‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 20 sur 305 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

11 avait mille industries pour aider les siens à se corriger. Quelques-uns par insouciance naturelle étaient-ils négligés dans leur personne et peu soucieux d'une bonne tenue, il les chargeait de commenter les règles de modestie, et de faire à la communauté quelque exhortation sur ce sujet; ils les apprendraient ainsi en les expliquant aux autres, et ils ne pourraient en recommander l'observation sans se sentir eux-mêmes pressés de les pratiquer.

S'il s'en trouvait qui eussent apporté du monde des habitudes peu religieuses, il plaçait auprès d'eux un homme également charitable et prudent, et lui donnait mission de les suivre de près, et de mettre chaque jour par écrit sous leurs yeux l'énumération fidèle de leurs manquements. Ainsi, voyant leur difformité comme dans un miroir, ils auraient honte d'eux-mêmes, et feraient des efforts pour devenir meilleurs. Du reste, au temps de saint Ignace, l'usage de s'avertir mutuellement était général. On se réunissait invariablement pour cela le vendredi de chaque semaine, et quatre Pères spécialement choisis à cet effet, disaient à chacun ce c[u'on avait observé en lui. Au Collège Romain, on commençait toujours par le P. Martin Olave, un des plus estimés et des plus vénérés entre les Pères. Quelques-uns, sur le conseil du Saint, s'appliquaient d'une manière spéciale à triompher de tel ou tel défaut. Ignace se faisait rendre compte chaque soir du nombre de leurs manquements ; il comparait devant eux un intervalle de temps à un autre, une journée à une autre ; ils voyaient ainsi s'ils avaient perdu ou gagné, et vainqueurs ou vaincus, ils s'armaient d'un nouveau courage pour faire encore mieux ou pour réparer leurs défaites. Quand un supérieur sortait d'une charge importante, il le soumettait quelquefois, avant de lui en confier une autre, à un examen public sur la manière dont il s'était acquitté de ses premières fonctions. Le P. Jérôme Natal raconte de lui-même qu'après un de ses divers gou-

nements, il eut à subir la censure de quarante Pères de la maison, et que saint Ignace lui fît des reproches sévères sur la rigueur et la dureté dont il avait usé envers ses inférieurs.

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