CHAPITRE VIII
i. Ce que saint Ignace a fait pour les âmes depuis le premier jour de sa oonversion. — 2. Quelques œuvres établies à Rome : œuvre de la conversion des Juifs. — 3. Des enfants abandonnés, des jeunes filles préservées. — 4. Œuvre de Sainte-Marthe ou des Repenties; violentes oppositions. — 5. Le Collège Germaniqiœ.
1. Les œuvres dont j'ai parlé jusqu'ici sont certainement la plus belle manifestation de ce zèle dont le cœur d'Ignace brûlait pour le salut des âmes; elles sont plus universelles, plus fécondes et dureront même après sa mort, aussi longtemps que subsistera sa Compagnie. Mais n'eût-il rien fait par les mains d'autrui, ce qu'il a fait immédiatement par lui-même suffirait largement à lui mériter les plus magnifiques éloges. Nous l'avons vu dès le commencement de cette histoire. A peine le feu de l'amour divin s'était allumé dans son cœur, il s'était mis à en propager la flamme, et il avait conçu le désir de donner sa vie en prêchant l'Évangile en Terre-Sainte. Nous avons raconté ses travaux à Manrèse , à Barcelone , à Alcala, à Salamanque, à Paris, à Azpeitia, pour réformer le mœurs, ramener les hérétiques à la vraie foi, les monastères à la parfaite observance de leurs règles, les ecclésiastiques à la sainteté de leur état, les universités à la fréquentation des sacrements, et engager les hommes du monde à la vie religieuse. Nous l'avons vu établir des confréries, détruire les abus du jeu, faire disparaître les