons:
Ego Theodorieus de Alost... donavi Deo et perpétuas Yirgini ad domum qiiae dicitur Clusa in perpetuam possessionem de moro (^) meo centum et quinquaginta bonaria inter viam qu^e ducit versus Calf et quendam locum qui dicitur Voulffputthe ("*), iacentia, et abinde totum {Jlusgavere quod dicitur Houlent usque ad Heinsehehe, et ad rivulum qui €oefforde nominatur.... Actum anno Verbi incarnati mclx. in festivitate S. Guduwali apud Clusam p).
Ainsi donc, en 1160, il y avait sur le territoire actuel de Saint-Gilles une maison religieuse, dite Clusa, dépendant de l'abbaye de Saint-Pierre, à Gand. Or, nous croyons, jusqu'à preuve du contraire, que cet établissement n'est autre que la domus Beatœ Mariœ de Gosford, à laquelle le comte de Flandre Philippe d^ Alsace fit plusieurs donations, en 1171, 1172 et 1183; ce qui revient à dire, que Clusa et la maison de la Vierge, à Cusforda, sont une seule et même institution.
Extrayons quelques ligues des chartes de Philippe d'Alsace :
Ego Philippus Dei gratia Flandrensis ac Virmandensis cornes,... dedi aliquantulum terre mee, cuius donationis positio hiis terminis
Q) Paris, Sébastien Cramoisy, 1631.
(2) P. 127, et non p. 27, comme écrit par erreur Van den Bogaerde, et, après Ini, Siret (op. cit., p. 234).
(•*) MoRA, MORUS, locus palustHs, aquaticus... Gall. Marais... Flandris Moer et Moeren. Hinc dictos Morinos plerique censent populos Galliœ, scilicet a(' Oceanum Britannicwn, quod palustres regiones incolerent, ut sunt Flandrenscs- (Du Cange, Glossarium, tom. iv, Parisiis 1733, col. 1033, v'* Mora, Morus.)
(^) Duchesne a tronqué ce nom; lisez Wulfsputte (fossé aux loups).
(■'') Pp. 220, 221. Les Preuves forment un volume à pagination distincte, pkicc à la suite de VHistoire généalogique.
coartatnr : a via videlicet que Lancdam dicifcur secus Cacnstolegaycr et totum Oosvelt et morum usque ad viam que ducit versus Calf, ad nsus monachorum Deo et heate Marie in ecclesia Gosforde servlentiwm,...., Actum anno Domini incarnationis mclxxi° {}).
Ego Philippus Flandrie et Yiromandie cornes notum esse volo tam posteris quam modernis, quod veneràbili domui heate Marie de Cosford vigiuti solides Flandrensis monete ad honorem Dei et sancte Marie pro sainte mea et predecessorum meorum in perpetuum tradiderim.... Actum est hoc Bruge anno mclxxii" {^).
Ego Philippus Dei gratia Flandrie et Yiromandie cames notum esse volo omnibus tam futuris quam presentibus, quod veneràbili domui béate Marie de Cosford in elemosina tradiderim.... domum quamdam ex silva mea ibidem edificatam in perpetuum possidendam. Donavi etiam ibi Deo servientibus terram maris, inter Ossenesse et Guntenesse iacentem, que Werpelant sive Sant vocatur.... Actum anno dominiee incarnationis mclxxxiii" {^).
Cette dernière charte de Philippe d'Alsace se trouve dans Mirasus {^), sous Ten-tête suivant :
Philippus Alsatius, Gomes Flandriœ, henefacit, anno 1183, Ecclesice Beatœ Mariœ de Goesvoorde in Wasia, quœ hodie destructa est.
A la suite de l'acte, on lit cette note :
Ex siiperiore Diplomate Philippi Alsatii, apparet illic olim fuisse qiwsdajm Deo servientes, sive Gommunitatem Religiosam. Ast equidem parochia hœc jam pridem destructa sive ahsorpta est : ac pro ea Abbas S. Pétri cum Gapitulo Gathedrali Tornacensi prcesentat alternatim ad Ecdesiam S. jEgidii in Wasia (^).
(^) Van Lokeren, Chartes et documents de Vdbhaye de Saint-Pierre, au mont Blaiidin, à Gand, depuis sa fondation jusqu''à sa suppression, tom. i, Gand 1868-69, 180. — De Potter et Broeckaert, Geschiedenis van de Gemeenten der Provincie Oost-Vlaanderen, xxiv deel, Bt.-Gillis, p. 44, note 1.
