‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 254 sur 396 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

cents environ; tons externes, Ceux dont 1'entretien etait a la charge du cardinal se confessaient tous les mois. II y avait huit professeurs; il manquait deux professeurs de theologie, un de philosophic, un de grec et d'hebreu. De tout ce qu'il vit et entendit, Nadal fut enchante. II etait convaincu qu'entre les mains des jesuites cette Universite prendrait de 1'accroissement; que la Compagnie pourrait peu a peu prendre a sa charge tout 1'enseignement et que des vocations germeraient en nombre 1 .

Canisius etait 1'espoir et la force des bons eveques et des bons catholiques en Allemagne. Depuis dix ans qu'il etait entre dans la Compagnie, il avait fourni un travail prodigieux. Son savoir, sa vertu, son zele avaient suffi & tout. Quand il revint de Trente oil il avait assistd comme theologien le cardinal d'Ausgbourg, le due de Baviere 1'avait aippele a Ingolstadt pour y renover rUniversite. Avec Claude Le Jay, il y reussit (1550-1552). Sur les conseils de son confesseur, Feveque de Laybach, Ferdinand, roi des Romains, appela les jesuites a Vienne. Le P. Lanoy, avec huit de ses freres, arriva. Le Jay fut le premier recteur. A sa mort (6 aout 1552), Lanoy iui succeda. Canisius qui survient, est I'ap6tre des campagnes, de la cour, du pensionnat des nobles qu'il fonde (1553), de 1'Universite dont il est nomine doyen (1553), et qu'il reforrae, de tout le diocese de Vienne qu'il administre un an (1554-1555).

Pour combattre les livres heretiques qui infestaient rAutriche, le roi des Romains avait demande a Le Jay trois livres : une Somme theologique destinde aux etudiants de 1* Universite, un manuel de morale et d' instruction pour les cure&, un cateehisme pour les fideles. Le Jay commen9a par le catechisme. Apres la mort de Le Jay, Ignace,, mis an eourant par Canisius des desirs du roi des Romains, repondit que Laynez redigerait la Somme theologique, Frusius le manuel de morale et Canisius le cateehisme, Canisius mit a eette ceuvre beaucoup de travail et de prieres.. II consulta beaucoup, sou-

i. Ibid., I, 297.

mit humblement son livre a ses amis d'Allemagne et a ses superieurs de Rome. Le Summa doctrines christiancs parut en 1555; il sera souvent reedite, pour la plus grande fureur des heretiques et le plus grand profit des fideles.

Tel est rhomme avec lequel Nadal va debattre les interets

de 1'Eglise et organiser les ceuvres de la Compagnie de Jesus,

en Allemagne.

Ignace avait averti Canisius 1 de la mission de Nadal (12 fevrier 1555) et lui avait recommande de traiter avec lui de toutes les affaires. La recommandation fut renouvelee plus tard (2 avril), lorsque deja Nadal etait dans le pays 2 . Canisius etait trop humble pour manquer d'obeissance. II savait d'ailleurs que Nadal etait depuis plusieurs mois vicaire general de toute la Compagnie. Quand ils se rencontrerent, ces deux hommes de Dieu ne purent que s'estimer et s'entr'aider a merveille. Canisius renouvela entre les mains de Nadal (9 fevrier 1555), selon la formule prevue par les Constitutions, la profession qu'il avait faite jadis a Rome entre les mains d'Ignace (4 septembre 1549); et puis, on aborda les affaires.

Parmi tous les princes ou prelats qui reclamaient de Canisius un secours pour leur pays, le due Albert de Baviere et Ferdinand, le roi des Remains, etaient des plus pressants. La Boheme et la Moravie faisaient partie des etats de Ferdinand. A la suite des erreurs de Jean Huss, le trouble y etait profond dans les consciences et dans la vie publique. L'eveque de Laybach, aumonier de la cour, suggera au prince d'eriger dans le pays un college de jesuites. Des 1554, Canisius avait soumis le projet a Ignace, le priant de lui envoyer des Peres pourvus de sainte patience et de zele, non pour discuter, mais pour souffrir et edifier par leurs exemples. Nadal envoya Canisius a Prague pour arreter 1'execution du projet. Le clerge, Maximilien, fils de Ferdinand, le peuple lui-meme accueillirent avec transport rhomme apostolique (juillet 1555). Les

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