‹ Saint Gilles (volume 2)Chapitre 79 sur 253 · V. - LIESSIES · texte numérisé non relu

V. - LIESSIES

Au milieu d'une fenêtre de la nef gauche de l'église paroissiale, se trouve un médaillon, de vingt centimètres de diamètre, représentant saint Gilles. Un respectable ecclésiastique (^), qui venait de faire le voyage de Liessies, nous en transmit la description suivante : ^

Saint Gilles est représenté en moine, la tête nue, ceinte seulement de la couronne de cheveux monacale, et glorifiée par un nimbe. Le Saint est vêtu de la robe religieuse à larges

Q) Derode, Histoire de DunTcerqud, Lille 1852, p. 62. — Voyez aussi le Plan de la ville et du port de Dunkerque, inséré entre les pp. 64-65 du même ouvrage.

(2) Petit village de 513 habitants, sur l'Aa, à proximité de Watten.

(^) Détail communiqué par M. Boedt, curé de Watten.

C*) Le village de Liessies, situé à 8 kilomètres de Trélon, possédait, avant la révolution, une riclie et remarquable abbaye de Bénédictins, fondée au VIII^ siècle, et dont il ne reste plus pierre sur pierre. Voyez, sur ce monastère, A. Le Glay, Cameracum christianum, pp. 140 et suiv.

(^) M. l'abbé Isidore Desilve, curé de Basuel, près Le Cateau. — Lettre du 21 Juillet 1872.

draperies; il tient un livre dans ses mains. Une flèche s'enfonce au milieu de sa poitrine. A droite, la biche, se levant sur ses pieds de derrière, repose ceux de devant sur les bras du Saint. A gauche, un prêtre à genoux, revêtu d'un surplis à larges manches, implore, les mains jointes, la protection de saint Gilles.

D'où vient, se demande notre correspondant, ce joli médaillon, qui me paraît être de la fin du XY^ siècle ? De l'abbaye ou de l'église elle-même, qui possède d'ailleurs tant de pièces de l'abbaye ? L'excellent curé de Liessies n'a pu nous renseigner sur ce point. Mais enfin du moins, saint Gilles était aussi honoré à Liessies. "

L'abbaye de Liessies, dont le nom brille d'un si vif éclat dans les fastes de l'ordre de Saint-Benoît, ne pouvait demeurer indifférente au développement du culte de saint Gilles, dont elle avait le bonheur de posséder une dent (^), et que la famille bénédictine revendique comme une de ses gloires. Le médaillon, décrit tantôt, soit qu'il provienne de l'église abbatiale, soit qu'il ait orné de prime abord l'église de la paroisse, sur laquelle l'abbaye exerçait le droit de patronage, ce médaillon, disons-nous, révèle, à n'en pouvoir douter, l'impulsion donnée au culte de saint Gilles par l'illustre monastère de Liessies.

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