(-) Van Lokeren, op. et tom. cit., 181. — De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., p. 44, note 2.
(^) Van Lokeren, op. et tom. cit., n° 188. — De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., p. 44, note 3.
(■*) MiR.EUS, Opéra diplomatica, tom. iv, Bruxellis 1748, p. 213.
(•') MIR.EUS, op. et tom. cit., p. 214.
La chapelle de Cnsforda appartenait à Tabbaye de Saint- Pierre depuis Tannée 1123, date à laquelle Simon, évêque de Tournai et Noyon, lui en avait assuré la possession Preterea, dit le prélat, capellam de Gusforda, qui locus tamquam heremitalis et soUtarius est, tihi (Pabbé de Saint-Pierre) tuisqiie successoribus omnino liberam in perpetuum concedimus (^),
Mirasus donne l'acte de donation de Févêque Simon {^); le résumé, mis en tête de la pièce, porte : ... Capellam de Goefvoorda, qnœ hodie est Parochia S. ^gidii in Wasia. Simon, déjà cité, et Gérard, évoques de Tournai, confirmèrent, le premier, en 1140 (^), le second en 1150 (*), l'abbaye de Saint- Pierre dans la possession de l'autel de Calsforde ou de Coesforde
Remarquons, dans l'acte émané de l' évêque Simon en 1123, les mots : ... qui locus tamquam heremitalis et solita- Rius est, et rapprocbons-les de Gliisa, Cluyse, Cluysenhof, termes qui signifient un ermitage, une solitude; l'analogie est si frappante qu'elle ne laisse aucun doute sur la vérité de notre assertion, à savoir que Gosford, Gusforda, Goefforde, et le Cluysenhof désignent la même institution monastique (^).
{}) Van Lokeren, op. et tom. cit., n° 201. — De Potter et Broeckaert, op. et tom. cit., p. 41, note 1.
(^) MiR/EUS, Opéra diplomatica, tom. iv, p. 358.
(^) MiR/Eus, op. cit., tom. ii, Lovanii 1723, p. 967- MiR/Eus, op. cit., tom. m, Bruxellis 1734, p. 48.
(^) L'acte de 1140 porte altare de Calsforde; celui de 1150, altare de Coesforde.
(®) Ces lignes étaient écrites lorsque MM. De Potter et Broeckaert publièrent leur monographie de Saint-Gilles (Wacs). Nous avons été heureux do constater que ces auteurs, adoptant nos conclusions, voient dans Cusforda et } Clusa deux dénominations désignant le même établissement, savoir un prieure de Bénédictins, dépendant de l'abbaye de Saint-Pierre, à Gand.
Oppervlakkig ingezien, — écrivent ces historiens, — zouden de er toe he- ^ trelckelijke oorkonden kunnen doerv gelooven dat Cusforde en de Kluize twee on- | derscheidene inrichtingen waren; wanneer men er eenigszins over nadenkt moet men echter aannemen dat er in hedoelde stukken enkel sprake kan zijn van éene kloostervereeniging.
Bewijzen tôt staving onzer meening kunnen loij niet aanvoeren, doch zijn die wel noodig f De oorkonden... hetoonen klaar dat, hetzij ze spreken van Cusforde
Cela posé, notre tâclie devient facile. Tout le monde sait que Tordre de Saint-Benoît revendique saint Gilles comme une de ses gloires, et nous n^ hésitons pas à dire, que le culte du saint abbé fut introduit dans la localité, qui aujourd'hui porte son nom, par les moines bénédictins du Ghiyzenhof. Qui sait même si le locus heremitalis et solitarius, ovl fut fondée cette maison, et qui rappelait la solitude de la vallée Flavienne, sanctifiée par Tillustre anachorète, n'aura pas été pour quelque chose dans les honneurs rendus au saint abbé, et dans le choix qu'on fit de lui comme patron ? Peu à peu la solitude se peupla, des habitations vinrent se grouper autour du monastère, une paroisse se forma, et l'on vit s'élever une église sous le vocable de saint Grilles. Sans prétendre donner à cette supposition le caractère de la certitude, nous la croyons assez fondée pour trouver grâce devant une critique même rigoureuse. Ajoutons que jusqu'à la fin du siècle passé, la cure de Saint- Grilles (Waes) et la chapellenie annexée à l'autel de
0/ van de Kluize, hier eene priorij ivas, onder 't gezag der Gentsche St.-Pietersahdij.Is het xvel denTchaar, dat dit sticht in éene gemeente, omirent op denzelfden tijd, en, daarenloven, op éene en dezelfde wijk, twee priorijen onder gelijlce aanroeping en titel zou hehhen tôt stand gehracht î De waag stellen is onzer dachtens haar oplossen (Geschiedenis van de Gemeenten der Provincie Oost- Vlaanderen, xxiv deel, 8t.-Gillis, p. 40).
