‹ Saint HilaireChapitre 42 sur 101 · Vua S. Hilarii scrlpta a Fortunato^ lib. I · texte numérisé non relu

Vua S. Hilarii scrlpta a Fortunato^ lib. I

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gnage ne l'affirme; Fortunat, dont nous avons déjà rappelé le récit, nous montre Abra s'éteignant dans Tespérance et dans la joie, peu de temps après le retour de son père. La noble vierge et sa mère ont disparu de l'histoire, humbles et muettes, comme elles l'avaient traversée. D'après la tradition poitevine, Hilairc déposa tour à tour le corps de sa fille et le corps de sa compagne dans un oratoire dédié par lui aux martyrs romains saint Jean et saint Paul, où il avait préparé son tombeau.

« Saint Hilaire que Dieu par un miracle tout extraordinaire avait rétabli dans son Eglise au même temps qu'on en chassait les autres, » dit Tillemont, « n'eut pas de désir plus pressant que de réparer les ruines que le concile de Rimini avait faites à l'Église*. » La Gaule, restée orthodoxe malgré des défaillances qui ne l'avaient pas atteinte dans son fond, s'apprêtait à rompre les liens dont la ruse arienne, presque à leur insu, avait enlacé ses pontifes. Mais comment traiterait-on ces évêques confus et repentants d'une défaillance qu'ils avaient tant pleurée? Hilaire put connaître le doute et même l'angoisse [dubius animi et magna curarum mole œstuanSy a dit Sulpice Sévère), mais il se décida, et sa résolution était marquée au coin de la sagesse et de

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la charité. Les représenlanls officiels de Tarianisme, Saturnin d'Arles, le persécuteur, et son rival en passion sectaire, Paterne de Périgueux, furent déposés; aux autres évéques qui avaient faibli l'on ne demanda que le désaveu de leur conduite. Les rigoristes blâmèrent cette indulgence, qui devait soulever les âpres colères de Lucifer de Cagliari ; Hilaire n'en était pas moins dans l'esprit de l'Évangile et de l'Église. Plus tard, saint Augustin et les évêques catholiques iront jusqu'à offrir leurs propres sièges aux évêques donatis tes, pourvu que ceux-ci cessassent de troubler l'unité de l'Église; et au début du XIX* siècle. Pie VII admettra, moyennant rétractation du schisme, douze évêques constitutionnels dans la hiérarchie de la nouvelle Église de France reconstituée par lui.

Ce juste tempérament de miséricorde et de vigueur ruinait l'arianisme. « Tout le monde reconnaît, » dit Sulpice Sévère traduit par Tillemont, a que notre Gaule fut redevable a saint Hilaire seul du bonheur qu'elle eut d'être délivrée du crime de l'hérésie. »

Parmi les nombreux conciles qui se tinrent vers cette époque, nommons celui de Paris dont nous avons la lettre dans les fragments de saint Hilaire. a On ne convient pas tout ë fait de l'année où on doit le rapporter : mais II y a assez d'apparence qu'il le faut mettre dès l'année 36o, quelque

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temps après que Julien eût été déclaré Auguste, et que saint Hilaire fût revenu dans les Gaules, ou au plus tard en 36 1 ^ »

La lettre du concile de Paris répond, semblet-il, à une lettre dans laquelle les évêques d'Orient dévoilaient à saint Hilaire les artifices de la faction anoméenne qui les avait chassés de leurs sièges et qui troublait TEglise par ses subtilités hérétiques. Dans celte réponse, on retrouve la doctrine et l'inspiration de Tévèque de Poitiers qui, d'après une conjecture très vraisemblable de Tillemont, assistait au concile de Paris. « De toute l'énergie de notre âme et de notre foi, » disaient les évêques des Gaules, « nous rendons grâces à Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur, de ce que, par la doctrine des prophètes et des apôtres, il nous a établis dans la lumière qui le révèle! Plongés dans les ténèbres du siècle, nous eussions été jugés avec le siècle, car il n'est qu'une seule espérance fondée de parvenir au salut, c'est de reconnaître Dieu le Père tout-puissant par Jésus- Christ son Fils unique dans le Saint-Esprit. La bonté divine qui nous délivre de l'erreur du siècle, ne veut pas davantage que nous soyons confondus dans la criminelle société des hérétiques. La lettre que vous avez adressée à notre cher collègue dans l'épiscopat, Hilaire, nous a en

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effet révélé les ruses du démon et la conspiratîon des impies contre TÉglise de Dieu. Ces pervers abusant de la distance qui sépare TOrient de l'Occident, ont prétendu nous |)ersuader qu'il y avait entre Tun et l'autre des divergences sur la doctrine de la foi. De fait, la plupart de ceux qui ont siégé à Rimini, n'ont été amenés par force à supprimer le mot de substance que parce qu'on les assurait que vous l'aviez fait les premiers*... » Après cet aveu de leur faute, les évêques affirment hautement leur foi désormais dégagée de toute réticence et de toute équivoque. « Nous avons adopté le mot consuls tantiel pour exprimer la vraie et légitime génération du Fils unique de Dieu, réprouvant Tunion blasphématoire imaginée par Sabellius. Loin aussi l'erreur qui voit dans le Fils une portion du Père! Le Fils est né, Dieu parfait et engendré, d'un Père parfait et inengendré. Si nous confessons qu'il est de même essence ou de même substance que Dieu son Père, c'est pour qu'on ne le dise pas Fils seulement par adoption, ou par attribution de nom ; «'est pour marquer qu'il vient du Père comme un fils vient de son père, comme la force vient de la force, l'esprit de l'esprit, la lumière de la lumière. » Qu'on dise que le Fils est semblable à Dieu son père, les évêques n'y contrediront pas,

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