‹ Saint HilaireChapitre 22 sur 101 · I. In libros de Trinitate Prœfat.^ n · texte numérisé non relu

I. In libros de Trinitate Prœfat.^ n

a. P. Th. de Régnon, S. J., Études de théologie positive sur la Très Sainte Trinité^ t. I, étude V, chap. m

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a mis excellemment en lumière. « Tandis que les polémiques d'Athanase sont des réfutations constantes, où l'adversaire est a chaque instant pris au corps, où tout respire l'ardeur de la lutte, la démonstration d'Hilaire se déroule paisible avec la clarté de Tenchaînement logique. Les polémiques d'Atlianase ont leur date et leur adresse : séparées l'une de l'autre, on les comprend mal. Le traité d'Hilaire, élevé tout entier à la région des idées éternelles, est propre à éclairer tous les siècles*. »

Hilaîre aurait voulu s'en tenir à l'énoncé trinitaire de l'Évangile, « mais, dit-il, la méchanceté des hérétiques nous force à faire des choses illi* cites, à gravir des cimes inaccessibles, à parler de sujets ineDFables, à entreprendre des explications interdites. Il devrait suffire d'accomplir par la seule foi ce qui est prescrit, c'est-à-dire d'adorer le Père, de vénérer avec le Père le Fils, et de nous remplir du Saint-Esprit. Mais voici que nous sommes contraints d'appliquer notre humble parole aux mystères les plus inénarrables. La faute d' autrui nous jette nous-mêmes dans cette faute, d'exposer aux hasards d'une langue humaine les mystères qu'il aurait fallu renfermer dans la religion de nos âmes* ».

I. L'Église et V Empire^ etc., a** partie, chap, iv. a. De Trinitatey lib. II, n. a. Trad. du' R. P. Th. de Rëgnon, Études trinitaires, t. I, p. ia6.

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C'est donc sur le terrain des Écritures qu'Hilaire prétend demeurer, c'est là qu'il attend, c'est de là qu'il repousse les attaques de l'adversaire. Le livre divin lui fournit des arguments qu'il manie avec force et dextérité. En exposant la doctrine de saint Hilaire sur la Trinité et sur l'Incarnation, nous ferons connaître les plus beaux passages de ce traité magistral. Disons dès maintenant que, si d'ordinaire, l'argumentation en est pressante, l'onction en pénètre cependant et parfois en attendrit les pages. Même quand il combat, Hilaire prie, a Je le sais, ô Dieu, Père tout-puissant, dit-il à la fin du premier livre, parler de toi, c'est remplir le principal devoir de ma vie. Ce don de parler que tu m'as accordé, il ne peut me valoir de meilleure récompense que l'honneur de te servir, et de montrer au siècle qui ignore, à l'hérétique qui nie, ce que tu es, toi, le Père du Fils unique de Dieu. C'est tout ce que peut, tout ce qu'affirme ma volonté; il me reste à implorer le secours de ta miséricorde, afin que du souifle de ton Esprit, tu enfles les voiles de mon vaisseau déployées pour ta gloire, et que tu diriges un voyage entrepris pour te faire connaître. Car tu n'as pas fait en vain cette promesse : Demandez et Von s^ous donnera; cherchez et s^ous trouverez; frappez et Von vous ouvrira. Indigents, nous implorons ce qui nous manque; dans l'étude des oracles de tes prophètes et de

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tes apôtres, nous apporterons une ardeur opiniâtre; nous frapperons à toutes les portes, afin qu'elles s'ouvrent, et qu'elles nous laissent pénétrer dans rintelHgence de ta doctrine; mais il n'appartient qu'à toi d'exaucer les prières, de t'oDFrir à nos recherches, d'ouvrir ta porte à ceux qui frappent. La paresse nous endort; et les étroites limites où l'ignorance enferme notre débile esprit, l'empêchent d'entendre ta vérité souveraine; mais Tétude de ta révélation nous procure la connaissance des choses divines, et une foi docile nous élève bien au-dessus des opinions humaines.

a Nous attendons, tremblants, que tu encourages nos débuts, que tu aflFermisses nos progrès, que tu nous appelles à partager l'esprit des prophètes et des apôtres, afin que nous ne donnions pas à leurs paroles un sens difiFérent du leur Donnenous donc le vrai sens des mots, la lumière de rîntelligence..., la foi de la vérité; ce que nous croyons, fais que nous le disions \... »

Le traité d'Hilaire a joui dans l'antiquité chrétienne d'une haute et légitime autorité. Saint Augustin en commente un passage dans son traité de la Trinité*. Saint Jérôme, dans un texte célèbre, place sur le même rang Athanase et Hilaire, et

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