‹ Saint GillesChapitre 46 sur 57 · SECONDE PROPOSITION · texte numérisé non relu

SECONDE PROPOSITION

Saint Grilles fut contemporain de Flavius Wamba, roi des Visigoths, du pape Benoit II et de Charles-Martel

Premier membre. Saint Gilles contemporain de Flavius Wamba. — Une double bulle de Jean YIII (878) et les Gesta Joliannis VIII attestent que la vallée Flavienne, où était bâtie l'abbaye de Saint- Gilles, sur le territoire de Nîmes et dans les états de Gothie, in finihus Gothie, avait été donnée au saint anachorète par le roi Flavius, pp. 39- 41. — Que faut-il entendre par les termes in finibus Gothie f Détails sur les Goths, p. 41. — Flavius est un simple prénom, dont se servit le premier, parmi les monarques visigoths, Récarède-le-Catholique, qui ceignit la couronne en 586, p. 42. — Quel est le roi visigoth désigné ici sous ce prénom ? Ce ne peut être que Flavius Wamba, monté sur le trône en 672. Preuves, pp. 42, 43. — Les partisans de la coexistence de saint Gilles et de saint Césaire ne s'entendent pas au sujet du roi goth, que les Actes mettent en scène, lors de la découverte de l'anachorète, et qui est évidemment le personnage signalé dans les bulles de Jean YIII. Les uns voient, dans ce prince, Théodoric, roi des Ostrogoths, qui, de 507 à 526, régna sur les Yisigoths d'Espagne et des Gaules, au nom de son petit-fils Amalaric, dont il avait pris la tutelle. D'autres inclinent pour Amalaric lui-même ou Theudès, son successeur, tous deux rois des Yisigoths, pp. 43, 44. — En supposant même que saint Gilles et saint Césaire eussent vécu à la même époque, il faudrait regarder encore comme une fiction historique les rapports de saint Gilles avec ces monarques, pp. 44-48. — Spoerl substitue à Flavius "Wamba son successeur immédiat, Flavius Ervige, qui régna de 680 à 687; cette opinion doit être abandonnée, pp. 49-51.

Deuxième membre. Saint Gilles contemporain du pape Benoît II. — A l'occasion du démêlé de Gilbert, évêque de Mmes, avec le pape Jean YIII, au sujet de l'abbaye de Saint- Gilles, dont ce prélat se prétendait en droit de jouir (878), des recherches furent faites dans les archives pontificales. Ces recherches amenèrent la découverte d'un acte constatant le don que saint Gilles avait fait de son abbaye au Saint- Siège, et le privilège de l'exemptionj qu'il avait obtenu pour ce monastère. Cette pièce émane d*un pape du nom de Benoît II et n'est pas

datée, pp. 51-53. — Ce pontife est Benoît II, qui occupa la chaire de saint Pierre, du 26 Juin 684 au 8 Mai 685, pp. 53, 54.

Troisième membre. Saint Gilles contemporain de Charles-Martel. — Les Actes de saint Gilles rapportent que Charles, roi des Francs, Carolus Franciœ rex, détermina le saint abbé à venir le trouver à Orléans. La qualification de Franciœ rex ne peut s'appliquer qu'à Charles-Martel, qui se trouvait à Orléans en 719, après la bataille de Soissons. En cette même année, Zama, commandant en chef des Sarrasins d'Espagne, envahit la Septimanie, où se trouvait le monastère gouverné par saint Gilles. A l'exemple des autres religieux de cette malheureuse province, notre Saint prit la fuite avec ses moines, pour se soustraire aux cruautés des Musulmans, et vint se réfugier sur le territoire franc. Dès lors son entrevue avec Charles-Martel s'explique naturellement, pp. 54-56.

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