‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 70 sur 305 · IGNACE ET LE P. PIERRE CODACIO · texte numérisé non relu

IGNACE ET LE P. PIERRE CODACIO

pagnie que l'Ordre du P. Pierre Codacio. Un jour de fête, saint Ignace, se levant de table après le dîner, se découvrit devant lui et le remercia publiquement, et, on signe des obligations que lui-même et toute la Compagnie avaient contractées à son égard, il lui offrit, comme à un bienfaiteur, le cierge d'usage, avec un grand nombre de messes et d'autres prières. En présence de tant de bonté, le P. Codacio ne put s'empêcher de fondre en larmes. U accepta le cierge, parce que le Saint le voulait absolument; mais il le lui rendit aussitôt, parce que, disait-il, la seule faveur d'avoir été admis dans la Compagnie était si grande, que quelque chose qu'il fît, jamais il ne pourrait s'acquitter de la moindre partie de sa dette.

Ignace ne s'arrêta pas là. Une note écrite de la main du P. Polanco, son secrétaire, montre ce qu'il se proposait de faire encore ; car il ne voulait pas, s'il venait à mourir le premier, laisser s'éteindre avec lui les marques de sa reconnaissance. Voici cette note : « L'intention de notre Père Ignace par rapport au P. Pierre Codacio, est que ce Père prenne le pas sur tous les profès, sur les derniers comme sur les premiers, que chaque année on lui offre le cierge et qu'on dise la messe pour lui comme on le fait pour les autres fondateurs, et qu'après sa mort, on lui mette une épitaphe dans l'église. » Telles étaient les instructions du Saint; mais je crois bien que le bon P. Codacio, religieux d'une parfaite humilité, trouva moyen, à force d'instances, de se délivrer de ces honneurs, surtout de celui de l'épitaphe. )

Quand les Nôtres étaient envoyés en quelque ville, saint Ignace voulait que leur première visite fût pour nos bienfaiteurs; il faisait lui-même parvenir à ces mêmes bienfaiteurs des reliques, des grains bénits; il leur communiquait les relations des travaux entrepris par les Nôtres au service de Dieu, et surtout par François Xavier dans les Indes. Dès qu'il pouvait leur être utile en quelque manière, il oubliait ses propres nécessités

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