‹ Saint Gilles et son pèlerinageChapitre 22 sur 81 · PROSPÉRITÉ DE LA VILLE ET DU PÈLERINAGE DE SAINT ISILLES · texte numérisé non relu

PROSPÉRITÉ DE LA VILLE ET DU PÈLERINAGE DE SAINT ISILLES

Plusieurs chartes du moyen-âge, citées par Mabillon, désignent le tombeau de saint Gilles comme un des trois grands pèlerinages d'Occident. € Les pèlerins, y est-il dit, visiteront les € sanctuaires des saints, c'est-à-dire celui de la € bienheureuse Vierge Marie et de saint Pierre « à Rome^ celui de saint Jacques de Compos- « telle et celui de saint Gilles. »

A la multitude des pèlerins qui s^acheminaient vers le tombeau de Saint-Gilles, se mêlaient des personnages de la plus haute distinction. Nous pouvons citer le roi Robert, au commencement du XI* siècle, les comtes de Toulouse, Philippe comte de Flandre, en 1170 (i).

Parmi les conditions d'un traité conclu en

(1) Hist. des Gaules et de France, par les Bénédictins. T* X. p. 114^ etc.

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i326, entre le roi Charles-le-Bel et les Flamands, on remarque cette clause singulière, que les habitants de Gourtrai et de Bruges devront envoyer trois cents pèlerins à Saint-Gilles et à d'autres sanctuaires fréquentés (i).

A ces témoignages précieux s'ajoute celui des papes. Dans plusieurs bulles que possède encore PÉglise de Saint-Gilles, Urbain II, Adrien IV, Grégoire IX et Innocent IV placent le pèlerinage de Saint-Gilles au rang des plus célèbres de la chrétienté.

Sous l'impulsion puissante de la papauté, la ville de Saint-Gilles devenait de jour en jour plus florissante. Elle était administrée souve-

(i) Hist. de Nîmes, par Ménard. T. II. Preuves, p. 56.

En 1871, on a découvert dans la Loire, parmi les objets trouvés par les dragueurs, près le vieux pont d'Orléans» l'enseigne de Saint-Gilles, témoignage authentique des pèlerinages accomplis, dans le moyen-âge, par les peuples du Nord, au tombeau du grand Saint.

M.Tabbé Desnoyers, vicaire général d Orléans, a bien voulu nous communiquer ce précieux document. C'est une médaille sur laquelle se trouve gravée l'image de Saint Gilles, tenant une crosse à la main et ayant la biche légendaire à »es côtés. Autour de la médaille on lit l'inscription ; Sanc^ fus Egidius.

ET DU PÈLERINAGE DE SAINT-GILLES Sq

raînement par des consuls élus par les notables, et Ton voyait avec admiration se conserver et s'accroître dans son sein deux. biens après lesquels aspire vainement notre société moderne : la liberté et la paix.

Telle avait été la volonté expressément affirmée par Benoît II, dans sa bulle d'acceptation de^ la donation du monastère, en date du 26 avril 685. — « Nous voulons, avait-il dit, que « ce lieu et toutes ses dépendances demeu- « rent toujours libres et jouissent de la paix. » Précieuse leçon donnée à notre siècle, auquel on voudrait faire entendre que Tautorité de TEglise, acceptée par les peuples, doit nécessairement produire la servitude ou la guerre 1

La vallée Flavienne, que Ton a vue, pareille à ce désert dont parle le prophète, tressaillant d'allégresse et florissant comme un lis (i), se couronna bientôt des fruits merveilleux

(1) d Lâètabitur déserta et inuia et e^uîtabit soUtudo et ftorebit sic ut liliumi » Is. xxxv. i.

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