VIS DE SAINT-GILLES I7I
échappé à la destruction. Or, cette portion, appartenant à Tun des bas-côtés de l'ancien monument, était dépassée de beaucoup, en hauteur, par la nef principale.
La voûte actuelle, reconstruite en i655, a conservé la même largeur ; sa longeur a été réduite à 49 mètres 5o.
Le vieux chœur, dont les vestiges sont grandioses, se voit encore, au dehors, avec ses formes bien dessinées, ses nombreuses chapelles et Tun de ses escaliers qui conduisaient aux tribunes, connu dans le monde des arts sous le nom de vis de Saint -Gilles (i).
(1) Ce vieux chœur est entouré d'une grilte ; on y rencontre de nombreux cénotaphes.
Depuis plusieurs années, un enfant de la catholique et fidèle Bretagne, M. Eugène Chèvremont, percepteur à St-Gil« les, consacre ses loisirs et ses ressources personnelles à rembellissement de ces ruines, au milieu desquelles vieiit d'être érigée une statue de la Sainte Vierge, sous le vocable de Notre-Dame des Ruines.
C'est un des plus riches spécimens de Tartau XII* siècle. Écoutons Rondelet, dans son « Art de bâtir », cité par M. Révoil.
« Cette vis est une espèce de voûte annule laire, disposée pour soutenir les marches « d'un escalier tournant autou»* d'un noyau « plein. Le nom par lequel on la désigne lui € vient de ce que la première voûte de ce genre, « exécutée en pierre de taille, a été faite au € prieuré de Saint-Gilles. Le trait de cette voûte « passe pour un des plus difficiles de la coupe « des pierres, parce que toutes les surfaces des « voussoirs sont gauches et les arêtes à double « courbure. »
Mais, de toutes les parties de l'antique basilique, il n'en est pas de mieux conservée et il
n^en fut jamais de plus riche que la façade.
« Sur cette façade, appelée le nec plus ultra € de Tart bysantin, s'est épuisé, » dit Mérimée, « tout le caprice, tout le luxe de Tornementa- 4c tion bysantine. Elle se présente comme un « immense bas-relief de marbre et de pierre, où <c le fond disparaît sous la multiplicité des dé- € tails; il semble qu'on ait pris à tâche de ne « pas y laisser une seule partie lisse : colonnes, a statues, frises sculptées, rinceaux, motifs em- < pruntés aux règnes végétal et animal, tout « s'enlace, se confond. Des débris de cette fa- « çade, on pounait décorer des édifices somp- « tueux. Devant tant de richesses, prodiguées « avec une profusion inouïe, le spectateur « ébloui d'abord, attiré de tous les côtés à la « fois et ne ?achant où arrêter ses regards, a « peine à reconnaître des formes générales. » Aussi c'est une justice que lui a rendue, dans ces derniers temps, l'éditeur de la Vie de Notre^ Seigneur Jésus-Christ par M. L. Veuillot, en faisant figurer la façade de l'église de St-Gilles,
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au milieu des chefs-d'œuvre de Tart chrétien, dont cette mosaïque est émaillée.
Nous ne saurions mieux dépeindre les merveilles de ce riche frontispice qu en empruntant sa description à la savante étude de M. Révoil (i), qui a voulu nous y autoriser. Qu'il reçoive l'expression de notre reconnaissance.
Nous laissons parler ici Téminent architecte.
« Encadrée dans deux petites tourelles, la &çade de Téglise de Saint-Gilles s'arrête par une ligne droite au dessus de Tarchivolte de la porte principale.
Cette façade est percée de trois portes, surmontées chacune d'un tympan et d'archivoltes, dont les premières moulures sont enrichies de perles et d'oves. L'archivolte de la porte prin-
(i) Architecture Romane du Midi de la France, par Henri Révoil, architecte du gouvernement, 3 vol. in-folio. V. A. Morél, éditeur à Paris, i3, rue Bonaparte, pag. 56 et •eqq.
