Cron., I
2. Ibid., 85; H. Fouqueray, Hist, de la Comp. de Jesus en France, I, 127,
Paul III, Regimini Ecclesice militantis et la Compagnie de Jesus, enfin fondee, prendra un essor merveilleux.
En 1540, les grandes preoccupations du pape sont en Allemagne. La revoke de Luther centre 1'figlise a jete ce pays dans un trouble qui va grandissant. En vingt annees, de la Hesse et de la Saxe (1526), le protestantisme a gagne la Souabe, le Wurtemberg (1534), la Westphalie (1534), les villes de la Hanse (1534), le Brandebourg (1540). II menace, sur le Rhin, la rue aux pretres . Les princes avides des biens ecclesiastiques embrassent la religion nouvelle; des eveques, fils de famille princiere, sans vocation et sans moeurs, chancellent dans la foi ; le clerge seculier et regulier est ravage par le vice et Pignorance; les peuples, sous de pareils chefs, s'abandonnent aux folies de 1'anabaptisme ou aux exces d'une licence sans frein 1 .
Au milieu de ce mouvement qui 1'enchante et 1'indigne tout ensemble, Luther z applaudit les princes pillards, pousse a la guerre offensive la ligue de Smalkalde, maudit la debauche populaire, la tyrannic imperiale, les bulles du pape, les doctrines de ses disciples rebelles, jusqu'a ce qu'enfin il meure, sans doute assez desabuse sur la valeur de sa Reforme (18 fevrier 1546).
Centre les brochures du violent moine saxon, les ecrits n'ont pas manque. Des augustins, des carmes, des franciscains, des dominicains, des chanoines et des professeurs ont discute, refute les Ie9ons d'heresie de Luther 3 . Les maitres de 1'Empire, Charles V et son frere Ferdinand, ont multiplie les dietes, les reces, les colloques 4 . Leurs desirs sinceres de defense religieuse, trahis par la sournoise rivalite des princes, la courte
1. J. Janssen, L'Allemagne et la Reforme (tr. fr.), 58-64, 64-69, 305-3131