Polanco, Crow., I
avec line clarte et une insistance qui ne laissent rien a de"sirer. A defaut de ces textes nombreux et concordants l y nous serions contraints d'en venir a cette meme conclusion, rien que par leurs deliberations du careme de 1539.
Des le premier moment ils avaient commence a Rome leur vie evangelique, confessant, prechant, mendiant leur pain quotidien, comme nous 1'avons note. Quatre d'entre eux, et non plus seulement Laynez et Le Fevre, allaient disputer sur la doctrine, pendant les repas de Paul III. Or, un jour, le pape leur dit, a ce que raconte Babadilla 2 : Pourquoi done voulezvous tant aller a Jerusalem; c'est line vraie et une bonne Jerusalem que 1'Italie, si vous voulez faire du bien dans 1'liglise de Dieu! Lorsque ces paroles, ajoute Babadilla, furent rapportees a tous les compagnons par ceux qui les avaient entendues, on commenga a deliberer d'une religion nouvelle . Dans 1'apostolat romain, comme naguere dans celui de la Haute Italic, ils touchaient de leurs mains les effets rapides et abondants de la grace. En presence de ces resultats qui etonnent, et qui semblent une benediction de Dieu, une pensee leur vient naturellement a 1'esprit : Quand nous disparaitrons, qui continuera le bien commence par nous? Des le milieu du careme de 1539, ils en discutent en commun. Nous avons le proces-verbal de leurs seances 3 .
A la premiere seance elle eut lieu la nuit, pour ne rien diminuer des travaux de la journee on examine la question de savoir s'il ne vaut pas mieux former un corps. A 1'unanimite, tous s'y decident, a la seule condition que le Souverain Pontife 1' agree ainsi.
Des lors, un second probleme se posait : se lierait-on a un chef par le vceu d'obeissance, comme on a coutume dans les Ordres religieux? En fait, depuis 1534, Inigo de Loyola etait
1. Crow., 70, 79; Poland Complementa, I, 510; Laynez, dans Scr. de S. Ign., I, 114; Rodrigues, Man., 457; Bobadilla, Mow., 616; Tacchi Venturi, Storta, II, 187-212.