‹ Saint GillesChapitre 35 sur 57 · Cathédrale de Notre-Dame · texte numérisé non relu

Cathédrale de Notre-Dame

La cbâsse, connue sous le nom de Fierté des Damoisemix, et qui date de 1280, renfermait une relique de saint Gilles (*).

Arcliives de l'État à Namur; il nous a été signalé, le l"^' Octobre 1871, par M. l'abbé Barbier, curé de Liernu (prov. de Namur), le savant auteur de l'Histoire de Vahhaye de Floreffe, et l'un des plus zélés collaborateurs des Analectes pour servir à Vhistoire ecclésiastique de la Belgique.

(^) Consultez, sur cette église. Sainte Véronique, apôtre de V Aquitaine, son tombeau et son culte à Soulac, ou Notre-Dame de Fin-des-Terres [archidiocùse de Bordeaux), 2^ édit., Toulouse 1877, pp. 158 et suiv.

(2) Sainte Véronique, etc., p. 190. Cet inventaire porte en tête la note suivante de Dom Abadie, bénédictin deM'abbaye de Sainte-Croix de Bordeaux, à laquelle appartenait l'église de Notre-Dame de Fin-des-Terres : " le feray le dénombrement des reliques qui estoicnt et sont dans l'église de Soulac, selon que iay trouvé dans les inventaires qui ont été dressés pour cela. Voicy ce dénombrement selon un vieux inventaire que iay trouvé dans nos archives, de cette teneur. S'ensuyvent les reliques, etc. " (op. cit., p. 189).

(3) Voyez plus haut, pp. 232 et suiv., où nous avons parlé en détail de tout ce qui concerne la translation du corps de saint Gilles à Toulouse.

C) Jean Cousin nous raconte, en ces termes, l'origine do la Fierté des Damoiseaux, dans son Histoire de Tournay, tom. iv, Douay 1620, pp. 81, 82 :

Jean Cousin insère dans son Histoire de Tournay la Déclaration des Reliques de la thresorie de l'église Cathédrale de nostre Dame de Tournay selon les iours des festeS;, esquelles on les porte sur le grand autel de ladicte église à la grand'Messe '' (^). Cette liste mentionne, au 2 Septembre, une relique ^^De S. Gilles Abbé (2).

Peut-être cette relique est-elle la même que celle renseignée dans l'inventaire du trésor de la cathédrale de Tournai, dressé suivant Tordre adopté en 1661, et écrit vers la fin du XVII^ siècle, par Mcolas ïïoccart, chapelain des hautesformes de la cathédrale (^).

" En l'an 1280, à cause d'une grande peste lors régnante en la ville et Cité de Tournay, les citoyens d'icelle ville co^oissans, que par les mérites de la glorieuse vierge Marie, ils avoient tousiours esté aidés et secourus, plusieurs vieillards et les plus notables d'entre eux prindrent dévotion d'ériger une confrairie en ladicte Eglise à l'honneur de ladicte vierge et de l'Exaltation saincte Croix, et se tirèrent vers Messieurs du Chapitre de ladicte Eglise, ausquels ils déclarèrent leur intention, et requièrent d'avoir une fiertre pleine de notables reliques, promettans que chacun an au iour de l'exaltation saincte Croix ils la revesteroient d'une belle et riche couverture dorée, et richement omee en la renouvelant chacun an, et qu'ils la porteroient à la procession autour de la ville le iour susdict de l'exaltation S*^ Croix. Les Sieurs de Chapitre louèrent et approuvèrent leur requeste, si leur délivrèrent une capse ou fierté pleine de notables reliques, laquelle les confrères appelés Damoiseaux ont long temps et par diverses années revestus magnifiquement, etc. " Quelques lignes plus; loin, l'auteur donne la liste des nombreuses reliques qui remplissaient la châsse, et parmi lesquelles figurait celle de saint Gilles.

Par Damoiseau, Danioisel, domicellus, on désignait autrefois un jeune gentilhomme qui n'était p*int encore reçu chevalier, et qui aspirait à l'être; ce terme se prend ici dans une acception plus large, et signifie l'élite de la population tournaisienne, parmi laquelle la noblesse occupait le premier rang,

La Fierté des Damoiseaux se conserve aujourd'hui à la cathédrale de Tournai, à laquelle elle fut remise en 1816, après le décès et en exécution des dernières volontés de M. Desruez, pharmacien et dernier doyen de la confrérie des Damoiseaux, qui sauva la châsse pendant la révolution française, et la garda jusqu'à sa mort (10 Mars 1816). La fierté est un magnifique travail d'orfèvrerie, de forme gracieuse et élégante, composé de plaques d'argent artistement ciselées, et disposées sur un coiîre en bois, qu'elles recouvrent entièrement. Voyez, pour plus amples détails, les Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai, tom. viii. Tournai 1862, pp. 222 et sniv-, et tom. X, Tournai 1865, pp. 310 et suiv.

C) Tom. III, Douay 1620, pp. 172 et suiv. (2) P. 175.

(") Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai, tom. xi^

Page 1