Commentaire, 491; Polanco, Crow., I
a objecter. II fut done convenu qu'on se separerait de nouveau : Inigo, Laynez et Le Fevre se rendraient a Rome ; Codure et Hoces a Padoue; Paschase Broet et Salmeron a Sienne ; Xavier et Bobadilla a Bologne; Le Jay et Rodrigues a Ferrare 1 . L'entreprise ne manquait pas de hardiesse; mais la main du Seigneur manquait-elle de puissance? Us iraient done, se fiant a Dieu seul.
Dans Venise, la reputation des pelerins absents s'etait obscurcie. Les bruits les plus f&cheux circulaient sur leur chef. Ces detractions s'etaient deja produites en 1536, puisque Hoces en avait eu 1'echo. Mais il semble qu'apres les ordinations de juin 1537, le tapage malveillant grossit tout a coup. Et il n'y a la rien qui surprenne. Deux Iniguistes recemment agreges : Antoine Arias, pretre de Tolede, et Michel Landivar, clerc ou pretre Navarrais, venaient de rompre miserablement avec Inigo z . C'est eux, ou d'autres encore, qu'Inigo vise dans une lettre du 24 juillet 1537, quand il dit qu'il a prefere rejeter qu'admettre des hommes sans doctrine et capables de dechoir d'un ideal reve 3 . Ces dechus et ces 'fugitifs se complurent, par vengeance, a noircir leur maitre d'un moment. Landivar avait connu Inigo a Paris. De ses levres jaillirent les calomnies. Et bientot, on repeta dans Venise que cet homme, de si devote apparence, avait ete chasse d'Espagne, bien qu'Espagnol, et de Paris, bien qu'etudiant de 1'Universite de cette ville; on pretendait meme qu'il avait ete brule en effigie 4 . On imagine si, en ce temps, ou la propagande lutherienne, traversant les Alpes, s'infiltrait dans la Haute Italie, il etait facile de rendre suspect un etranger. D'ou venait ce pelerin, qui n'etait pas pretre, se melait de faire le predicant et entreprenait de donner des Ie9ons secretes de religion? Derriere ces entreprises de zele, n'y avait-il pas un dessein cache de
*. Commentaire, 491; Scr. de S. Ign., I, 118.