‹ Saint HilaireChapitre 37 sur 101 · I. lÂb, contra Constantium Imperatorem, d · texte numérisé non relu

I. lÂb, contra Constantium Imperatorem, d

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dans le sanctuaire, et, s'ouvrant une voîe par la violence, ont enlevé les prêtres à TauteP.... » Hilaire fait aussi allusion à Tun des plus douloureux épisodes de Thistoire de TÉglise, a Tun de ceux qui ont le plus exercé la controverse théologique. « Tu as porté la guerre jusqu'à Rome, » disait Hilaire à l'empereur, « tu en as arraché le pontife, et, malheureux, je ne sais si tu as été plus impie en Texilant qu'en le renvoyant chez lui. [Fertisti inde usque ad Romain bellum tuum, eripuistiillinc episcopum; et, ote miserum, quinescio utrum majore impietate relegaveris , quant remiseris »). Dans ce texte concis, l'évêque de Poitiers fait allusion à une déiail lance du pape Libère. Le boUandiste Stilting, le docte annotateur de Petau, l'auteur de VAnti-Febronius, Zacharia, et, de nos jours, Palma, ont contesté cette chute dont Théodoret, Socrate et Sulpice Sévère n'ont point parlé, mais qu'affirment les témoignages de saint Athanase, de saint Jérôme, de Sozomène. En quoi consista la faute de Libère ? Quoi qu'aient prétendu les protestants Blondel et Basnage, Libère ne souscrivit point la première formule de Sirmium qui réprouvait Vhomoousios ; mais on le disculperait malaisément d'une défaillance moindre. Après une résistance courageuse aux exigences impies de l'empereur, Libère, relégué en Thrace et livré

I Lib, contra Constantium Imperatorem y n, ii.

aux obsessions d'évêques prévaricateurs, Dëmophile de Bérée et Fortunatien d'Aquilée, aurait signé la formule de Sirmium, d'où Vhomoousios était absent; il aurait retranché Athanase de sa communion. Alors seulement Constance renvoya à Rome le pape dont il se croyait désormais le maître. Des théologiens gallicans se sont armés de ce fait pour combattre la doctrine traditionnelle et aujourd'hui définie de Tinfaillibilité du pape parlant ex Cathedra. C'était bien à tort; Libère n'avait rien enseigné, il n'était coupable que d'une omission, et d'une omission à laquelle la violence et la fraude l'avaient contraint; or, comme dit Bossuet traduisant presque saint Athanase, « tout acte qui est extorqué par la force est nul de plein droit et réclame contre lui*. » Libère d'ailleurs sut bientôt redevenir digne de lui-même et de son siège, et mérita les éloges de saint Ambroise et de saint Epiphane.

Hilaire relève ensuite les crimes commis à Toulouse au nom de l'empereur : « clercs fustigés, diacres meurtris par des lanières de plomb, et, les saints comprennent comme moi, ajoute Hilaire qui, par épouvante, semble soudain baisser la voix, des mains sacrilèges se sont portées sur le Christ lui-même*. » L'éditeur bénédictin de saint

1, Seconde Instruction pastorale sur les promesses de r Église, ri. io4.

2, Lib, contra Conslantium Imperatorem, n. n.

Hilaire voit dans lesancti mecum ijitelliguntY éc^ivalent du norunt initiaii^ les initiés me comprennent, si familier aux anciens Pères. II ne s'agirait ici de rien moins que d'une profanation de rEucliaristie, à laquelle des fureurs haineuses et persécutrices auraient entraîné les ariens.

Hilaire retrace ensuite l'histoire des récentes assemblées de Séleucie et de Constantinople, il en rapporte les débats théologiques, il flétrit l'ingérence de l'empereur dans des questions d'ordre purement spirituel. Usant contre le théologien despote de l'argument «rf/io/7iï/2e//2, il lui reproche d'Interdire Vhomoousios comme étranger à la langue des Ecritures, et de prescrire cependant l'emploi d'autres termes qui ne sont pas non plus scripturaires. « Quel est, demande l'intrépide confesseur, cet homme qui donne des ordres aux évêques?

quel est cet homme qui proscrit la forme d'enseignement transmise par les apôtres? Dis, si tu crois en avoir le droit : Je ne veux pas que contre des poisons nouveaux on prépare de nouveaux remèdes; je ne veux pas que contre de nouvelles guerres, contre de nouvelles embûches, on prenne des mesures nouvelles.... L'apôtre interdit les nouveautés de langage, mais les nouveautés profanes : pourquoi interdis-tu celles qui sont pieuses ? Nulle part on ne lit dans l'Écriture le mot innascible : faudra-t-il le rejeter parce qu'il est nouveau? Tu décrètes l'emploi de Vhomoousios,

Les Evangiles ignorent ce mot : pourquoi ne Tévites-tu pas*?... »

Ces véhémentes invectives s'achèvent par une péroraison sévère. « Les autres mortels, disait Hilaire a l'empereur, n'ont jamais fait la guerre qu'aux vivants : au delà de la tombe, il n'est plus de sujet de querelle; mais tes inimitiés, à toi, ne finissent pas. Tu poursuis de tes attaques nos pères qui sont entrés dans l'éternel repos, et ta haine s'acharne sur leurs décrets. L'apôtre nous apprend à nous unir à la mémoire des saints, et tu as forcé le monde à condamner cette mémoire. Est-il un saint, vivant ou mort, dont tu n'aies mutilé le langage?... A la mémoire de quel saint désormais s'associera-t-on ? Anathèmes sont à tes yeux les trois cent dix-huit évêques qui s'assemblèrent à Nicée; anathèmes aussi, ceux qui, depuis lors, ont adhéré aux diverses expositions de la vraie foi. Ton père lui-même, mort depuis longtemps, est anathème : il entoura de sa sollicitude ce concile de Nicée que tes calomnies dijQament, et qu'au mépris du droit humain et divin, tes satellites combattent. Tu es puissant et tu règnes, mais n'espère pas commander à l'avenir. Des lettres subsistent, qui attestent que le terme jugé par toi criminel, a été reçu alors avec respect. Apprends à connaître le sens légitime des mots, l'immuable consistance de l'Église,

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