‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 55 sur 253 · ÉGLISE DE NOTRE-DAME, A HUY · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE NOTRE-DAME, A HUY

Parmi les églises du pays de Liège, il en est une qui, sans être placée sous le patronage de saint Gilles, brille entre toutes, par le culte qu'on y rend à ce grand Saint. Nous avons nommé l'ancienne collégiale de Notre-Dame, à Huy. Les fondements de cet édifice, le plus beau des monuments religieux de style secondaire en Belgique, furent jetés le 15 Mars 1311, sur l'emplacement de l'église construite au XP siècle (1066), par Théoduin, LIIP évêque de Liège, qui avait rebâti de fond en comble l'antique chapelle érigée à la sainte Vierge par saint Materne. La date de son achèvement est inconnue (^).

Q) Kumsdorp forme commune; sa snperjGlcie ne dépasse guère les 168 hectares, et, d'après VAlmanach royal de Belgique, sa population, an 1^"^ Janvier 1879, n'était que de 159 âmes. Cette localité est située à un kilomètre N.-N.-O. de Landen, 35 N. de Huy, 49 O.-lSr.-O. de Liège. Au spirituel, Eumsdorp ressortit à Landen, dont le curé-doyen, M. Kerckhoffs, nous a communiqué, le 20 Juillet 1871, les détails relatifs à cette chapelle.

(^) La coutume de circuler un certain nombre de fois, en priant, autour d'une statue, d'un autel, d'une chapelle, etc., est commune à beaucoup de pèlerinages de notre pays.

(^) Jourdain, Dictionnaire encyclopédique de géographie historique du royaume de Belgique^ tom. i, Bruxelles 1868-1869, p. 460, col. i. C'est à ce

M. Delmelle, curé-doyen de Notre-Dame, qui poursuit, avec autant de zèle que d^intelligence, la restauration de ce temple magnifique, a fait le plus gracieux accueil à notre demande de renseignements. La page, qu'on va lire, est de sa main; elle offre un singulier intérêt (^) :

L'église de Notre-Dame, à Huy, autrefois collégiale, possède une chapelle dans le bas-côté gauclie, appelée chapelle de Saint-Gilles.

Sur l'autel de cette chapelle, se trouve une statue représentant le Saint, en costume d'abbé. Cette statue massive, en pierre blanche, appartient à 1^ époque de la Kenaissance. L'artiste en est inconnu. ^'

Après être entré dans de minutieux détails au sujet de la belle relique de saint Gilles, que possède son église, — détails qui ont trouvé leur place ailleurs (^), — M'^^ Delruelle continue ainsi :

" Cette relique attire souvent, dans le cours de l'année, des pèlerins de la Hesbaye, du Condroz^ des confins de la province de Namur. Mais c'est surtout le 1^^" Septembre, jour de la fête du Saint, que cette relique est Fobjet d^une vénération tout spéciale. De 6 heures du matin à 7 heures du soir, 5 à 6 mille personnes, tant de la ville que des villages circonvoisins, de 5 à 6 lieues à la ronde, viennent la baiser avec un respectueux empressement, qui témoigne de la vivacité de leur confiance en l'intercession du Saint qu'ils invoquent.

dictionnaire que nous avons emprunté la plupart de nos renseignements topographiques.

Voyez, sur l'église de Notre-Dame, à Huy, Saumery, Les Délices du Pais de Liège, tom. ii, Liège 1740, pp. 54 et suiv. Item deux articles publiés par M. Jenicot, sous le titre d''Essai sur Véglise Notre-Dame de Huy, dans les Bulletin et annales de l'Académie d'' archéologie de Belgique, tom. ii, Anvers 1844, pp. 151 et suiv., et tom. iv, Anvers 1847, pp. 73 et suiv.

(') M. le curé-doyen Delruelle nous a fait cette communication, le 26 Septembre 1871, et ce nous est une vraie satisfaction de lui réitérer ici les remercîments, que nous nous sommes empressé de lui offrir, à la réception des réponses si précises et si complètes, qu'il a daigné dous transmettre.

(-) Tom. I, p. 367.

Bon nombre de pères et de mères sont accompagnés de leurs enfants, grands et petits, et souvent encore à la mamelle. Ceux-ci ne pouvant baiser la relique, le prêtre Rapproche de leurs joues, afin de satisfaire à la piété des mères.

On bénit de l'eau en Tbonneur de saint Grilles, au moyen de la formule contenue dans le rituel; cette eau est employée en lotions pour les malades.

^' On invoque saint Gilles dans les épilepsies et toutes les maladies nerveuses; pour les enfants atteints de convulsions,, du croup, de ce que Ton appelle vulgairement la Danse de Saint-Gui, et généralement de toute maladie de langueur ou de consomption.

^' Parfois des pèlerins reconnaissants, des pères, des mères, viennent remercier le Saint de guérisons extraordinaires, obtenues par son intercession. Mais jamais on n'a dressé d'acte spécial pour les constater. "

Passant ensuite à la description des cérémonies qui accompagnent le pèlerinage, M. Delruelle ajoute :

" Le prêtre, revêtu du surplis, étend l'étole vers les pèlerins groupés au pied de l'autel du Saint, et récite sur eux l'évangile de saint Jean et l'oraison : Intercessio, qiiœsumus. Puis ils viennent, tour à tour, baiser la relique, que leur présente le prêtre, dans le bras où elle est enchâssée. "

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