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cipale repose, à droite et à gauche, sur une corniche ornée de feuilles et supportée, de chaque côté, par quatre consoles. Ces huit consoles, sont ornées de têtes de lion, de bélier, d^aigle, d^une grande feuille et de figures d^ange$* Un pilastre cannelé, avec base et chapiteau à simple moulure, partage en deux Feutrée principale. Un grand linteau sculpté, portant le tympan, repose sur ce pilastre, et, à ses extrémités, sur deux pilastres pareillement cannelés, A'un couronné par un taureau ailé, Pautre par un aigle, tous deux formant console. A la hauteur de ce linteau, de chaque côté, règne une frise ornée de bas-reliefs. Elle s'arrête aux archivoltes des portes latérales et sur l'aplomb de la corniche à corbeaux sculptés dont nous venons de parler. Cette frise, à droite et à gauche, est supportée, au retour, par une contrefrise à rinceaux, placée elle-même sur neuf figures reposant sur des lior s qui dévorent des corps humains ou des animaur ':ar la face principale cette frise s'appuie sur un pilastre
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orné des plus ravissantes arabesques, et, vers son extrémité, sur une colonne à rapiomb de la saillie. Deux colonnes accouplées forment, de . chaque côté, un avant-corps assez saillant, posé sur un piédestal, dont les moulures se profilent avec le socle principal. Entre les colonnes et en arrière-corps, dans des niches séparées par des pilastres cannelés, sont placées quatre grandes statues de même dimension que celles de . l'embrasure de la grande porte. Ces statues reposent sur un double socle ; une frise à rinceaux règne au-dessus des corniches. Le grand soffite formé par la saillie de la grande frise à sujets et à personnages, est orné de rosaces dans les caissons.
Chaque entrée latérale est entourée d'une décoration uniforme et surmontée d'une archivolte divisée en deux parties principales : la première, plus eu retraite que l'autre, entoure le tympan et s'asseoit sur le retour d'une nouvelle frise ; la seconde partie de cette archivolte retombe sur deux colonnes qui viennent s'aligner sur l'aplomb de la grande frise.
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Dans chaque angle de la façade une statue, de même dimension que les précédentes, enchâssée dans une niche, repose sur le double socle qui se continue à la même hauteur.
Le tympan de la porte à gauche représente la Vierge-Mère, assise sur un trône, portant son Fils bénissant les trois Mages, qui lui offrent leurs présents. Dans Textrémité, à droite, range apparaît à saint Joseph, assis sur une sorte d'escabeau. Ce tympan est la seule partie ^ de la façade portant des traces évidentes de peinture.
Celui de la porte principale représente, au milieu d'un nimbe elliptique, le Christ glorifié, assis sur Tarc-en-ciel au milieu de nuages. Un nimbe à rayons droits et flambelliformes est placé derrière sa tête. Les angles de ce tympan sont garnis par Tange et les animaux symboliques de rÉvangile.
Le tympan de la porte à droite représente Jésus crucifié ; Jean et Marie se tiennent au pied de la Croix. A côté de Marie-Madeleine,
on distingue une figure de femme richement vêtue; près d'elle, deux autres figures, dont Tune est à genoux, la contemplent en levant les bras au ciel, en signe d'admiration et de réjouissance. C'est la Religion du Christ qu'elles saluent.
A côté de Jean, un ange renverse une femme enveloppée dans les plis d'un long manteau.
La couronne qu'elle portait lui échappe ; c'est l'ancienne Synagogue, dont le règne vient de finir.
Comme nous venons de le voir, le bas-relief du tympan de la porte latérale se rapporte à la naissance du Christ. Le premier sujet de la frise nous monlVe successivement Jésus enseignant à ses disciples ; l'un d'eux détache l'ânesse sur laquelle le Maître va monter pour entrer dans Jérusalem; l'autre jette sur le dos du paisible animal son vêtement. Treize disciples (particularité singulière) accompagnent le divin Maître, qui est monté sur Tânesse, suivie dç son ânon,
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Au devant de Jésus s'avancent deux personnages : Tun jette des branches, Tautre étend des étoffes sur son passage. Derrière eux, on distingue deux palmiers, sur lesquels sont montés deux autres personnages. La ville sainte est représentée par une enceinte crénelée entre deux tourelles.
