Ibid, I
couvent des Clarisses; et le ctesordre etait assez grand dans ce cloitre sans cloture. Ignace estime qu'il est trop mal instruit de la situation pour indiquer une ligne de conduite. II ne peut que pleurer et prier, afin que le demon, implacable ennemi de la nature humaine, ne gagne pas la victoire, en perdant des simes que Jesus-Christ a rachetees de son sang. Au surplus, il lui parait impossible, si la religieuse en question veut vraiment servir Dieu, que Dieu 1'abandonne, meme dans la maison reMchee ou elle se trouve. Lui, Ignace, qui n'est qu'un homme, aiderait de tout coeur quelqu'un qui s'attacherait a lui; que ne fera pas Notre-Seigneur qui est Dieu et a voulu mourir pour nous sauver? C'est son habitude de donner de I'entendement et non de 1'enlever, de la confiance et non de la defiance. Les troubles que la moniale e*prouve peuvent venir de sa faute; il y a des peches de tant de sortes! S'il-n'en est rien, il faudrait conclure que Dieu, voyant cette sime exposee a ne point profiler des dons re9us et a manquer de perseverance dans le bien, 1'a soumise a un regime de tentations et de desolations pour la tenir dans la vigilance, tout en la gardant du peche 1 .
Cazador nommait peut-etre cette religieuse en peine. En tout cas, nous pouvons croire qu'elle n'etait autre que Therese Rejadell, dont le nom reviendra dans cette histoire. Dans 1'angoisse de son ame, elle avait recouru non seulement aux lumieres de Cazador, mais aussi de Caceres 2 . Et Caceres avait ecrit a Inigo, contant les faits et donnant sa maniere de voir. Therese Rejadell finit aussi par interroger directement Inigo. ficlaire par tous ces renseignements sur la situation vraie du monastere de Sainte- Claire et sur le cas de Therese Rejadell, Inigo repond par une longue consultation ou il explique, avec une limpidite admirable, les regies du discernement des esprits, a 1'usage de la moniale barcelonaise. En deux mots, le demon la trompe; non point en la faisant p6cher, mais en lui inspi-