Ibid,, I
confondra leurs orgueilleux desseins. Et la Compagnie sera 1'instrument du Seigneur. Des la premiere heure, cet homme rapide et resolu a son plan d'action, et il 1'expose au general de la Compagnie. De longtemps, il n'y aura point de religieux en Allemagne, les Allemands ne sont pas inclines a cette vocation. II n'y a pas non plus a compter sur les secours financiers des prelats et des princes pour soutenir le college germanique de Rome. Les eveques ne songent qu'a se procurer des collaborateurs pour les paroisses, Mais ou les former ? II faut multiplier sur place les colleges de la Compagnie ; meme si chacun d'eux ne pouvait entretenir qu'un tres petit nombre d'etudiants jesuites. La Compagnie aurait la direction intellectuelle et spirituelle; elle atteindrait un grand nombre d'eleves externes; et plus tard ces maisons pourraient tout a fait devenir siennes. Ainsi raisonne Nadal, a la premiere lettre que d'Ausgbourg il ecrit a Ignace de Loyola 1 . En attendant que 1'avenir aide a realiser ces projets, il les expose et les inculque au nonce qui s'y range. II voit les catholiques qu'il anirne, des heretiques qu'il met en inquietude sur leur religion, . le roi des Romains avec qui il cause de la fondation d'un college a Prague. Pendant toute la semaine sainte, il confesse des Espagnols et des Italiens. Apres Piques, il enverra au college germanique, 48 eleves qu'il a recrutes 2 .
Avant de partir pour le conclave, le cardinal d'Augsbourg, Othon Truschess, avait prie le commissaire de faire, en son nom, une inspection a 1'Universite de Dilinge. Encourage a cette visite par le nonce Delfino et 1'eveque Weber, Nadal fit le voyage. A Dilingen, le recteur et les professeurs resurent Nadal tres courtoisement. Conformement a 1'ordre recu de Truschess, le visiteur jesuite passa tout en revue : les classes, les reglements, le personnel, Pendant quatre jours, il assista aux disputes scolastiques et y prit la parole. Les eleves etaient dociles. Us se confessaient quatre fois 1'an. Us etaient deux