Ibid., VIII, 270; Ep. Nadal, I
Morone, est associe a Nadal dans la confiance d'Ignace et le role de commissaire ; unis ou separes, tous deux ont pleine autorite. Mais il vaudra mieux que Nadal se charge du voyage a Vienne et de la visite des colleges d'ltalie 1 .
Parti de Rome le 16 fevrier, Nadal rejoignit Laynez a Florence; et tous deux par Bologne et Trente, gagnerent Augsbourg, ou ils arriverent le 24 mars I555 2 . Trois jours auparavant, Morone, ayant appris la mort de Jules III, e*tait parti pour le Conclave. Restes seuls, les deux jesuites virent le-roi des Remains, qui leur fit un accueil fort amical et les remit a 1'eveque de Laybach, Urbain Weber, aumonier de la cour, afin de regler avec lui les oeuvres a entreprendre. Weber, des le premier moment, se montra plein de confiance et d'ardeur pour le bien. Le premier contact promettait beaucoup 3 . Pierre Soto, de 1'ordre de Saint-Dominique et confesseur de Charles- Quint, n'etait pas encore parti pour 1'Angleterre ou Pappelait le prince Philippe. Avec Laynez et Nadal, il s'expliqua a fond de ses vues sur les affaires d'Allemagne. Quant au due de Baviere, il avait deja temoigne a Morone son desir qu'un des Peres visite urs se rendit compte de la situation d'lngolstadt. Si le depart de Morone entraina bientot celui de Laynez, Nadal resta. C'etait d'ailleurs 1'avis du nonce Delfino, et de 1'eveque de Laybach.
II y a a peine six jours que Nadal est en Allemagne, et deja son coeur est penetre de compassion et debordant de zele. Issu d'un pays oft le protestantisme est inconnu, la misere de ces peuples, livres quasi sans defense aux attaques des heretiques, le touche profondement ; et son ^me se fond en ardents desirs de travailler, de souffrir, et de mourir s'il est necessaire, pour le salut de ces infortunes. Les lutheriens sont entreprenants; on assure qu'ils ont deja imprime, ou vont imprimer, des livres en grec, pour repandre leurs doctrines diaboliques, jusque parmi les orientaux. Mais le Seigneur, dit Nadal,