Ch. i, n
vie religieuse. La categoric des indifferents offre quelque chose de beaucoup plus anormal encore et de tres significatif. Ignace de Loyola suppose qu'il y a, il desire qu'il y ait, des hommes qui frappent a la porte du noviciat, pour n'importe quel emploi au service de Dieu, dussent-ils passer leur vie entiere a faire la cuisine ou a balayer la maison. II appelle ces candidats les indifferents * . Pour s'expliquer cette conception, il faut se rappeler qu'au xvi e siecle, le nombre des chretiens qui entraient dans la vie religieuse etait considerable; et que, pour beaucoup de jeunes hommes, meme de condition, les etudes commen9aient tard. Mais cette explication n'est que partielle. Le legislateur, dans Ignace, demeure rhomme des Exercices et de la meditation fondamentale et de la meditation du Regne, L'indifference a tout ce qui n'est pas le service de Dieu, la disposition genereuse a reagir contre les gouts de la nature avide de plaisir et d'honneur, est, pour lui, la caracteristique essentielle du chretien, la vraie marque d'un jesuite. La est la raison profonde pour laquelle il distingue, parmi les candidats, la categoric des Indifferents .
C'est tellement vrai que, meme aux candidats qui ont des lettres, il veut qu'il soit demande s'ils sont prets a passer leur vie dans les travaux domestiques, au cas ou les superieurs jugeraient que mieux vaut ainsi, pour le bien de leurs Smes et le service du Seigneur 2 . Indifferent et renonce, tout le monde doit Petre dans la Compagnie de Jesus. Les coadjuteurs temporels ne doivent point aspirer aux travaux apostoliques 3 ; les etudiants doivent se laisser appliquer aux etudes que les superieurs prefereront 4 ; les etudes achevees, ils ne doivent pas plus souhaiter d'etre profes que d'etre coadjuteurs spirituels 5 ; ceux qui sont incorpores a 1'Ordre en tant que coadjuteurs