‹ Saint HilaireChapitre 35 sur 101 · I. V Église et V Empire^ etc., a* partie, chap. iv · texte numérisé non relu

I. V Église et V Empire^ etc., a* partie, chap. iv

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pas la responsabilité à Constance. On abusait, pensait-il, du nom et de raulorité de Tempéreur. Dans le livre Contra Constantium, imper atorem^ composé la cinquième année après Texil de saint Eusèbe de Verceil, de Lucifer de Cagliari et de saint Denis de Milan, c'est-à-dire en 36o, et adressé aux évêques des Gaules, le ton va changer.

a II est temps de parler, disait Hilaire, car le temps de se taire est passé. Attendons Favènement du Christ, car Tante christ a vaincu. Que les pasteurs poussent des cris, car les mercenaires ont pris la fuite. Donnons nos vies pour nos troupeaux, puisque les voleurs sont entrés dans la bergerie, et que le lion rôde autour d'elle.... Si quelque homme sensé comprend les raisons du silence que j'ai d'abord gardé, il verra aussi qu'après avoir maîtrisé jusqu'à présent Tamer ressentiment de mon injure, je reprends aujourd'hui la liberté de mon langage ; il verra que les mouvements d^une colère toute humaine ne m'ont pas poussé à t'écrire cette lettre. Je ne parle pas trop tôt, moi qui par retenue ai su me taire.... C'est la cause du Christ que je défends aujourd'hui

« Dieu tout-puissant, créateur du monde, père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que ne m'as-tu fait naitre dans un temps où j'aurais pu te confesser, toi et ton Fils, devant les Néron et les Dèce ! Alors, par la miséricorde de Jésus-Christ,

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échauffé de TEsprit-Saint, je n'aurais pas redouté la torture du chevalet, me rappelant qulsaïe a été scié; je n'aurais pas redouté le bûcher, me rappelant que les jeunes Hébreux ont chanté au milieu des flammes. La croix, le brisement des jambes ne m'eussent pas effrayé, car j'aurais su que de la croix le larron a passé au paradis. Sans crainte, je fusse descendu au fond de l'abîme, j' eusse roulé dans les tourbillons de l'océan,/ i nstruit par l'exemple de Jonas et de Paul que la mer épargne la vie de tes fidèles. Ce m'eût été un bonheur de combattre contre des ennemis décla* rés auxquels on n'aurait pu refuser le nom de persécuteurs, car, pour me contraindre à l'apostasie, ils eussent employé le fer et le feu, et je n'aurais eu d'autre témoignage à te rendre que celui de ma vie. Nous aurions combattu à visage découvert contre des impies, des bourreaux, des égorgeurs ; et ton peuple, averti par cette persécution publique, nous aurait suivis comme ses guides à la confession de ta foi.

« Mais maintenant, nous combattons contre un persécuteur déguisé, contre un ennemi caressant, contre l'antechrist Constance qui ne nous frappe point sur le dos, mais qui nous flatte sur le ventre; qui ne nous condamne point pour nous faire naître à la vie, mais qui nous enrichit pour nous conduire à la mort; qui ne nous jette pas dans un cachot pour nous affranchir, mais qui

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nous honore dans son palais pour nous asservir; qui ne déchire pas les flancs, mais qui maîtrise le cœur; qui ne tranche point notre tête par le glaive, mais qui tue notre âme par son or; qui ne nous menace point de bûchers allumés sur la place publique, mais qui allume secrètement le feu de l'enfer. Il ne discute pas de peur d'être vaincu, mais il flatte pour régner. Il confesse le Christ pour le nier; il décrète Tunité pour empêcher la paix; il réprime les hérésies (celle de Photin de Sirmium) pour qu'il n'y ait plus de chrétiens; il honore les prêtres pour qu'il n'y ait plus d'évêques ; il édifie des églises pour démolir la foi. Il a ton nom sur les lèvres, ô Christ, et il fait tout pour qu'on ne te croie pas Dieu comme ton Père*. »

Hilaire arrête un instant sa brûlante invective, pour justifier la sévérité de son langage. « Qu'on ne m'accuse pas de calomnie, qu'on ne me soupçonne pas de mensonge. C'est le devoir des ministres de la vérité de dire la vérité. Si je mens, que l'on décrie mon discours. Mais si j'établis la vérité manifeste de tout ce que j'avance, je demeure, après un long silence, dans les bornes de la liberté et de la modestie apostoliques. On me jugera peut-être bien audacieux, d'avoir nommé Constance un antechrist. Si quelqu'un voit dans

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