‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 6 sur 305 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1. Art avec lequel saint Ignace s'accommodait aux qualités naturelles et surnaturelles de chacun. — 2, Comment il traitait les novices, surtout quand ils étaient de grande naissance.

i. Un autre effet de l'extrême prudence de saint Ignace, c'était l'art avec lequel il savait s'accommoder aux exigences particulières réclamées par le caractère, les inclinations et le genre d'esprit de chacun. Il n'était pas seulement le Supérieur général de tout son Ordre, il réunissait dans sa personne autant de types différents de supérieurs qu'il avait d'inférieurs à conduire. Il savait, avec une sagesse admirable, faire en quelque sorte l'anatomie de l'âme de chacun des siens, en observant ses démarches, les inclinations de son esprit, les mouvements de ses passions; et c'est ainsi qu'il arrivait à les connaître mieux qu'ils ne se connaissaient eux-mêmes. Aux novices, il donnait, sans qu'ils s'en doutassent, l'occasion de se manifester, de découvrir par leurs paroles, par des mouvements subits qui prévenaient la réflexion, leur trempe d'esprit et leur passion dominante. Il réglait d'après cela sa manière de les traiter; grave ou affable, tendre ou rigide, réservée ou confiante, selon les circonstances. Du reste, il y mettait autant de naturel que s'il n'en avait pas d'autre. De là, l'étonnement des esprits superficiels qui ne s'expliquaient pas ces différences de direction dans les mêmes choses, vis-à-vis de personnes différentes, et

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