Ibid., II
LE SANCTIFICATEUR D 5 AZPEITIA 235
autour de I'h6pital et 1'attendaient. Imm^diatement, le malade demanda ses habits pour se lever. Lorenza les lui donna et elle s'aper9ut, en approchant, qu'il portait un cilice et une sorte de chaine de fer; elle posa une question. Inigo la laissa sans reponse et la pria de s'en aller aussitot 1 . Une autre fois, le saint homme recevant la visite de Marina-Usoa de Loyola, sa niece, il la pria de lui porter secretement du vin cuit. Marina le fit et alors son oncle lui demanda de lui en laver les epaules. II les avait, observa Marina, tellement blessees, enflees et dechirees par ses cruelles disciplines, que les chaires etaient comme pourries ou gangrenees.
Parfois la Providence a permis a des Azpeitiens d'apercevoir mieux encore que les traces des effrayantes mortifications de leur compatriote. Deux autres nieces d'Inigo, Marina de Arriola et Francisca de Alzaga, en remplissant aupres de leur oncle quelque bon office d'infirmieres, au temps ou il fut particulierement malade, a 1'hopital, s'attarderent un soir aupres de sa couche. La nuit etait tombee, il etait environ dix heures. Inigo leur dit d'aller se reposer. Sachant qu'il aimait qu'on executat vite ses sortes de demandes, elles se retirerent aussitot. Comme, a dessein, elles laisserent la chandelle allumee, afin que le malade ne fut pas dans les tenebres, il leur dit de 1'eteindre. Elles 1'eteignirent et sortirent. Tandis qu'elles s'eloignaient, elles entendirent Inigo parler a haute voix; leur curiosite fut piquee; elles revinrent sur leurs pas sans bruit; et, a leur grande surprise, elles virent la chambre toute illuminee comme si on y cut allume des torches. Inigo les vit et leur commanda de s'en aller. Elles partirent toutes troublees. Le lendemain, quand elles revirent leur oncle, elles demanderent : Qu'etait-ce done que cette lumiere que nous vimes ? Inigo leur imposa silence et leur dit de ne parler de rien a qui que ce fut 2 .
Cette pauvre chambre de 1'hopital de la Madalena, eclairee