III. - NEUF-BERQUm
L'église de Neuf-Berquin, érigée en paroissiale vers 1636, n'était primitivement qu'une chapelle dédiée à saint Gilles, et desservie par un vicaire de Vieux-Berquin; tel était l'état des choses en 1512. La nef principale et le clocher datent de 1614; M. Eobin fit construire les nefs latérales en 1740-1744.
Saint Gilles est patron de l'église et du lieu.
(') Tom. I, pp. 367, 368.
(2) La Flamengrie a deux ducasses, dont la première a lieu le Dimanche avant le 25 Juillet (Michaux, op. cit., p. 237). Ce détail nous semble prouver en faveur de l'existence d'un ancien pèlerinage. La première ducasae pourrait fort bien être l'anniversaire de la dédicace proprement dite ou de la consecration de l'église, tandis que la seconde, coïncidant avec la fête du patron, aurait pris naissance dans le concours du peuple, qui venait invoquer le Saint. Relisez le passage de Bocqnillot sur l'origine des foires (tom. i, pp. 191, 192); ces lignes peuvent très-bien s'appliquer aux fiwca.s.ses on kermesses patronales.
(^) Ce village, qui ressortit à l'arrondissement de Hazebrouck et au decanat de Merville, est distant de 3 kilomètres do cette dernière ville et de 15 de la première. Voyez A. Le Glay, Cameracum christianum, p. 417. Feu M. Cousin, curé de Neuf-Berquin (f 21 Décembre 1875), noua a transmis, le 19 Octobre 1871, sous forme de réponse à notre (juestionnaire, plnsieur» détails intéres.sants.
Au bout de la nef latérale du sud se trouve la clia})ollo de Saint-Gilles.
L'église renferme un vitrail^ sur lequel est figuré le saint abbé (1).
On invoque le Saint contre les maux de tête et la folie (^) .
Les reliques du patron (^) sont exposées durant la neuvaine, qui commence le P^' Septembre. Elles sont principalement vénérées, nous écrivait M. le curé Cousin, " par les gens de la Flandre (la Flandre française, bien entendu); on les offre à baiser aux pèlerins, après avoir récité sur eux révangile de saint Jean.
La ducasse coïncide avec la fête patronale.
Une curieuse tradition a cours à Neuf-Berquin; on dit que saint Gilles y a passé.
Nous croyons pouvoir rattacber à notre sujet un fait relaté dans une sentence de la cour de Cassel, en date du 28 Octobre 1567. Cette sentence condamne le nommé Jean de Druck à être exécuté par le glaive, en punition de divers méfaits, et notamment pour avoir, en 1566, aidé de ses compagnons, brisé une croix et une image de saint Gilles, à Zuytberquin :
Omme dieswille — ainsi s'énonce la sentence, — dat ghy Jan de Druck, alzoo in 't voorleden jaer LXYI, de demolitie van de kercken, beelden, imagen ende versieringhe van dien ghescliiede, u vervoordert hebt, sdaechs naer Onse Yrouwe dach halfougst in 't zelve jaer, met eeniglie vander nieuwe religie, uwe medeghesellen, te gaene inde de prochie van Zuutberquyn, ende daer commende te brekene zekere
(^) E. DE CoussEMAKER, Vifraux peints et incolores des églises de la Flandre maritime, dans les Annales du Goniité flamand de France, tom. v, LUle 1861, p. 106.
(^) Nous tenons ce renseigBement de M. le curé Cousin. Dans son travail intitulé : Dévotions lyopulaires chez les Flamands de France de V arrondissement de Hazehroucli, M. Eayniond de Bertrand écrit : " Il ne nous reste plus qu'à visiter Neuf-Berquin, pour terminer notre course dans le décanat de Merville. Sa visite ne sera que de courte durée, car l'on n'y va invoquer que saint Gilles, patron de l'église. On a recours à son intercession pour être délivré ou préservé des maux de tête et d'yeux, et parfois de la fièvre ". {Annales dic Cornifé flamand de France, tom. il, Dunkerque 1855, p. 174.)
(^) ^ oyez, sur ces reliques, tom. i, p. 377.
cvuus ende image van Sint Gilles, staende ter plaetse aldaor; Con-
dempneereu u ter cause voorscreveii ghejusticieert te zyne metter zweerde, etc. Actum in 't hof te Cassele den zzii]'*"" octobris 1567 0).
Parmi les paroisses du diocèse de Cambrai, il n'en est aucune qui réponde au nom de Zuytberquin; d'autre part, à l'époque où se place le bris de l'image de saint Gilles par les Gueux, Neuf-Berquin n'existait pas en tant que paroisse distincte. Zuytberquin ne serait-il pas l'ancien nom de la paroisse de Vieux-Berquin avant son morcellement ? Et les dénominations de Vieux- et de Neuf-Berquin ne dateraientelles pas de l'érection en paroisse de cette dernière localité ? Nous posons cette double question sans la résoudre, parce que nous ne possédons pas les éléments nécessaires à cette fin.