I. J. igaS, décembre 6o
a. J. 1910, juillet 6o3.
de Dieu de ses esclaves, fugitifs, plus vous aurez de mérite. Je vous demande de prier beaucoup pour moi qui suis un pécheur. »
Grégoire est heureux d'apprendre que les prédications du patriarche d'Alexandrie ramènent à l'unité nombre de monophysites. Ailleurs, il avait écrit a Isakios, éyêque de Jérusalem, combien il fallait se féliciter de ce que, grâce à l'empereur (Maurice), les hérétiques se tinssent cois : « Encore que leurs cœurs soient bouillants de l'insanité de leur sens perverti, ils n'osent dire ce qu'ils pensent, sous le règne d'un empereur orthodoxe^. » Grégoire se fait certainement illusion sur le retour ou sur le silence des orientaux réfractaires au concile de Chalcédoine : il a eu beau vivre à Constantinople, il n'a pas la claire vue de la brèche irréparable que ces idéologues ont faite dans l'unité de l'Eglise, et il compte trop sur l'autorité impériale pour les ramener.
S'il avait pu être sensible à un hommage, aucun n'aurait dû le toucher comme celui de l'irlandais saint Colomban, qui, établi à Luxeuil, écrivit, en 600, pour lui demander lui aussi des Responsa^. Il aurait voulu pouvoir venir jusqu'à Rome et entretenir Grégoire de vive voix, mais ses infirmités le retiennent prisonnier, et aussi la charge de ses comperegrini, les irlandais de son monastère : « Impossible d'aller à toi, pour puiser à cette source vive, à cette veine spirituelle, à ce flot de science céleste qui s'épanche et jaillit jusqu'à la vie éternelle. » Il ne voudrait voir à Rome que Grégoire, (c te, non Romam desiderans », et il en demande pardon aux cendres des saints martyrs. Il a lu le Pastoral de Grégoire. Il lui demande de lui