Ibid., I
cices, et comme il veut que le retraitant, forme par lui, fasse pour le reglement de.sa vie personnelle : noter les lumieres d'en haut et les Ie9ons des faits, a mesure qu'elles se pr^sentent. La est la sagesse chretienne. Un livre eclaire comme un ciel d'ete, un livre ferme comme le granit des montagnes, sortira de cette lente elaboration.
Par les papiers d'archives, nous savons qu'a partir de 1542 des decisions ne tarderent guere a etre prises, notamment sur les colleges a fonder et sur la pauvrete 1 . La donation de 1'eglise de N.-D. della Strada, faite par Pierre Codazzo et approuve 2 par le pape (24 juin 1541) posait toute vive la question de savoir si le sanctuaire, a defaut de la communaute, pouvait posseder. La question fut reglee par 1' affirmative, selon 1'usage courant des Ordres mendiants reconnu legitime par tous les canonistes 3 . Mais cette solution n'agrea pas longtemps a Ignace. Des le debut de 1544, il commence a mediter ladessus. Et tout en apportant a cette deliberation le soin d'etudier les regies des autres instituts religieux, il implore ardemment les lumieres du ciel. Nous avons une partie de son journal* de 1544 et 1545. Nous voyons la avec quelle incroyable perseverance et quels scrupules etonnants il essaie d'arracher an Seigneur le secret de sa volonte, sur la pauvrete qui convient aux maisons professes de son Ordre. C'est un effort de quarante jours avant d'arriver a la decision en pleine lumiere.
Vers cette epoque aussi, le fondateur met par ecrit ses vues sur les missions 5 auxquelles le pape implore les hommes de la Compagnie. Puis viendront des ordonnances pour les maisons d' etude 6 , des notes sur les empechements 7 qui peu-
1. Ed. crit. des Constit., I, 48-65, 77~8i 5 Prol. LXVIII-LXXVI, XCXII-