I. Ep. Nadal, I
aussi sincerement a Dieu que le due de Gandie. Durant le sermon, et tandis que montaient vers le ciel les paroles des vceux prononces, tout le monde pleurait. Jean III etait radieux. En mandant a Ignace le detail de la touchante ceremonie, Nadal avait bien le droit de conclure : Dieu soit beni 1 !
Depuis fevrier, trois classes de grammaire avaient etc ouvertes a Lisbonne, qui comptaient 230 eleves 2 . La faveur de Pierre de Mascarenhas, des magistrats de la cite et du souverain, permit a Nadal, de regler definitivement la marche du college Saint-Antoine. Aux cinq classes de grammaire reglementaires, un cours de morale fut adjoint. Le 18 octobre 1553, la rentree fut solennellement fetee, par des discours, des vers et une discussion publique. L'archeveque de Lisbonne obligea tous les cures a suivre les cours de theologie morale sous peine d'amende. Des 1554, le college aura plus de 500 ecoliers 3 * La fondation de Saint- Roch et de Saint-Antoine prouvait a tous que, Simon parti, la Compagnie demeurait a Lisbonne ce qu'elle avait ete, des le premier jour, une poignee d'apotres, devoues a Dieu et tres aimes du roi Jean.
A Evora et a Coimbre, comme a Lisbonne, le nouveau provincial du Portugal, Miron, et Nadal, commissaire d'Ignace, trouverent une grande bonne volonte. Le cardinal-infant, don Henri, frere de Jean III, avait bati a Evora un magnifique college. II fit a Nadal et a Miron le plus confiant accueil et regla avec eux les details de" la fondation; en leur presence, eut lieu Pouverture des classes, le 29 juin 1553, avec trois professeurs de grammaire et un maitre de cas de conscience et deux cents eleves 4 . A Coimbre, une maison avait ete fondee, depuis six ans deja, par la munificence de Jean III. En 1553, et malgre les secousses amenees par 1'affaire de Rodrigues, il y a au college des professeurs nombreux qui forment beaucoup d'eleves. Fra^ois de Borgia y passe, au mois d'aout,