Au milieu, s'élève la coupole du temple de Salomon; derrière cette enceinte crénelée, trois figures regardent l'entrée de ce cortège. Sur le retour de cette frise, un enfant, curieux d'admirer ce beau spectacle, monte sur un palmier. Au pied de cet arbre sont groupés d'autres spectateurs. Le sculpteur, par les expressions diverses de ces figures a voulu rappeler l'enthousiasme de cette entrée solennelle et touchante, dont l'Évangile nous donne l'intéressant récit.
Voici maintenant l'explication de lafirise prin* cipale. A gauche, sur de grandes cannelures, se détachent les figures des bas-reliefs qui la composent. On reconnaît d'abord les adieux de
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TEnfant prodigue; puis, séparée par un petit intervalle, la scène où il vient demander à son père sa part légitime. Le père est assis, et de sa main tombent trois pièces, qu'il donne à son fils en présence de trois assistants. Un monument élevé sépare le sujet suivant; c'est la représentation du Temple.
A la suite, le Christ armé de verges, chasse de ce lieu sacré les vendeurs qui s'enfuient, emportant leurs bourses et poussant devant eux leurs bœufs et leurs moutons.
Cette composition est remarquable par son mouvement et par un faire peut-être plus habile que dans les autres parties de cette frise.
Vient ensuite Jésus, à qui Marie demande la résurrection de Lazare. Le Christ accomplit cet éclatant miracle, et Lazare, enveloppé d'un linceul attaché à la tête, sort de son tombeau.
L'artiste a voulu indiquer sans doute, en marquant d'une croix le couvercle de son sarcophage, que Lazare compte parmi les premiers chrétiens. Cette première portion de
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cette grande frise a échappé presque entièrement aux mutilations qui ont dégradé à peu près toutes les autres figures.
Nous approchons des derniers moments de la vie de Jésus. Les disciples Tentourent; auprès de lui est placé Pierre : le coq est aux pieds de Tapôtre, auquel le Maître prédit sa renonciation. A la suite^ Jésus lave les pieds à ses apôtres. C^est le commencement du grand linteau de la façade principale. Le voilà maintenant assis au milieu d'eux au divin banquet de la Cène. Au retour de la frise, saint Pierre, d'un coup d'épée, tranche Poreille de Malchus; puis Jésus est trahi par Judas qui lui donne le baiser des traîtres (i). Les soldats entraînent le Christ, le conduisent devant Hérode; Jésus attaché à la colonne est flagellé par deux bourreaux. Après ce cruel supplice, suivi d^ trois personnages, il porte sa croix. Là finit la frise
(i) C'est la seule scène de l'Évangile qui ait été respectée ^ar les démolisseurs du siècle dernier.
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principale, dont les trois derniers sujets sont malheureusement très-dégradés. On les reconnaît sans peine cependant.
La mort de Jésus-Christ remplit le tympan du portail à droite : c'est le sujet principal autour duquel vont se grouper les épisodes qui s^ rattachent. Gomme au portail gauche, la frise reparaît ensuite. Elle commence, sur le retour, par le conseil des pharisiens envieux ; puis est représenté un groupe de deux personnages, dont Tun est évidemment Jésus-Christ tenant un roseau en face du juge, qui lève la main et semble dire avec Pilate : « Êtes- vous le roi des Juifs ? » Après cela on voit la scène touchante de Madeleine essuyant les pieds du Christ avec ses cheveux; Jésus-Christ est entouré de ses disciples, il semble dire à Simon le pharisien : « Beaucoup de péchés hii sont pardonnes parce qu^elle a beaucoup aimé. » En suivant, sur le linteau de la porte, sont figurées les saintes femmes venant acheter des aromates. Deux marchands sont assis devant leurs
DESCRIPTION t>E LA ?AÇADË l83
Crédences. Chacune des saintes femmes porte , un vase pour recevoir sa part, que Tun des deux marchands pèse dans une balance. Puis les saintes femmes s^approchent du tombeau, entouré de trois soldats endormis Uange veille, assis auprès du sépulcre entr^ouvert, tenant une épée dans sa main droite, et leur montre le ciel de la main gauche, comme pour leur dire:
« Jésus est ressuscité. » Le dernier tableau de ^ cette histoire, si naïvement reproduite, représente les saintes femmes allant annoncer cette nouvelle aux apôtres, en leur indiquant aussi le ciel, où Jésus est monté. Remarquons en passant que la grande frise repose tout entière sur une sorte d'abaque, se prolongeant d'un chapiteau à Tautre de chaque colonne, et garni de betes féroces, de chimères à la tête basse, à la figure hideuse, emblèmes évidents des passions et de la méchanceté de Thomme, dont tous ces tableaux retracent les cruelles actions.