L'endroit où fut fondée cette maison, pent-être le ruisseau qui arrosait le terrain, aura fait donner à l'institution le nom de Cusforda; celui de Clusa, qui nous remet dans la pensée le locus... heremitalis et solitarius, dont parle l'évêque Simon de Tom-nai, porte à croire que, dans l'origine, ce lieu n'était qu'un ermitage, habité par un ou plusieurs solitaires.
MM. De Potter et Broeckaert consacrent un long paragraphe à l'histoire de ce prieuré, qu'ils nomment : Klooster van 0. L. Vrouw van Cusforde, hijgenaamd de KlvAze (op. et tom. cit., 8t.-Gillis, pp. 40 et suiv.). Ils font observer que jusqu'à la fin du XII*^ siècle, cet établissement ne porte guère, dans les chartes, d'autre nom que celui de Notre-Dame de Cusforda, mais qu'à dater de cette époque, ce nom tend à disparaître pour faire place à celui do Notre- Dame ter Clusen ou de l'Ermitage (op. et tom. cit., pp. 45, 46). Le prieuré n'existait probablement plus en 1560 (p. 47)- La chapelle, dite Cluysencapelle, resta debout, et demeura affectée au culte jusqu'à la fin du siècle passéj nous la voyons figurer encore sur un plan de 1769, provenant des anciennes archives de l'abbaye de Saint-Pierre. Cet oratoire fut démoli il y a un demi-siècle (PP-47, 48).
ce Saint dans Féglise paroissiale^ étaient à la collation alternative de Fabbé de Saint-Pierre, à Gand, et de l'évêque, — d^autres disent du chapitre de la cathédrale, — de Tournai (^). Ce double droit trouve sa raison d^être dans ce qui précède et ajoute un nouveau poids à notre assertion.
Le plus ancien document connu oii figure le nom de Saint-Gilles (Waes), est un acte en date du mois de Juillet 1239, par lequel Walter de Marvis, évêque de Tournai, ter- î mine le différend qui s'était élevé entre ce prélat et Fabbaye de Saint-Pierre, à Gand, au sujet du droit de patronage sur les églises de Saint- Gilles, de Kemseke, de Saint-Paul et de Vrac en e :
Waltheras Dei gratia Tornacensis episcopus, universis présentes , litteras inspecturis salutem in Domino. Noverit universitas vestra, quod cum controversia haberetur inter Wos et dilectos nostros reverendum abbatem et conventum sancti Pétri Gandensis super jure patronatus ecclesise Sancti ^gidii et ejus pertinentiis,... ita cum ipsis convenimus, quod jus patronatus et décimée ad jus patronatus pertinentes in ecclesia sancti ^gidii, videHcet tertia gerba, a Nobis et ipsis communiter haberetur, salva portione competenti presbytero deser- ' vienti ibidem. Et ita quod prasdictam ecclesiam sancti ^gidii cum vacaverit, vicissim Nos et ipsi abbas et conventus conferemus : sed ipsi prima vice.
In eu jus rei testimonium et etiam firmitatem, présentes litteras i sigilli nostri munimine fecimus roborari. Datum anno domini mccxxxix" mense juHo, feria v ante divisionem Apostolorum (^).
L'église de Saint-Gilles fut réduite en cendres par les Gueux en 1570 (^), et rebâtie du produit des impôts autorisés par divers octrois d'Albert et d'Isabelle. Le premier de ces
(^) Sanderus, Flandria illustrata, tom. i, Hagse Comitum 1732, p. 260, col. 2. — Mir.î:us, Opéra diplomatica, tom. iv, p. 214. — De Bussciier, L'ahhaye de Saint-Pierre à Gand, Gand 1867, p. 121.
(1) Van Lokeren, op. cit., tom. t, n"269. — De Potter et Broeckaeet, Geschiedenis van de Gemeenten der Provincie Oost-Vlaanderen, xxvi dcel, Gent 1879, St.-Pauwels, pp. 30, 31, note 1; xxiv deel, St.-Gillis, p. 29.
