I. Lib. contra Constantium Imperatorem^ n. i, 3, 4i
PLAINTES ET IiNVECTlVES. 81
ma conduite plus d'insolence que de courage, qu'il relise donc le reproche que Jean adressait à Hérode : // ne t'est pas permis de commettre cet adultère; qu'il se rappelle ce qu'un martyr disait au roi Antiochus : Pen^ers, tu nous enlèi^es la vie présente^ mais le Roi du monde nous ressuscitera pour la vie éternelle^ nous qui mourons pour sa loi..,, »
Interpellant de nouveau l'empereur, Hilaire reprend : « Je te crierai donc, Constance, ce que j'aurais dit à Néron, ce que Dèce et Maximin auraient entendu de ma bouche. Tu combats contre Dieu, tu ravages l'Eglise, tu persécutes les saints, tu détestes les prédicatc^urs du Christ, tu anéantis la religion, tyran non des choses humaines, mais des choses divines. Je t'ai dit jusqu'à présent quels crimes te sont communs avec ces persécuteurs : apprends maintenant ceux qui ne sont qu'à toi. Tu te feins chrétien, et tu es un nouvel ennemi du Christ; précurseur de l'antechrist, tu accomplis ses œuvres ténébreuses.... Ignorant la doctrine sainte, tu n'es un docteur que pour les profanes; tu distribues les sièges épiscopaux à tes partisans, et tu remplaces les bons évêques par de mauvais. Tu emprisonnes les prêtres, tu mets les troupes en campagne pour épouvanter l'Église; tu assembles des conciles, et tu contrains à l'abandon de la foi les évêques occidentaux enfermés à RiminI, effrayés par tes
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menaces, aiOaiblis par la famine, glacés par Tiiiver, égarés par tes mensonges*.... »
Hilaire achèvera plus loin le douloureux récitdes violences exercées sur Tcpiscopat, pour lui arracher le désaveu de la foi de Nicée; auparavant, comme pour égaler enfin son langage à la généreuse colère qui bouillonne dans son âme, il reprend le parallèle entre Constance et les anciens persécuteurs. « Ouï, Néron, Dèce, Maximin, nous sommes redevables à votre cruauté. Par elle, nous avons vaincu Satan. Le sang bienheureux des martyrs a été partout recueilli; leurs ossemenls vénérables nous servent encore de témoignages. Devant eux, les démons mugissent, lorsque les malades sont guéris, et que les corps s'élèvent en l'air.... Mais toi, cruel entre les pires, tu nous fais plus de mal, et tu nous laisses moins d'excuses. Tu te pares du nom usurpé de chrétien; tu donnes la mort par tes caresses; sous le voile de la religion, tu fais œuvre impie; apôtre menteur de la foi du Christ, tu éteins dans les âmes la foi du Christ. Aux malheureux qui succombent, tu ne laisses pas même la ressource de montrer au Juge éternel les cicatrices de leurs corps meurtris, et d'excuser leur faiblesse par la contrainte. O le plus pervers des hommes, tu mesures les maux de la persécution de telle sorte, que tu ne laisse^
I Lib, contra Constantium Imperatorem, n. 6, 7.
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ni excuses pour ceux qui tombent, ni gloire du martyre pour ceux qui résistent \ »
Enfin, Hilaire ajoute de nouveaux traits, plus précis, à sa tragique peinture. Il énumère les attentats commis. De saints confesseurs ont été condamnés aux mines et, au mépris d'une loi de Constantin, une marque ig^nominieuse a été imprimée sur leurs fronts. Les Églises sont veuves de leurs pontifes. « Alexandrie est là, secouée par tant de combats, tremblante au bruit des assauts qui la menacent. La guerre contre les Perses a moins duré que celle qui lui est faite. » Contre le patriarche dont le nom sera éternellement lié au souvenir de Nicée et au dogme même de la divinité du Verbe, tous les moyens ont été employés, « changement de gouverneurs, nomination de chefs militaires, corruption du peuple, mouvement de légions : il faut empêcher Athanase de prêcher le Christ ! » Hilaire continue : « Je ne dis rien de moindres villes d'Orient en proie à la terreur ou à la guerre.... » L'évêque de Poitiers tourne ensuite les yeux vers l'Occident natal. «... Après l'avoir tenté en vain par tes caresses, n'as-tu pas exilé le bienheureux Paulin, privant ainsi d'un tel évêque la sainte Église de Trêves?... A Milan, ta fureur a porté dans le peuple fidèle le trouble et l'effroi.... Les tribuns ont pénétré