Un sujet non moins important à étudier dans cette description, est celui qui a rapport aux
grandes figures qui concourent si puissamment à la décoration de cette façade. Dans la partie du milieu, douze statues, la tête nimbée, les pieds nus, représentent les douze apôtres ; huit sont parfaitement reconnaissables, aux attributs qui les accompagnent et aux textes du Nouveau Testament gravés sur leurs livres et sur leurs phylactères.
Entre la porte gauche et le grand portail, le premier personnage à gauche est saint Jude, surnommé Thadée (le zélé) ou Lebbé (le Lion ou le courageux).
Il tient son livre, sur lequel est gravé le dernier verset de son épître | Soli deo Sal-
VATORI I NOSTRO PER ] JeSUM ChRISTUM DoMI |
NUM NOSTRUM GLORi\ (:). | Il ne reste plus que six lettres ; elles nous ont servi à rétablir l'inscription précédente.
Saint Barthélémy vient ensuite ; il porte une
(i) Au seul Dieu sauveur la gloire, par Jésus-Christ notre Seigneur.
DESCRIPTION DE LA FAÇADE l85
banderolle sur laquelle on lit : Eco sum Bart
I OLO I meus I AP 1 OSTO L(u)s | X. NoN EVERTI QUEMQUAM SED CONVERTI. » (l)
Le troisième personnage à la suite est saint Thomas, disant : Nisi videro in manibus ejus
FIXURAM CLAVOPUM ET MITTAM DIGITUM MEUM IN LOCUM CLAVORUM ET MA.NUM MEAM IN LATUS EJUS
NON CREDAM. > (2) Ces parolcs sont tracées sur un livre qu'il porte de la main droite : avec deux doigts de cette main, il indique ce texte au lecteur.
Vient ensuite saint Jacques le Mineur, parfaitement désigné avec ces titres inscrits dans son nimbe : Jacobus frater dmi | eps (epis- COPUS) 1E (r) osolim [m). (3)
Au retour, en suivant, est placé saint Jean
(i) Je suis Barthélémy apdtre; je n'ai jamais perverti per sonne, mais converti.
(2) Si je ne vois dans sa main la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la plaie des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point. (St-Jean, 20).
(3) Jacques, frère du Seigneur, évêque de Jérusalem.
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révangéiiste, avec les premiers mots de son Evangile : In principio erat Verbum.
Après lui, à côté du portail, saint Pierre avec ses clefs. En face du chef des apôtres^ à droite, saint Jacques le majeur, que le sculpteur a cru être Tauteur de Tépitre catholique, puisqu'il lui a donné pour texte caractéristique un Verset de cette épître : « Omne datum optimum et donum perfectum, » gravé sur le livre qu'il tient. Autour de son nimbe, on lit : Sur-su
m) est DESCENDENS a PATRE LUMINUM. » (l)
A côté de saint Jacques, est placé saint Paul, indiqué par ce texte de sa première épître aux Corinthiens (XV, lo) : « Gratia Dei sum id QUOD SUM. » (2)
Les quatre autres, à la suite, à droite, qui n'ont ni textes, ni attributs, parce que évidemment l'œuvre n'a pas été achevée, ne peuvent
(1) Tout don excellent et partit vient d'en haut» descend du Père des Lumiçres. (Jac. i, 17).
(2) Ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu.
être que saint André^ saint Mathieu, saint Philippe, et saint Simon (le chananéen).
