VI e p., ch. iv, n. i
ral peut expliquer, informer, objecter, le cas echeant; la decision pontificate, si elle est maintenue, emporte tout. Individuellement ou en communaute, il faut que les jesuites aillent oil le pape veut, pour remplir de leur mieux ses intentions *. Le pape ne demandant rien de special, c'est au general de 1'Ordre a decider de 1'emploi des forces de la Compagnie.
Les normes a suivre sont fort simples. Plus le danger des mes est grand, plus les chances d'etre utiles sont assurees, plus le bien a faire est universel et de grande portee, et plus il convient d'envoyer des ouvriers apostoliques 2 . Ilfaut raisonner de meme au sujet des ceuvres a preferer. Du moment qu'on ne peut suffire a tout, savoir choisir : les secours spirituels importent plus que les temporels, la predication atteint plus de monde que la confession, les choses durables valent mieux que les passageres, les besoins urgents passent avant tous autres 3 .
Enfin, dans le choix des personnes, il convient de reserver les entreprises difficiles a 1'elite, les plus fatigantes aux plus robustes, les plus perilleuses pour I'sune aux plus fermes dans la vertu, les plus dedicates aux plus discrets, les plus intellectuelles aux plus instruits, les plus populaires a ceux qui ont le talent de precher et de confesser 4 . Pour n'importe quel travail, deux valent mieux qu'un ; ils mettront en commun leurs idees, et partageront le fardeau de la besogne; surtout si Ton a soin de les associer de maniere a ce que leurs dons se completent et que leur accord soit assure 5 .
Au surplus, le superieur ne doit pas manquer de donner des instructions precises, au besoin par ecrit; de prier et dire des messes a 1'intention de 1'envoye; etdurant tout le temps que le religieux sera absent, que la communication demeure etablie par des lettres frequentes, detaillees et cordiales 6 . II