Ibid., Ill
partisans les plus determines de Simon Rodrigues figurent le due d'Aveiro et le .due de Bragance. C'est au milieu de ce trouble que Nadal arrive en Portugal.
Heureusement Leon Enriquez et Luis Gonzales de Camara etaient agrees a la cour. La noblesse de leurs origines et leurs vertus les mettaient en credit. Us eurent le courage d'eclairer le roi. Jean HI accueillit Torres et plus tard Nadal, avec la meme bonte* qu'il avait accueilli Miron. La plus grande partie des religieux de la province de Portugal etaient d'ailleurs fideles a leur vocation. Des chancelants se raffermirent. Quant aux fugitifs et aux expulse*s, ils avaient beau intriguer aupres des grands du royaume et parler d'etablir, en rivalite avec les jesuites, une religion nouvelle, tout ce bruit s'en alia en pure perte. Nadal essaya de representer aux chefs de la cabale leur folie; usant de misericorde, il leur offrit de recommencer, loin du Portugal, leur vie religieuse, il n'obtint rien. Le fils du due de Bragance fut un des rares, parmi les partisans de Simon, qui consentit a aller etudier a Alcala.
Mais si ces pauvres cervelles avaient espere trouver quelque appui a leur revolte dans la famille royale, un petit evenement leur signifia bientot combien leurs espoirs etaient vains 1 . Jean III avait voulu que 1'eglise Saint-Roch, et la maison attenante, qui appartenaient a une confrerie d'artisans, fussent donnees a la Compagnie de Jesus, pour en faire une maison professe. Le i er dimanche d'octobre 1553, le prince parait a Saint-Roch, avec les infants et les seigneurs de la cour. Le peuple se pressait en foule derriere le noble cortege. Dans le sanctuaire, l'archevque et tous les jesuites de Lisbonne. Fra^ois de Borgia precha. Nadal dit la messe. Trois profes, deux coadjuteurs spirituels, deux coadjuteurs temporels, deux scolastiques, deux novices, firent leurs vceux. L'eglise etait remplie d'une devotion celeste. Dans une apostrophe eloquente, Borgia avait exhorte ses freres a faire de tout leur coeur le sacrifice d'euxmemes; eux, en Pecoutant, devaient former le pur desir d'etre