A ces témoignages rendus à la sainteté d'Ignace par
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de grands serviteurs de Dieu, nous pouvons en joindre quelques autres, empruntés à des hommes également pieux et considérables par les charges qu'ils ont remplies. Ce sont d'abord les Souverains Pontifes.
Paul III, qui érigea la Compagnie en Ordre religieux, considérait Ignace comme un homme rempli de Dieu, donné au monde pour réparer les pertes de l'Église. Jules III avait les mêmes sentiments ; il le vénérait comme un saint d'une perfection consommée. Il traitait familièrement avec lui et ne lui refusa jamais aucune grâce ni aucun privilège pour la Compagnie. Paul IV l'entourait de tant de respect que durant la vie du saint Fondateur, il ne se permit aucun changement dans l'Institut. Quand il lui donnait audience, il ne souffrait pas de le laisser à genoux, mais il l'obligeait à se lever et à se couvrir. C'est Marcel II surtout qui eut pour lui une tendre afTection ; il l'estimait également pour sa prudence et pour sa sainteté ; il lui en donna souvent des marques publiques non équivoques. Et si Dieu ne l'avait pas retiré du monde, après l'avoir seulement montré à l'Église, on aurait vu, par les faits, quel crédit il lui accordait. A peine élevé sur la chaire de saint Pierre, il l'avait consulté sur le meilleur mode d'opérer la réforme qu'il avait projetée de faire dans l'Église ; il ne lui avait pas seulement demandé des conseils, il avait encore sollicité son concours et celui de ses enfants. « A vous, lui disait-il, de rassembler les ouvriers; nous nous chargerons de les occuper. » Jean III, roi de Portugal, allait plus loin; il aurait voulu voir Ignace occuper la chaire de saint Pierre et tenir en main les clefs de l'Église.
5. Après les Souverains Pontifes, citons les cardinaux. Les trois auditeurs de Rote disent dans leur relation que les princes de l'Église honoraient fréquemment Ignace de leurs visites ; les uns pour voir et vénérer un saint , d'autres pour lui demander une direction spirituelle ,