In. Ps. CXXXVI, n
Digiti:
doctrine du saint docteur sur le baptême, nous abordons, si je l'ose dire, sa doctrine sacramentair<e. Mais y a-t-il bien chez Tévêque de Poitiers une doctrine sacramentaire, du moins au sens que nous avons accoutumé de donner à ce mot? Après avoir rappelé que la théologie des sacrements a été élaborée plus profondément peut-être qu-aucune autre par le moyen âge scolastique, et fixée dans le décret d'Eugène IV aux Arméniens (i439), et dans les décrets du concile de Trente, l'auteur d'une savante et suggestive étude, le R. P. de Grandmaison, écrit : « Il est hors de doute que nulle part on ne trouve chez les Pères, surtout les plus anciens, un pareil système de notions précises exprimées sous forme rigoureuse*. »
Ce système, on ne le trouve pas dans saint Augustin qui, cependant, avait été amené, par sa lutte contre le donatisme, à sonder la question du baptême, et qui, sur ce point comme sur d'autres, a été l'irréfragable organe de la tradition catholique; on le trouve moins encore dans saint Hilaire qui n'a traité ex professa d'aucun des sacrements de la loi nouvelle. Cette systématisation a été l'œuvre de la théologie, et s'est accomplie sous le contrôle de l'Eglise; mais les éléments en existaient dans la tradition; et nous allons dégager de l'œuvre d'Hilaire ceux qui s'y rencontrent.
I. Études religieuses du a 5 août 1898. V élasticité des formules dogmatiques.
Digiti:
nous parlons en insensés. Lui-même Ta dit : Ma chair est vraiment nourriture, et mon sang est vraiment breuvage. Celui qui mange ma chair et qui hait mon sang, demeure en moij et je demeure en lui. De la réelle présence de sa chair et de son sang, il n'y a pas lieu de douter. D'après les propres paroles du Seigneur, d'après notre foi, là est vraiment la chair et vraiment le sang*.... » Et auparavant, voulant prouver qu'entre le Sauveur et nous il y a plus qu'une union de volonté, le saint docteur avait dit : « Si le Verbe s'est vraiment fait chair, si nous-mêmes nous recevons cette chair comme un aliment divin, osera-t-on dire qu'il ne demeure pas véritablement en nous, Celui qui a uni en sa personne la nature humaine à la nature divine pour nous la communiquer sous le voile du sacrement*? a Hilaire dit encore que Jésus-Christ avait consacré dans l'Eucharistie le sang qu'il devait verser pour la rémission des péchés^; et, dans l'Église, il distingue deux tables : la table du Seigneur (/w^n^a Domini) où les fidèles reçoivent le pain de vie, et la table des leçons du Seigneur [mensa lectîonum dominicarum) où on leur distribue un enseignement qui les prépare à bien recevoir l'aliment divin*. •