‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 20 sur 85 · J. iiii, avril · texte numérisé non relu

J. iiii, avril

Le navire pourri, dont Grégoire décrit la détresse, n'est pas la symbolique barque de Pierre, c'est Rome, c'est son peuple aux prises avec toutes les épreuves à la fois. Il faut veiller, à la sécurité de la ville contre une attaque brusquée des Lombards, et voici que la garnison romaine s'est mise en grève, faute sans doute d'être payée. Dans les premiers jours qui suivent son avènement, Grégoire écrit à t un haut fonctionnaire qui va arriver à Rome: « Quand toi aussi, lié par la charge qui devient la tienne, tu seras retenu à Rome, tu connaîtras de quel chagrin et de quel amertume je soufiPre. A l'arrivée de sa magnificence domnus Maurentius (le nouveau magister militum)^ je vous en prie, venez ensemble au secours de la ville de Rome, car nous sommes sans trêve pressés du dehors par les glaives des ennemis, et au dedans, péril autrement grave, par la sédition des soldats*. » Grégoire sait que son peuple est. guetté par la famine. Tl faut, pour assurer l'approvisionnement de Rome, que les blés de Sicile arrivent ponctuellement : Grégoire écrit au préteur de Sicile de veiller à ce qu'il n'y ait pas diminution dans les quantités expédiées, parce que, s'il y a manque, « ce n'est pas un homme, c'est tout le peuple à la fois qui pâtit^ ». La peste a cessé, peut-on croire, mais quels ravages elle a faits dans la population de Rome ! Prêchant, dans la basilique de Saint-Pierre, le second dimanche de l'Avent de Sgo, Grégoire a sous les yeux un peuple décimé :

« Du peuple innombrable que vous étiez, vous voyez combien vous restez, s'écrie-t-il, et encore chaque jour les fléaux sévis-

i.J. 1069, septembre Sgo.

Page 1