‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 36 sur 253 · II. - DEYNZE · texte numérisé non relu

II. - DEYNZE

D'après M. Albin Van den Abeele, le dernier historien de Deynze, cette ville aurait eu saint Gilles pour patron jusqu'en 1713; une maladie contagieuse, qui sévissait en cette année, aurait déterminé les habitants à substituer saint Roch à saint Gilles, choix qui amena la disparition du fléau. Ten j are 1713, dit cet écrivain, wanneer er eene hevige ziehte, eene soort van pest, te Deinze woedde, werd Sint Bochus tôt patroon van Deinze verhozen in plaats van den Keiligen Bgidius, met weïke verhiezing, zegt eene légende, de pest aan de leihrug heeft opgehouden. In 1740 werd er een altaar aan den nieuwen beschermheilige opgericht (^).

Nos lecteurs se rappellent la description, que nous avons faite plus haut (^), d'après MM. Mussely, de la cheminée monumentale, qui orne la salle échevinale de l'hôtel de ville de Courtrai. Cette cheminée est décorée de six statues de Saints, tenant des armoiries de villes. Les armes de Courtrai sont tenues par saint Martin, patron de la ville; celles d'Harelbeke, de Thielt et de Menin, par le Sauveur, saint Pierre et saint Vaast, patrons respectifs des églises paroissiales de ces localités. Peste saint Gilles, avec les armes de Deynze. C'est bien sans doute comme patron, qu'il figure avec le blason de la ville, sinon sa présence n'aurait pas de raison

(0 Geschiedenis der stad Deinze, Gent 1865, pp. 165, 166. (-) Pp. 191, 192.

d'être au milieu des autres statues; mais, est-ce en qualité de patron du lieu, ou en tant que patron, tout au moins secondaire, de r église paroissiale, érigée sous le vocable de Notre- Dame ? M. Claessens, curé-doyen de Deynze (^), a eu la bonté de faire quelques recherches pour éclaircir ce dernier point, et de nous adresser les lignes suivantes :

^' Je ne pense pas que saint Gilles' ait jamais été le patron secondaire de notre église; il s'en trouverait des vestiges, que je ne découvre nulle part. Il se peut que saint Gilles ait été honoré autrefois en notre église, mais les personnes que j'ai consultées, m'ont avoué ne jamais en avoir entendu parler. " (2)

Le tableau des églises paroissiales et succursales du diocèse de Gand, publié, le 30 Novembre 1802, par Mgr. Fallût de Beaumont, lors de la réorganisation du diocèse, et qui indique les saints titulaires de chacune de ces églises, n'assigne d'autre patronne à celle de Deynze que la sainte Vierge (^).

De ce qui précède, il est permis, nous semble-t-il, de conclure que saint Gilles ne fut jamais le patron secondaire de l'église de Notre-Dame^ à Deynze, mais qu'il était honoré jadis comme patron de la ville et de son territoire; c'est donc à ce titre, que sa statue décore la cheminée de la salle échevinale de l'hôtel de ville de Courtrai.

Le 7 Décembre 1688, une confrérie en l'honneur de saint Eoch fut érigée dans l'église paroissiale de Notre-Dame (^), et le peuple ne tarda pas à montrer une grande dévotion envers cet illustre Saint. Cette dévotion s'accrut encore à la suite de l'épidémie de 1713, durant laquelle, au dire de M. Vau

Q) Aujourd'hui curé de Sainte-Walburge, à Audenarde, et doyen de œ district.

(2) Lettre du 2 Novembre 1871.

(■') Recueil de quelques brefs pontificaux et de toutes les lettres pastorales et instructions de Monseigneur Étienne-André-François-de-Paule Fallût de Beaumont, Évêque de Gand, totn. i, Bruges 1807, p. 122.

("*) Voyez sur cette confrérie, aujourd'hui encore très-florissante, Van dBN AiiEELE, op. cit., pp. 165 et suiv.

den Abeele, les habitants de Deynze choisirent saint Roch, comme patron de leur cité. Il arriva alors ce que nous voyons arriver tous les jours : la nouvelle dévotion détrôna Fancienne, et peu à peu le culte de saint Gilles tomba^ pour ne plus se relever. Il reste cependant un vestige de ce culte dans Féglise de Notre-Dame; c'est une statue de saint Gilles, en costume d'abbé, placée, sous forme d'ornement, au côté droit, ad cornu evangelii, de l'autel de Saint-Roch.

Page 1