Ribadeneyra, loc. cit
2, Gonzal6s de Camara, n. 95; Commentaire, 497; Polanco, Cron., I) 61; Scr. de S. Ign,, I, 118.
Tous celebrerent, sauf Inigo 1 , qui avait resolu d'attendre une annee entiere avant de dire la messe; sauf Rodrigues qui dit la sienne, un peu plus tard, a Ferrare; sauf Salmeron qui n'etait pas encore pretre.
Rodrigues et Xavier, fatigues par leurs travaux et par la camcule, se trouvaient si mal qu'il fallut les conduire a 1'hopital des Incurables de Vicence. Us y patirent mille incommodites ; la maison etait pauvre, ouverte a tous les vents, et ils n'avaient qu'un lit. Dieu les consola, comme il fait ses amis. Xavier avait grande devotion a saint Jerome; une nuit, le grand docteur lui apparut; son visage etait venerable, sa parole tres douce ; il reconforta le malade et lui annon?a que de nouvelles souffrances 1'attendaient a Bologne, I'hiver suivant 2 . La vaillance de Xavier pouvait porter, sans flechir, de telles proprieties.
Dans la masure de San Pietro in Vivarolo, pendant la quarantaine de prieres, Inigo avait recommence a connaitre les illustrations superieures de Manrese. Lui-meme 1'a dit a Gonzales de Camara, sans rien detailler malheureusement 3 . Parmi les secrets recus alors du ciel, y avait-il ceux de son avenir? II ne parait pas. Le pelerinage de Jerusalem restait toujours un projet tres cher; mais, en attendant que la possibilite s'offrit de le faire, a se disperser pour un premier apostolat, pourquoi se borner a la Venetie et pourquoi ne pas interroger le Pape ? Telle est, ce semble, la lumiere dont le Seigneur favorisa Inigo. Selon sa coutume, le chef provoqua la mise en commun des prieres et des avis de ses compagnons. Apres les premieres messes, Xavier et Rodrigues etant a 1'hopital, un conseil se tint a San Pietro, sur le meilleur ernploi a faire du temps qui suivrait la periode de solitude a mener jusqu'en novembre. II fut arrete que si, de septembre a novembre, aucun bateau ne partait pour la Terre Sainte, Laynez, Le Fevre
1. Gonzalfes de Camara, n. 96; Commentaire, 490; Salmeron, Epist., 577> Tacchi, Storia, II, 94, 97.