‹ Saint Gregoire le Grand [microform]Chapitre 78 sur 85 · I. J. 1818, fe'vrier · texte numérisé non relu

I. J. 1818, fe'vrier

u. P.L.X.. LXXVII, p. 1061-1066.

donner ce qu'il a écrit sur Ezéchiel. Il voudrait qu'il écrive sur le Cantique des cantiques^ sur Zacharie, si obscur, « afin que de cela la cécité de l'Occident te tende grâces ». Paix à toi et aux tiens! « Il est superflu, je pense, de te recoinmander ceux des miens, que le Sauveur, au nom de qui ils marchent, tè sollicite de recevoir. » C'est dans ce style, rude, mais débordant d'admiration et de déférence, que Colomban s'adresse à celui qui est <c assis dans la chaire de Pierre apôtre et clavicularius », l'apôtre aux clés.

On se rappelle les démêlés que Grégoire a eus avec l'évêque de Salone. Maintenant, la réconciliation est entière et les torts oubliés. Il lui écrit :

« Noire commun fils le prêtre Veteranus, venu à Rome, m'a trouvé si débile avec mes douleurs de goutte, que j'étais totalement incapable de répondre par moi-même aux lettres de ta fraternité.

« Les Slaves vous menacent terriblement^ j'en suis affligé et troublé, affligé de ce que je souffre en vous, troublé de ce que p2ir l'Istrie l'accès de l'Italie leur est déjà ouvert. De lulianus le scriho que dirai-je? Partout je vois que nos péchés nous valent d'être troublés par les barbares du dehors, par les fonctionnaires du dedans. Ne vous attristez pas, car ceux qui vivront après nous verront des temps plus calamiteux encore, si bien que, en comparaison de leurs épreuves, ils estimeront que nous avons connu des jours heureux*. »

La désolation n'a pas pour autant raison du courage de Grégoire. Il veut que l'évêqiie de Salone continue à défendre les opprimés et les pauvres. Ce n'est pas lui qui répéterait jamais le Ceterum nil expedit de l'empereur païen !

Saint Grégoire est fidèle à ses am^s, ainsi à l'évêque de Séville, saint Léandre. Celui-ci lui a écrit une lettre

I. J. 1784, juillet 600. Scribo, fonctionnaire chargé du recrutement.

pleine de cgsqr, que Grégoire a lue en présence d'hommes bons et sages, qui en ont été émus à fond. Ils ne vous connaissent pourtant pas, vous à qui je ne jpuis penser sans vénération, mais ils devinent votre cœur à l'humilité de votre langage.

«Je ne suis pas aujourd'hui, ô bon ami, celui que tu as connu autrefois. J'ai extérieurement, je le reconnais, beaucoup fait de chemin, mais intérieurement quelle chute! Je tremble d'être de ceux dont il est écrit : Tu les as jetés à terre quand on les élevait (Ps. Lxxii, i8)... A. l'imitation du Christ, j'avais voulu être l'opprobre des hommes et le dégoût du peuple... L'honneur qui m'a été fait m'accable de son poids, les soucis innombrables m'étourdissent, et, quand mon âme veut se recueillir en Dieu, ils m'assaillent et me percent comme des glaives. Plus de repos pour mon cœur... L'asile de la contemplation ne peut plus, ou si rarement! me soulever... Que diraîs-je de plus? Mon âme succombant sous son propre poids est couverte d'une sueur de sang... Ah! par le Dieu tout-puissant, tends-moi la main de ta prière à moi qui suis tombé dans ces flots tourmentés *.., »

Saint Grégoire n'a pas changé, il regrette son monastère et la vie contemplative, comme au premier jour de son pontificat. Il ajoute : Votre sainteté sou£Fre de la goutte, hélas ! la goutte ne me quitte pas, et elle me brise. Nous nous consolerons, en pensant aux fautes que nous avons commises : les souffrances sont des dons de Dieu, pour qui les accepte en expiation des fautes de sa chair. Emouvant langage d'un saint à un saint.

L'évêque de Ravenne, Mariùianus, est un ancien du monastère du diffus Scauri : Grégoire l'a fait élire à Ravenne, pour avoir isur ce siège un évêque sûr. Plus d'une fois, il l'a semonce durement, ce qui était le traiter en fils. Voici que la nouvelle arrivé

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