La figure placée dans la niche, à Pangle de la porte de gauche, représente saint Michel terrassant le démon ; en pendant, dans la porte opposée, sont trois personnages ailés, écrasant chacun un monstre. Ce sont, sans doute, les combats et leà triomphes de T Église, personnifiée dans trois anges, refoulant le paganisme, Uhérésie et le mahométisme.
Le nom du sculpteur à qui est due la statue de saint Jude est aujourd'hui parfaitement connu. Nous Pavons découvert sous une couche de plâtre, gravé dans le mur au-dessus de répaule droite du Saint : « brunus me FECIT. » (i)
On retrouve au-dessus de la statue de saint Barthélémy la fin de cette phrase « me fecit, » à la même place.
En examinant les six statues placées de ce
(i) Brunus m'a fait.
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côté gauche du grand portail, on est frappé d« la ressemblance de leur modelé et de leui exécution. Volontiers on attribuerait à maître Brun ces six figures. Tout au moins doit-on lui attribuer la seconde, qui est signée de la même façon. Celles du côté opposé paraissent mieux traitées et annonceraient un faire plus habile.
Des traces de peinture qui se voient encore dans quelques plis, dans les lettres, et surtout dans le nimbe de la statue de saint Barthélémy, feraient supposer qu'à une époque postérieure, à la fin du XIIP siècle peut-être, ces statues avaient été peintes, ainsi que nous Tavons remarqué sur le tympan de la Vierge.
La façade de Téglise de Saint-Gilles repose sur un socle^ qui est sillonné de cannelures. Dans la partie des avant-corps du milieu seulement, ces cannelures sont remplacées par des bas-reliefs d'une sculpture méplate, qui existent encore aujourd'hui sur les deux faces extérieures de ces avant-corps et sur leur retour.
On s'est contenté de reproduire le socle avec une face unie dans les portions restaurées. A droite du grand portail, sur le socle en marbre des bases des colonnes accouplées de 1 avant^corps, Tartiste a sculpté David gardant ses troupeaux et jouant de la harpe ; un ange lui apparaît. «— Le retour parallèle de la façade représente des griffons et des oiseaux. Sur Tautre face, David tue Goliath : Tarmure du géant est un curieux spécimen des costumes guerriers du XIII* siècle, Au socle des colonnes de gauche, la même main a représenté deux singes liés ensemble par une corde ; puis, sur le retour, un chameau et un homme couché pressant la patte d'un lion ; sur l'autre face, un lion posant sa patte sur une figure d'homme renversé à terre. Sur ce soubassement, à gauche, deux médaillons en marbre blanc représentent, Tun, Abel offrant à Dieu le plus bel agneau de son troupeau, tandis que Caïn se contente d'offrir une gerbe de blé. Entre les deux arcatures qui encadrent ces deux médail-
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Ions, se dresse la main de Dieu sortant d^un nuage et bénissant le sacrifice d'Abel. Abel a suivi le conseil du bon ange, qui est placé derrière lui, undis que Gain a écouté la voix du génie du mal, qui s'est attaché à lui sous la forme d'un dragon. Adossé au pied droit, à gauche de la porte, le sculpteur a représenté Caïn tenant son frère qu'il a acculé contre un arbre : Pâme d'Abel, sous la forme d'une.figurine, monte au ciel; un ange va au-devant d'elle pour lui porter la couronne, symbole de sa récompense ; tandis qu'on voit un dragon enfoncer ses griffes dans le corps de Gain, emblème de la malédiction qui punira son crime. Au côté opposé, dans une arcature semblable, on voit Balaam monté sur son ânesse et allant maudire les Hébreux. L'archange Michel apparaît au-devant de lui avec une épée pour l'arrêter. Les autres médaillon^, sont encadrés dans un cercle garni de perles, Le premier représente un centaure poursuivant un cerf : c'est l'emblème dç la force brutalç,
SYMBOLISME M, LA FAÇAOE ïgi
Ce cerf remplit le second médaillon. Celui qui suit, représente une chimère, symbole de la ruse, et le dernier une lionne aHaitant un lionceau. » (i)