‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 207 sur 396 · Id., Ill, 24-31, 43-57, 125-159, 181-203, 375-38o · texte numérisé non relu

Id., Ill, 24-31, 43-57, 125-159, 181-203, 375-38o

politique des chanceliers, la penurie du tresor, 1'irresolution des conseils et aussi par les complications diplomatique^ ourdies a Paris et a Constantinople, n'ont abouti qu'a enhardir les suppots du protestantisme. Telle est 1'Allemagne de 1540. Qu'y pourront faire les Jesuites ? Le pape veut qu'ils y aillent. Ignace les envoie.

Les premiers envoyes furent Pierre Le Fevre, Claude Le Jay et Nicolas Bobadilla. Instruits et zeles, ils gagnerent vite la confiance du roi des Remains, des legats du pape et des meilleurs eveques. Mais on a beau les trainer en remorque aux colloques de Haguenau et de Worms (1540-1545), de Ratisbonne (1541-1546), de Spire (1542-1544), de Nuremberg (1542), d'Augsbourg (1547); des 1'abord ils sont convaincus,. comme les legats pontificaux, de la vanite de ces reunions. Les joutes qu'ils preparent avec les theologiens protestants n'ont pas lieu; leurs memoires sur la situation religieuse ne sont pastenus en consideration; le parti que Bobadilla prendra en 1547, centre V Interim d'Augsbourg, lui vaudra mSme de quitter 1'Allemagne. La ou les nonces de Paul III sont impuissants a faire decreter les mesures efficaces, pour ruiner la position politique du protestantisme, trois pauvres religieux sont forcement condamnes au role de temoins 1 .

D'ailleurs ils ne sont pas diplomates de profession, avant tout ils sont apotres. Parmi les seigneurs, les prelats et le peuple des villes ou se tiennent les dietes, ils multiplient les secours spirituels. Ils prechent, expliquent 1'^criture et confessent dans les eglises. Le reste du temps est consacre a la priere et aux entretiens particuliers avec quiconque sollicite un conseil. La ils sont sur leur terrain, leur action est feconde^ leurs lettres a Ignace le disent z .

Le Fevre ne reste pas longtemps en Allemagne. Amene par

i. Cron., I, 93, 99, 112, 113; Fabri Mow., 44-124; Bobad., MOM., 34- ^s, 620-623 ; Ep, Jaii, 273-276. Sur Le Fevre, voir Pastor (trad, fr.), XI,.

2- Memorial, n. 23; Bobad., Mow., 620-621; Cron., I, 93, 96. Bernhardi uhr, S. J., Geschichte der Jesuiten..., I, 1-32.

Ortiz, il suit 1'ambassadeur, lorsque celui-ci regagne 1'Espagne (1541). Mais Le Jay et Bobadilla passent dans 1' Empire des annees, allant de ville en ville. A Ratisbonne, Le Jay x stimule 1'eveque, reforme le chapitre, tient tete aux docteurs heretiques, explique 1'fipitre aux Galates (1542). Puis il donne des Ie9ons a 1'Universite d'Ingolstadt (1544), en attendant qu'il en entreprenne la restauration. II preche devant Fempereur et le roi des Remains. Partout ou il parait, a Diligen, a Eischtatt, a Salzbourg, a Worms, il renouvelle autour de lui la vie chretienne. Le cardinal d'Augsbourg, le celebre Otton Truchess, le delegue au concile de Trente (1545). Le roi des Romains 1'aurait fait eveque de Trieste, sans la resistance energique d'Ignace de Loyola (1546).

Cornme le Savoyard Le Jay, 1'Espagnol Bobadilta promene son zele, de cite en cite, a la suite des nonces du pape ou du roi des Romains. A Nuremberg, il explique 1'epitre aux Romains et controverse avec les theologiens protestants (1542- 1543). Avec 1'eveque de Passau, il entreprend la reforme du clerge de ce diocese. Pendant quelques mois, il partage les travauxde Canisius a Cologne. Lorsque Charles- Quint se decide a prendre les armes centre les princes protestants, il suit les troupes imperiales, prend la peste, et n'echappe a la contagion que pour etre blesse et depouille par des voleurs. II est le premier de ces aumoniers militaires que la Compagnie de Jesus fournira en si grand nornbre, a travers les siecles. La guerre achevee, il revient a Passau, y preehe le careme (1547) et va ensuite exercer son ministere a Ratisbonne, a Vienne, a Oetstet, a Augsbourg, au gre* des eveques et des princes. II ecrit, pour les cardinaux Farnese et Cervini, des plans de reforme religieuse. II entrame tous ceux qu'il approche a la frequentation des sacrements. Lui aussi, le roi des Romains cut voulu le faire eveque 2 .

1. Cron., I, 99, 113, 133, 135, 152, 154, 183, 216, 224; Memorial, n. 27; Ep. Jaii, 299, 281, 286, 292, 301-314. Pastor (tr. fr.), XI, 537-539-

2. Bobad., ii, 24, 44, 72, 103, 109, 117, 126, 623; Cron,, I, 113, 155, 183- 184, 243-244. Pastor (tr. fr.), XI, 539-540.

A cote de Le Jay et de Bobadilla, Pierre Canisius ouvre son etonnante carriere. Et sur ses traces de nombreux jesuites depenseront tant d'activite 1 dans ces contrees du nord, que les historiens catholiques n'hesiteront pas a les appeler les sauveurs de la religion en Allemagne. De son vivant, il fut donne k Ignace de jeter la semence et de voir les promesses de ces moissons magnifiques; de la petite maison que le P. Kessel habite a Cologne, partiront les premiers novices rhenans qui viendront a Rome se former a 1'esprit de leur vocation 1 .

En Angleterre, le schisme preceda Fheresie. Avant meme de definir le Credo de Fanglicanisme, Henri VIII voulut etre pape et .reconnu comme tel. Ses exigences rencontrerent une resistance qui fit de bonne heure des. martyrs. Le sang repandu, le pillage des biens ecclesiastiques furent les premiers gestes du roi, en mal de reformer la religion. L'Irlande commen9a des lors la douloureuse histoire qui est la honte de FAngleterre. Paul III, emu, voulut savoir de pres quelle etait la situation des catholiques dans File des saints. A 1'instigation du cardinal Pole, il demanda a Ignace des nonces a envoyer au milieu des loups devorants. Salmeron et Broet partent, traversent la France, abordent, vivent pendant trente-quatre jours en mille hasards, regagnent Dieppe, attendent a Paris 1' occasion favorable d'une expedition nouvelle; jusqu'a ce qu'enfin, sur un ordre du pape, ils reprennent le chemin de 1'Italie (1541). D'autres jesuites, plus tard, entreprendront la conversion de 1' Angleterre, sous Elisabeth la sanglante 2 .

La France, elle aussi, est travaillee par le protestantisme. Ignace le sait par son sejour a 1'Universite de Paris. Depuis, Farel etOlivetan ont prepare les voies a Calvin 3 et Calvin s'est decouvert; il a dogmatise, il a organise une eglise reformee qui

i. Cron., I, 139, 291; II, 84.

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