De Trintt,y lib. II, n
Digiti:
LA DOCTRINE. lU
« Les premiers docteurs», dit Fauteur des Etudes de théologie positw sur la Sainte Trinité^ « reviennent sans cesse sur cette pensée, que les juifs et les chrétiens adorent le même Dieu, mais que rinfidélité judaïque consiste à méconnaître en Dieu son caractère de Père. Le mot a Dieu » répondait donc primitivement, et pour les chrétiens et pour les juifs, au concept d'une Personne éternelle, créatrice ; et les chrétiens savaient de plus que cette Personne est Père....
c( Le premier concept de la divinité tombe sur une personne, concrète, réelle, individuelle, incommunicable. C'est la personne de Dieu suivant les juifs ; c'est la personne du Père, suivant les chrétiens . Cette personne est identiquement Dieu , le Dieu unique; c'est-à-dire qu'elle possède par identité la nature éternelle, infinie, absolue, souveraine, parfaite, c'est-à-dire la divinité.
« Mais ce Dieu personnel est Père; et puisqu'il est Père, il a un Fils, auquel il donne toute sa nature* »
Les fidèles, ceux-là même qu'étonne d'abord le langage de saint Hilaire et de l'antiquité ecclésiastique, l'emploient couramment; ils disent le Fils de Dieu, l'Esprit de Dieu. Ce langage est celui de la liturgie. « L'Église, dit encore le P. de Régnon, prie comme elle priait aux cata-
I, Études sur la Sainte Trinité^ t. I, étude VI, p. 336.
Digiti:
combes; ses oraisons liturgiques portent l'attestation de leur auguste antiquité par la manière même dont elles sont formulées. Presque toutes s'adressent au Père, et presque toutes prient le Père sous le vocable de Dieu —
« L'Église, comme une vénérable matrone, garde encore le parler de sa jeunesse*.... »
Ce qu'est le Fils, Hilaire essaiera ensuite de le dire : « Le Fils est Tunique de l'unique... le Parfait procédant du Parfait : car celui qui possède tout a tout donné. Ne pensons point qu'il n'a pas donné parce qu'il possède, ou qu'il ne possède plus parce qu'il a donné*. »
C'est à l'auteur du quatrième Evangile qu'Hilaire demande des lumières sur l'étemelle génération du Verbe. « Debout à mes côtés, j'ai, pour répondre à mes difficultés, un pêcheur pauvre, ignorant, les mains chargées de filets, les vêtements trempés d'eau, les pieds couverts de vase, sortant de sa barque. Cherchez, dites ce qui est le plus étonnant : d'avoir ressuscité des morts, ou d'avoir donné à un ignorant la connaissance d'une si haute doctrine. Il dit : au commencement était le P^erbe, Que signifie : au commencement P Les temps sont dépassés, les siècles reculent, les âges s'effacent.... Mon pêcheur illettré, ignorant, s'af-