H. Fouqueray, I
du P. Paul d' Achilla; ils auront blen une alerte et .dans la crainte de voir Paris assiege, ils se refugieront a Lyon; mais, apres le traite de Crespy (18 septembre 1544), ils retourneront ^ la capitale. La les exercices scolaires continuant et aussi 1'apostolat. Parmi les novices d'alors, il convient de signaler le fameux Guillaurne Postel. Ses Ie9ons surles langues anciennes etaient des evenenients. Les jesuites les suivaient. II finit par se mettre a 1'ecole des Exercices et devint jesuite au careme de 1544. II n'est pas le seul frangais; avec lui, sont la Pelletier, Pierre Chanal, Jean de la Goutte, Jean Forcade, Nicolas Morel. Bientot 1'eveque de Clermont les hospitalisera dans son h6tel de la rue de la Harpe, pres de 1'eglise des Saints-Come et Damien (1560); et a la generosite du memeprelat sera due, en Auvergne, la fondation du college de Billom 1(1553) 1 -
Pendant de longues annees, le Parlement t la .Sorbonne entraveront tout autre developpement de la Compagnie en France.
Bien autres sont les conditions dans lesquelles FOrdre fait son entree en Espagne. Les souvenirs laisses et les relations gardees par Inigo de Loyola, le credit du docteur Ortiz, ancien ambassadeur de TEmpereur a Rome, Tentree de Fran?ois de Borgia 2 dans la Compagnie de Jesus, la faveur de Charles- Quint rendirent tout facile.
Valladolid, Madrid, Burgos, Gandie, Valence, Barcelone, entendent la parole apostolique d'Araoz et Le Fevre. Grace a la generosite des prelats et des seigneurs qui en assurent la fondation, des colleges s'ouvrent a Alcala (1543), a Valence (1544), a Valladolid, Gandie et Barcelone (1545), a Salamanque ( I 548), a Burgos (1550). Des 1548, le college de Gandie est transforme en Universite. Nulle part la diffusion de 1'Ordre ne fut aussi rapide. En se retournant vers son pays natal,
1- Cron. y I, 139, 156, 182, 246, 296, 417-418; H. Fouqueray, I, 137-* HO, 142-145, 154-160.
2- Suau, Hist, de S. Fr. de Borgia, 178-182; Astrain, I, 285-290.
Ignace de Loyola pouvait louer Dieu d'avoir beni son oeuvre 1 Au siecle d'or de la monarchic espagnole, les Pays-Bas font partie du domaine des rois catholiques. Charles-Quint est un Gantois. La faveur dont la Compagnie de Jesus jouissait dans la Peninsule Iberique et en Allemagne, lui manqua dans les Pays-Bas. Les premiers jesuites qui y parurent, en 1542, etaient de pauvres etudiants espagnols qui fuyaient de Paris a cause de la guerre entre Charles-Quint et Fra^ois I er . Cette colonie, conduite par le P. Jerome Domenech, s'abrita comme elle put, a Louvain. Mai vue de rUniversite, elle n'eut longtemps qu'une existence precaire. Mais cela ne 1'empecha point de faire peu a peu des recrues : Wischawen, Adrienssens, Goudanus, Brogelmans, Vinck, Lanoy furent les premiers a se donner a la Compagnie 2 .
Sur les cotes de la mer Tyrrhenienne comme aux bords de la mer du Nord, 1'Espagne est souveraine. Naples et la Sicile lui appartiennent. Longtemps, Jean de Vega fut vice-roi de Naples (1547-1575), II avait connu intimement Ignace a Rome au temps ou il y representait Charles-Quint. Ce lui fut une joie de mettre a la disposition du fondateur, qu'il venerait comme un saint, son autorite sans limites. Sa femme, Leonor Osorio rivalisait avec lui de zele pieux. Le P. Jerome Domenech servit les intentions d'Ignace et de Vega, avec une activite et une abnegation que le ciel rendit fecondes. La reforme des moeurs, la frequentation des sacrements, furent le fruit des predications apostoliques, a Palerme, a Montreal, a Messine. Dans cette derniere ville s'ouvre un college, des 1548. Les expeditions de Jean de Vega sur les cotes barbaresques entrainent les jesuites en Afrique. Laynez (1550) et Nadal (1551) sont les premiers aumoniers des troupes d'Espagne, envoyees contre les pirates des cotes barbaresques 3 .
1. Cron., I, 88, 103, 123, 140, 160, 185, 207, 297, 492; Astrain, I, 2S7> 258, 298-331. Alfred Poncelet, S. J., Hist, de la C. de y. dans les anciens Pays-Bas, Bruxelles, Hayez, 1927, I, 39-60.