Ch. vn, n. i
spirituels ne doivent pas intriguer pour devenir profes 1 ; tous, quels qu'ils soient, profes, coadjuteurs spirituels, coadjuteurs temporels, scolastiques, novices, doivent mettre leurs meilleurs et plus constants efforts a chercher dans le Seigneur la plus grande abnegation d'eux-memes et la plus continuelle mortification qu'il se pourra 2 . La, pour le fondateur de la Compagnie de Jesus, est le secret d'une vie spirituelle intense et d'un apostolat fecond. L'Ordre a pour fin la sanctification de ses membres et celle du prochain; cette fin sera atteinte, exactement dans la mesure ou chacun saura mourir a soimeme, selon le conseil de Plivangile. La diversite des degres, la longueur de la periode de formation, dans la Compagnie, ont leurs dangers pour la faiblesse humaine; elles pourraient etre pour les candidats une objection prealable; elles ne le seront jamais pour les coeurs penetres de la maxime evangelique : que celui qui veut sauver son dme la perde. Telle est la pensee maitresse dont Ignace veut que les futurs jesuites soient saisis, des le seuil de la vie religieuse. II n'en est pas de plus indispensable, ni de plus efficace.
A ceux qui jugent les choses uniquement par les dehors, il pourra paraitre qu'il y a la une preoccupation autoritaire, le desir imperieux d'avoir en main des instruments dociles, en vue d'une ceuvre qui seule importe. Ignace de Loyola avait du commandement une idee trop nette et trop juste, pour ne point vouloir cette subordination des volontes individuelles a la volonte d'un chef parfaitement obei. Sa fameuse lettre sur 1'obeissance suffirait a demontrer combien ces pensees lui etaient familieres. II n'est pas un esprit sense pour qui cette conception n'ait la clarte d'un axiome. On n'est un homme de gouvernement qu'a la condition de comprendre, de vouloir et de procurer ainsi 1'unite sociale. Mais, dans 1'esprit d'Ignace de iJoyola, la justesse de ces vues humaines s'eclaire d'un jour superieur. La lumiere qui jaillit des paroles et des exemples du Christ remplit son ame. Ce sont les evidences
i' Ch. vi, n. 5.