(2) Sireï, Le Pays de Waas, pp. 235, 240. — Met Landvan Waas, 16-, 166. — Van den Bogaekde, llet dintrikt St. Nikolaas, m deel, p. 189.
octrois est daté du 28 Janvier 1608; il permet aux cure, luarguilliers, majeurs et éolievins de Saint-Gilles de lever un florin sur chaque tonneau de bière, pour la reconstruction de l'église. Cet octroi fut renouvelé par les mêmes princes, et chaque fois pour le terme de trois ans, en 1614, 1617, 1620, et par le roi Philippe IV, en 1623 (^). L^octroi de 1614 permet aussi de lever un daelder sur chaque pièce de vin (^) .
L'ancienne église, dont M. Siret fixe l'achèvement en 1614 (^), n'avait rien qui méritât de fixer l'attention; cet auteur la qualifiait, en 1869, de monument insignifiant, que condamnent son insuffisance et, dans quelques parties, son état de délabrement " (*). Elle fut démolie, dans le courant de l'année 1872, pour faire place à un édifice en style du XIII*^ siècle, construit sur les plans de l'architecte De Perre-Montigny, à Gand. La première pierre de la nouvelle église fut posée, le 29 Octobre 1873, au nom de Mgr. Henri Bracq, évêqûe de Gand, par M. A. Vermeersch, curé-doyen de Saint- Nicolas.
Les travaux de construction avaient été adjugés, le 3 Avril 1872, à deux entrepreneurs de Gand, MM. Migom et Eamont, pour la somme de deux cent quarante-sept mille francs, sans compter la valeur des anciens matériaux. Des difficultés ayant surgi, la fabrique obtint du Gouvernement la permission de construire en régie; M. Stocquart, le digne curé de la paroisse, dont la courageuse initiative et les efforts persévérants ont contribué, dans une si large mesure, à doter
(^) Siret, Le Paijs de Waas, p. 224. — Van dbn Bogaerde, Ret distrikt St. Nikolaas, ni deel, p. 189. — De Potter et Broeckaert, op. cit., tom. xxiv, St.Gillis, pp. 29, 30.
O Vax den Bogaerde, op. et tom. cit., p. 189.
(^) Siret, op. cit., p. 240. — Eet Land van Waas, p. 166.
(^) Siret, op. cit., p. 240. " La sacristie actuelle seule, ajoute M. Siret, nous paraît avoir été préservée (de la destruction de l'édifice par les gueux); elle porte le cachet d'une antiquité relative. Le reste est une construction plus ou moins moderne, que rien ne recommande à l'attention des curieux... " — Uet Land van Waas, p. 166.
Saint- Gilles de sa magnifique église^ prit sur lui de présider aux travaux, et s'acquitta de cette tâche, aussi ingrate que difficile, à la satisfaction de tous (^). L'année 1876 vit Paclièvement de l'édifice (^).
Il j avait, dans la nef droite de l'ancienne église, un autel dédié à saint Grilles; cet autel, en style moderne, était orné, à hauteur du tabernacle, d'une statue du Saint en habit religieux. Nous avons parlé tantôt de la chapellenie attachée à cet autel. La nouvelle église renferme également un autel sous le vocable du saint patron.
On voit sous la chaire de vérité une statue de saint Gilles, en bois sculpté, avec la crosse et la chape; c'est une œuvre de mérite, due au ciseau du célèbre artiste malinois Théodore Verhaegen (1701 f 1759).
Lorsque Van den Bogaerde publia son livre, en 1825, Féglise de Saint-Gilles possédait deux tableaux représentant des épisodes de la vie de son patron. Le premier et le plus remarquable est ainsi décrit par l'auteur :
In de herh te 8t. Gillis hangt een aantal van 13 schilderijen, onder welke eene, St. Egidius verheeldende, merkwaardig isy uit 6 jiguren met paarden en honden zamengesteld, ter hoogte van 2 ellen 4 ])almen 9 duimen en ter breedte van 2
(') Malgré des travaux qui absorbaient tous ses instants, M. Stocquart s'est empressé de répondre à notre questionnaire; par lettres du 18 Juillet 1871 et du 29 Décembre 1874, il nous a transmis sur la nouvelle et Tancienne église de Saint-Gilles de nombreux détails, que nous avons été heureux d'utiliser, et dont nous le remercions vivement.
(2) De nieuwe kerk van St. Crillis, — écrivaient MM. De Potter et Broeckaert, en 1878, — is een gehouiv, dat wel in eene stad mocht 'prijken. Zij is in den spitshogen siijl, huitengeivoon groot voor eenen dorpstempel, met drie beuken en eenen kruisheuk, en gemaakt volgens de teekening van De Perre-Montigny. Mcn hegon aan den houw ten jare 1873, en hij was voltooid in 1876, ter uitzonderiu j der hooge torenspits, welke nog gemaakt moet worden.
