III. - LÉAU
Dans son numéro du 17 Novembre 1873, Le Bien Piihlicy de Gand, entretenait ses lecteurs des peintures murales, qu'on venait de découvrir dans Fèglise de Saint-Léonard, à Léau (^).
" L'intéressante église de Léau, si connue des archéologues chrétiens, — ainsi s'exprimait l'excellent journal, — est depuis quelque temps l'objet d'importants travaux de restau-
Q) Henné et Wauters, Histoire de la ville de Bruxelles, tom. m, p. 109.
(") Pouillé dérive du mot polypticum, employé dans la basse latinité pour signifier un registre destiné à l'inscription des actes publics et privés. De polypticum on a fait, par corruption, politicur)t,puleticu7n, puletum etpulegiuni, formes que l'on rencontre dans plusieurs documents du moyen âge. Le pouillé désignait plus spécialement le registre contenant les censitaires et les redevables, avec l'annotation de la taxe payée ou à payer par eux. Chaque église avait anciennement son pouillé, contenant l'état de ses biens et de ses revenus. De nos jours, le pouillé désigne uniquement le registre aux bénéfices d'un diocèse entier (Analectes pour servir à Vhistoire ecclésiastique de la Behjique, tom. I, Louvain 1864, pp. 234, 235).
(^) P. 243, note 3 de la p. 242.
(*) Geldonia Lamherti. — Jodoigne- Saint-Lambert. — Altare Egidii (Analectes pour ser'uir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, tom. ii, Louvain 1865, p. 153).
(*) Léau (Leevw ou Zoutleeuio) est situé aux confins des provinces de Brabant, do Liégo et de Limbourg. Sa magnifique église date du milieu du X1II« siècle; on 1337, Adolphe de la Marck, XXX*= évêqne de Liégo, y établit un collège de douze chanoines.
rations, qui se font sous la direction habile et consciencieuse de M. Tarcliitecte Van Assche, de notre ville.
" Après s^être occupé de la construction môme et des réparations extérieures qui paraissaient les plus urgentes, Farcliitecte a porté son étude et ses soins sur ^intérieur des chapelles et des nefs de l'église. Comme c'est l'ordinaire dans les monuments du moyen âge, l'enlèvement du badigeon a remis au jour un grand nombre de restes de peintures murales. On a successivement découvert une jolie décoration à la voûte de la chapelle des fonts baptismaux, des fragments de compositions assez compliquées sur les parois des chapelles, et enfin quatre figures de Saints et un vaste jugement dernier, dans le transept méridional de l'église.
L'auteur de l'article décrit ensuite cette dernière composition, la plus importante de toutes, et continue ainsi :
^' Sur l'une des parois du même transept (méridional) se trouvent, à peu près de grandeur naturelle, quatre figures que, d'après leurs attributs, on peut reconnaître : ce sont celles des SS. Servais, Sébastien, G-illes et Léonard.
" Ces figures de Saints, de même que le jugement dernier, semblent appartenir à la seconde moitié du quinzième siècle. "
M. le curé-doyen de Léau, à qui nous nous étions adressé, pour obtenir quelques détails iconographiques sur la figure de saint G-illes, découverte dans son église, nous fit répondre par son vicaire,, M. l'abbé Charles Casteleyns; ce dernier nous écrivait, le 27 Novembre 1873 :
Le saint abbé est représenté debout, en habit de moine, sous lequel il porte une tunique blanche, qui lui tombe jusqu'aux pieds. Il tient la crosse de la main droite, le livre sous le bras gauche, et caresse de la main gauche une biche, qui est debout devant lui, les deux pieds de devant appuyés sur ses genoux. Il a le cœur percé de la flèche. La tête du Saint a presque entièrement disparu. Toutefois, d'après les traces qui en existent encore, il paraîtrait qu'elle ne portait pas la mitre, mais une espèce de bonnet, entouré du nimbe.
" Une statue du même Saint surmonte, avec celle de sainte Hélène, un retable de sainte Anne, qui se trouve dans notre église, et porte le millésime de 1568. La statue pourtant paraît beaucoup plus ancienne. La représentation est à peu près la même, avec cette seule différence, que la tête est complètement découverte ici, et que cette statue est polycliromée sur fond noir. On y voit également la trace de la flèche, qui a disparu. (^)