De middelbeuk treft door zijne grootsche verhoudingen. Het kruis der kerk is lang 31 meters, de zijbeuken meten 11 meters, de middelheuk 10 meters; de geheele lengte des tempels hedraagt 67 meters. Er zyn drie altaren, toegewijd 8t. Gillis, 0. L. Vrouw en den H. Rochus (op. cit., tom. xxiv, St.-GiUi'^,
elleii; dezelve draagt de Imnsttrekhen van Oeerard Seghers of van ThuldeUy naar den trant van Bubens, en heeft twee deuren (^).
M. Siret mentionne aussi cette œuvre d'art, mais il en fait honneur au fameux peintre gantois Nicolas Liemaecker : " M. Van den Bogaerde^ dit-il, parle du tableau principal, un Saint Égide, qu'il attribue à Gérard Zegers ou à Van Thulden. C^est une erreur : cette toile, qui est une belle composition et une noble peinture, est de Liemakere, dit Eoose (~), et vaut la peine d^être soignée et conservée. Les deux volets dont parle Van den Bogaerde, n^y sont plus, à moins que ce ne soient les deux S* Sébastien accrocbés à deux endroits différents de Téglise, ce qui est probable, quoiqu'ils ne paraissent pas sortis de la main de Liemakere'' (^).
Le second tableau signalé par Van den Bogaerde, est une toile du gantois Antoine van den Heuvele, peintre estimé, décédé en 1677 : 8t. Egidius, uit verscheidene levensgrootte heelden zamengesteld, door A. van den Heuvel, hoog 3 ellen 2 palmen, ter hreedte van 2 ellen S palmen (^).
Q) Het distriU St. Niholaas, i deel, p. 358.
Un inventaire officiel, dressé en 1777, mentionne ce tableau, qne MM. De Potter et Broeckaert décrivent en ces termes : 8t. Qillis, in het woud, hezocht door den koning van Frankrijh en zijn gevolg, met paarden en honden (op. et tom. cit., St.-Gillis, p. 30).
(') Nicolas Liemaecker, dit Pvoose (1575 f 1646), élève de Marc Geeraerts et d'Otto Venins, était un peintre de mérite, dont les productions sont fort estimées. Les églises de Gand, ville natale de l'artiste, possèdent un grand nombre de ses œuvres; l'une des plus remarquables, représentant les anges rebelles terrassés par l'archange saint Michel, orne l'autel de la chapelle de Saint-Michel, dans l'église paroissiale de Saint-Nicolas. Une anecdote, qui fait le plus grand honneur à Liemaecker, se rattache à cette toile. La gilde des Escrimeurs ou de saint Michel, profitant de la présence de Rubens à Gand, avait prié le grand artiste de peindre ce tableau pour leur chapelle. Rubens, ami et admirateur du talent de Liemaecker, conseilla aux membres de la gilde de recourir au pinceau de Roose. Faisant allusion au surnom de l'artiste, " Messieurs, dit-il, quand on possède une rose si belle, on peut bien se passer de flexirs étrangères ".
("^) Le Pays de Waas, loc. cit., pp. 21-0, 241. — Het Land van Waas, pp. 166, 167.
(*) Het distriM St. Nikolaas, deel, p. 359.
M. Siret ne parle pas de ce tableau, et fait observer que l'église de Saint-Gilles ne renferme plus que quatre des treize tableaux, dont elle était décorée en 1825 (^).
La relation de la visite décanale de 1623 signale la fondation d'un salut, à célébrer en Tlionneur de saint Gilles, aux fêtes d'obligation; cette fondation, ainsi que plusieurs autres, était due à la générosité d'une pieuse paroissienne, nommée Anne Sanders. A la même époque, il existait dans l'église quatre confréries, dont une de saint Gilles (^).
Les reliques de saint Gilles sont spécialement vénérées des fidèles, le jour de la fête patronale et pendant l'octave. Quand ces reliques sont exposées dans l'église ou portées en procession, on les fixe dans un porte-reliquaire, de style moderne, en argent et vermeil, que surmonte le buste en argent du saint abbé.
Les armoiries de la commune, octroyées en 1840, sont: d'azur, à un saint Gilles d'or, accompagné à dextre d'un navet f euillé de même (^) .